Amaseffer: Slaves for Life

J’achète parfois des trucs bizarres. Ça, vous le savez: un certain nombre de mes acquisitions musicales tiennent plus du mécénat que de la politique d’achat réfléchie. Dans le cas présent, “Slaves for Life”, d’Amaseffer, ça tient surtout au label InsideOut, spécialiste du rock et du métal progressif. Du coup, ça tient un peu de la loterie, mais là, ça s’est avéré payant.

Amaseffer est un trio israélien, qui emploie un certain nombre de “mercenaires,” comme Mats Levén (qui a bossé avec Yngwie Malmsteem et Therion). La musique s’apparente clairement à celle de groupes de métal symphonique, comme Symphony X ou Kamelot, mais avec des accents moyen-orientaux plus qu’appuyés. Ça tombe bien, parce que les thèmes de l’album sont carrément bibliques. D’ailleurs, si j’ai bien compris, “Amaseffer” signifie quelque chose “les peuples du Livre”.

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Kacho-Oji / Black Heaven

Oji Tanaka est un salaryman japonais tout ce qu’il y a de plus typique: une trentaine désabusée, marié et père, un boulot moyennement passionnant et un chef tyrannique. L’arrivée d’une blonde bizarre, qui lui dit tout de go qu’il est le seul à pouvoir sauver la galaxie, lui rappelle l’époque où il se faisait appeler “Gabriel” et où il était le guitariste du groupe de hard rock Black Heaven.

Quelque part, et curieusement pour qui me connaît, la perspective de voir un anime mélangeant batailles spatiales et heavy metal ne m’enthousiasmait pas tant que ça. La raison principale est que les Japonais ont, en général, une conception du heavy metal qui se rapproche plus de l’Eurovision que de Metallica. La surprise vient ici de l’angle d’approche: le héros est un ex-rocker (presque) rentré dans le rang, pathétique dans ses tiraillements entre conformité et ses aspirations de star de la guitare.

Du coup, Kacho-Oji fait l’impasse sur la SF glam à la Daft Punk et oscille entre une chronique douce-amère des ex-rebelles ravalés par la société qu’ils méprisent et une ode au hard rock comme arme de destruction massive. Le tout (en treize épisodes) ne se prend pas au sérieux, ce qui est plutôt une bonne chose au vu de l’indigence des moyens de la série; je soupçonne que la moitié du budget est parti dans le cachet de John Sykes (Whitesnake, Thin Lizzy), qui signe le générique.

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Monkey3: le post-rock près de chez soi

J’ai fini par suivre les conseils d’Acritarche, qui ici même me conseillait de jeter une oreille sur les Lausannois de Monkey3 (et leur site MySpace). Il a donc fallu qu’un Belge m’en parle pour que je m’intéresse à un groupe suisse. Du coup, j’ai acheté deux albums, 39Leap et Monkey3 et je dois avoir que la trouvaille est ma …

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Crematory: Pray

Quand on parle de “sidérurgie de la Ruhr”, ce n’est pas seulement une question d’industrie. Enfin, si, aussi, mais, dans le cas présent, je veux parler de ce genre musical (ou peu s’en faut) qu’est le métal, surtout dans sa variante dite “gothique” (tirant sur l’indus’, précisément), que l’on trouve en quantité impressionnante outre-Rhin. Normal, pour des gothiques. On notera au passage qu’on peut aussi dire “outre-Rhin” en Suisse pour parler de l’Allemagne, ce qui est fort pratique.

 

Sonata Arctica: Songs of Silence Live in Tokyo 2001

Un des avantages à aller au Japon, c’est qu’on peut y trouver des “imports japonais” à pas cher, c’est-à-dire des trucs qui ne sortent que là-bas et qu’on en voit que rarement arriver sous nos longitudes (et jamais à des prix décents).

C’est ainsi que, plutôt qu’un katana ou une porcelaine quelconque, j’ai ramené comme souvenirs une floppée de disques, dont ce live de Sonata Arctica. Je sais, 2001, ce n’est pas exactement récent, mais je ne vais pas cracher sur une occasion de dire tout le bien que je pense de ces braves p’tits gars qui nous viennent de Finlande.

