DGM: Frame

Pour faire un bon minestrone d’Ita…

Euh, pardon; je reprends. Pour faire un bon groupe de métal progressif, il faut des bons musiciens, beaucoup d’enthousiasme, l’intégrale des albums de Dream Theater et, le cas échéant, un peu d’originalité. Frame, le dernier album des Italiens de DGM, remplit ces conditions. Mais pas beaucoup plus.

 

Qui veut payer 75 000$ pour un CD (et quelques bonus)?

Josh Freese est, entre autres, le batteur de groupes tels que Devo, A Perfect Circle, Nine Inch Nails. Jusque là, normal. À part le fait que je ne suis pas vraiment fan de Nine Inch Nails et qu’ont peut donc se demander pourquoi j’en parle sur mon blog. La raison en est que ce brave homme a décidé de faire un nouvel album solo et de ne pas faire les choses à moitié. Par exemple, en proposant une édition spéciale de son album Since 1972, limitée à un seul exemplaire de 75 000$!

Bon, ce n’est pas tout à fait exact: cette version inclut un CD/DVD et une version à télécharger, un t-shirt, une invitation à suivre la tournée de Josh pendant quelques jours, un mini-album cinq titres sur vous et votre vie, écrit et enregistré par l’artiste, un des ses jeux de batterie, un tour en Lamborghini avec champi hallucinogènes, avoir Josh comme batteur de votre groupe pendant un mois, une balade à Tijuana suivi d’activités pas racontables, et un cours de trapèze volant.

Si vous êtes un peu à court de cash, il y a des versions moins chères, avec des bonus allant du coup de fil personnel de l’artiste à une nuit à bord du Queen Mary.

En parlant de champignons, j’ai l’impression que le Josh en question a quelque peu forcé dessus avant d’écrire ce truc. D’un autre côté, Nine Inch Nails est un des groupes qui a le mieux compris l’avantage d’Internet pour avoir un groupe d’avoir une relation directe et personnelle avec ses fans. Hormis le côté promo d’un tel bazar, l’idée est peut-être aussi de signaler aux grosses corpos de l’industrie musicale que leurs jours, tels ceux des dinosaures et des ours blancs, sont comptés.

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¡M.G.R. y Destructo Swarmbots!: Amigos de la Guitarra

Il y a des gens qui poussent un peu loin le concept: l’album Amigos de la Guitarra, signé ¡M.G.R. y Destructo Swarmbots!, est une collaboration entre le guitariste d’Isis et un duo new-yorkais de rock psychédélique. Autant dire qu’on n’y fait pas dans le simple, ni dans l’optimiste. Le seul morceau de l’album est un …

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Saga: Contact

Si je vous parle d’un groupe de rock progressif canadien, qui tourne depuis trente ans, qui a souvent été accusé de faire de la soupe et qui ne s’appelle pas Rush, vous me dites? Saga, bien sûr! Dont le nouvel album Contact, un double cédé enregistré à Munich, vient d’atterrir dans les bacs.

Avec trente ans de tournées dans les pattes, on ne peut pas vraiment dire que les enregistrements en public leur font peur. Sur Contact, Saga déroule tranquillement son rock prog, à la frontière entre le métal et le hard-FM. Guitares et claviers croisent le fer en habitués. On est entre amis, en terrain de connaissance. Michael Sadler, dont c’est le dernier album en tant que chanteur, s’essaie même à discuter en allemand avec le public; il a dû voir les chiffres de vente du groupe dans le monde et s’est dit qu’il fallait viser le coeur de cible, sans doute.

Pour moi, c’est toujours un plaisir de retrouver ce groupe. Saga était un peu le groupe de rock pour collégiens sages à l’époque où je passais ma matu et j’ai toujours suivi sa carrière. Les morceaux couvrent à peu près toute la carrière du groupe, du premier album éponyme au dernier 10,000 Days. Une seule omission, et non des moindres: aucun morceau du monumental Generation 13. Qu’à cela ne tienne, je vous en parlerai un de ces quatre.