La principale caractéristique de ce groupe, c’est son énergie — énergie communicative, si j’en juge par l’hystérie collective du public tokyoïte. Qualifié par les médias spécialisés en étiquettes “power metal”, la musique de Sonata Arctica, c’est surtout un métal bien carré, mais mélodique, qui flirte parfois avec le prog, et qui n’est surtout pas ennuyeux.

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Mind’s Eye: A Gentleman’s Hurricane

Il y a des albums qui traversent le temps et restent une référence incontournable. Operation: Mindcrime, de Queensrÿche, est de ceux-ci, comme le prouve l’album A Gentleman’s Hurricane, de Mind’s Eye et, avant lui, Tyranny de Shadow Gallery — deux … (Article incomplet, en attente de reconstitution)

The Tangent: Not As Good As the Book

Je viens de finir, non pas le dernier album des prog-pasticheurs The Tangent (qui tourne sur ma playlist depuis plus d’une semaine), mais la grosse nouvelle illustrée de science-fiction qui allait avec le CD “Not As Good As The Book”. Ni l’un ni l’autre ne révolutionneront le genre et je pense même que l’album est un …

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Le pré où je suis mort

Tiens, j’ai découvert que, du post-rock, ça ne se fait pas qu’à Chicago. Le pré où je suis mort, non content d’être le titre d’un épisode de X-Files, est un groupe d’Annemasse qui donne dans le style. Leur premier EP éponyme est intéressant.. Musicalement, … (Article incomplet, en attente de reconstitution)

Nightwish à Zurich

Il y a des groupes que l’on attend toujours un peu au tournant de l’exercice en concert. Nightwish, avec sa tendance au métal symphonique à grand spectacle (instrumentation pour philharmonique, chœurs en pagaille) est clairement de ceux-là. C’est donc avec une appréhension certaine qu’Isa et moi (surtout moi, l’appréhension) sommes allés les voir à Zurich.

Première constatation, le Hallenstadion, c’est grand – peut-être même plus grand que le Palais Omnisport de Bercy dans lequel j’avais vu Trust, Iron Maiden et quelques autres il y a un siècle (ou peu s’en faut). En conséquence, dans ces conditions, une place dans les gradins n’est pas une bonne nouvelle : c’est loin et on entend mal.

Deuxième constatation : mon appréhension s’est avérée en partie justifiée. Malgré la tétrachiée d’effets pyrotechniques en pagaille, le superlatif des prestations studio du groupe se transpose plutôt faiblement sur scène. Je soupçonne que c’est en grande partie dû à mes propres attentes – en quelque sorte au concert fantasmé que j’attendais.

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Eluveitie: Slania

Et stök! Les Helvètes d’Eluveitie sont de retour, avec un nouvel album, intitulé Slania. C’est une bonne nouvelle, même si cet album est, fondamentalement, une resucée des concepts musicaux déjà explorés dans le précédent, dont j’avais également parlé ici.

Pour ceux qui débarquent, Eluveitie est un groupe de folk-métal, en ce sens qu’il intègre des éléments de musique celtique avec du gros métal qui bourrine. Visiblement, c’est une originalité qui atteint vite ses propres limites.

Même si l’album reste agréable, j’ai aussi beaucoup de mal avec les vocaux style borborygmes mal soignés. Quelque part, j’ai même l’impression que le précédent album avait plus de variété.

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Ayreon: 01011001

En général, le rock progressif ne fait pas trop dans le style rentre-dedans. En général, parce qu’en particulier, Ayreon ne fait pas exactement dans le subtil et le délicat — à part peut-être au niveau musical, et encore — et le dernier opus, sobrement intitulé 01011001, ne fait pas vraiment exception.

Arjen Antony Lucassen, le grand malade derrière Ayreon (ainsi que les projets Star One et Stream of Passion), est un peu le Jerry Bruckheimer du rock progressif: gros son, grosse production et casting pléthorique. On trouve des membres (entre autres) de Pain of Salvation, Dream Theater, Evergrey, ainsi que Bob Catley (Magnum) et Anneke van Giersbergen (ex-chanteuse de The Gathering), etc. À la limite, on pourrait dire qu’il manque Hans Zimmer…

Donc, les ingrédients sont de premier choix, qu’en est-il de la tambouille? Là encore, c’est un peu du Jerry Bruckheimer, en ce sens qu’Ayreon nous ressert un peu les mêmes recettes que sur The Human Equation ou The Electric Castle: du prog-métal symphonique à grand spectacle, de l’opéra-rock à thème SF et de l’emphase par wagons entiers. Ce n’est pas exactement désagréable, au contraire, mais il ressort de ce double album une impression bizarre: il y a de grands moments musicaux, mais l’ensemble manque sérieusement d’originalité. Ayreon fait de l’Ayreon, point-barre.

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Black Bonzo: Sounds of the Apocalypse

Avec un nom qui évoque plus la version goth d’un clown à la Stephen King, on pourrait s’attendre à un groupe punkoïde. Raté: Black Bonzo donne dans le rock progressif, tendance dinosaurien, revu et corrigé début de 21e siècle. Avec un tel descriptif, on pourrait également s’attendre à un clone de The Tangent, qui donnerait …

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Alcest: Souvenirs d’un autre monde

J’avais cette théorie que, quand un groupe de heavy metal veut évoluer, il devient un groupe de métal progressif et, quand un groupe de death ou de trash veut évoluer, il se met à faire du post-rock. Alcest, projet du multi-instrumentiste français Neige, plutôt connu pour ses compositions brutaloïdes, est une preuve supplémentaire. Souvenirs d’un …

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Electrocution 250: Electric Cartoon Music From Hell

De temps en temps, j’aime bien m’écouter des trucs complètement barrés de la tête. Le genre de trucs que je qualifiais tantôt d’asymptote musicale: des groupes (souvent de métal) tellement extrêmes et techniques qu’ils représentent une sorte de limite de ce que je peux écouter. Electrocution 250 fait partie de cette catégorie. Le moins que l’on …

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2007, l’année Sylvan

Cet article est le numéro 2 d'une série de 16 intitulée Albums de l'année

L’année qui s’en est allée a surtout été, musicalement, l’année des déceptions: beaucoup d’attentes, peu de réussites. Au final, il ne me reste que quelques belle découvertes: Quantum Fantay et Maserati, par exemple. Ou Sylvan. Du coup, je pense que je vais accorder le titre d’album de l’année 2007 à Presets, de Sylvan. Ce n’est …

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Maserati: Inventions for a New Season

Le prog rock, c’est bien. Le post-rock, ce n’est pas forcément mieux, mais c’est bien aussi. Je me permets cet aphorisme à deux anciens francs après l’écoute du dernier album de Maserati, Inventions for a New Season. C’est du post-rock entièrement instrumental, similaire au premier album de Pelican ou au dernier Isis, donc très bien. …

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Quantum Fantay: tentacules à la belge

Certains hasards font bien les choses: ainsi, s’il n’y avait pas eu cette typo sur le mot “fantasy”, Quantum Fantay aurait eu un nom extrêmement banal. Au lieu de cela, ce groupe belge sort du lot, déjà comme ça; c’est le miracle du branding!

Ahem…

Donc, Quantum Fantay est un groupe de prog-rock belge, qui fait du “liquid space rock” — entendez par là un son très proche de celui des anglais d’Ozric Tentacles. Ils ont tendance à aller aussi piocher des inspirations dans le Jean-Michel Jarre des débuts ou dans le Tangerine Dream, ce qui amène une petite touche d’originalité. Mais, même sans cela, le principal défaut que j’ai trouvé à ce groupe est d’être à peu près introuvable.

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Glass Hammer: Culture of Ascent

Que je vous explique: vous allez voir pas mal de ces mini-critiques, parce qu’à Paris, j’ai profité du séjour pour sérieusement piller le rayon prog du magasin qui sonne comme un croisement entre Gibet et Bébert. Parmi les bidules que j’ai ramené, le dernier album de Glass Hammer, “Culture of Ascent”. À la première écoute, ça …

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