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Takara: Invitation to Forever

Je vous parlais précédemment de l’abus des étiquettes; vous allez rire: ça continue! Dans le cas présent, l’album Invitation to Forever, de Takara, marqué “prog” par La Citadelle, s’avère être une resucée de hard-FM des années 80. Au temps pour le “forever” (à moins qu’ils n’aient confondu avec Foreigner…). À leur décharge, l’album a été …

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Bokor: Vermin Soul

C’est un fait: les étiquettes de genre, tant au niveau littéraire ou cinématographique que musical, ce n’est pas une science exacte. Mais parfois, je trouve quand même qu’il y a parfois de l’abus: par exemple, qualifier de “prog” Vermin Soul, le nouvel album des Suédois de Bokor, c’est un peu pousser! À la décharge de la Citadelle …

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Votum: Time Must Have a Stop

Si on me demande quel est l’intérêt d’aller encore acheter ses disques dans une boutique spécialisée plutôt que sur des boutiques en ligne, je répondrai que je n’aurais jamais découvert un certain nombre de groupes autrement. Témoin les Polonais de Votum, dont je viens d’acquérir le premier album, Time Must Have a Stop. Votum produit …

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Punto Omega: Noche Oscura del Alma

En général, quand je déboule à la Citadelle, le bar métal dont j’avais parlé précédemment (on suit, dans le fond!), j’ai une assez bonne idée de ce que je cherche. Il arrive cependant que j’en ressorte avec des trucs pas du tout prévus au programme, comme ce Noche Oscura del Alma du groupe argentin Punto Omega, qui passait alors dans le bar. Ça m’avait déjà fait le coup, en son temps, avec le Klagenfurt de Crematory (qui est d’ailleurs à peu près dans le même style).

Savoir exactement le genre musical représenté par Punto Omega est une gageure: le grand jeu des étiquettes, qui au mieux a tendance à être flou dans le monde du métal en général, devient carrément vaporeux quand on s’aventure aux frontières de l’indus, du gothique et de l’électro.

Résumons en disant que c’est une couche rythmiques et claviers façon électro ou indus, une couche de bonne grosse gratte de métaleux, une couche de voix grommeleuses à la mode goth (qui chante en espagnol, ce qui surprendrait plus si on y comprenait quelque chose) et une dernière couche de clavier atmosphérique pour faire glacis. Ou ambiance, si on en a marre de la métaphore pâtissière.

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Iron Maiden: Killers

Je triche un peu avec cette deuxième édition du Cabinet des Curiosités. D’une part, parce que Killers, d’Iron Maiden, n’est pas exactement un album inconnu; d’autre part parce que je viens d’acheter le CD (mais je l’avais en cassette quasiment depuis sa sortie).

En fait, cet album m’est revenu en tête lors du concert à l’Undertown, l’autre mois, vu que ça faisait partie des albums diffusés dans la salle entre les groupes. Il est intéressant à plus d’un titre.

D’abord parce qu’on y trouve les éléments qui vont faire le succès d’Iron Maiden, à commencer par la sympathique tête d’Eddie, le zombie-mascotte du groupe, qui apparaît ici dans une forme plus proche de sa version définitive que sur le premier et éponyme album du groupe. C’est anecdotique, mais je soupçonne qu’Eddie et tout le folklore scénique en carton-pâte ont beaucoup fait pour la réputation d’Iron Maiden.

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Comment nommer son groupe de métal

Imaginez que vous voulez fonder un groupe de métal. Le style pseudo-musical, donc; pas la version metallurgique. À part trouver une bande de sociopathes vaguement musiciens et un local pour y défoncer vos amplis sans provoquer une émeute de voisins, trouver un nom pour votre groupe n’est pas toujours chose aisée. Heureusement, grâce au site Comic vs. Audience voici un petit tableau qui vous permettra vous aussi d’avoir l’air ridicule avec une permanente, des jeans en stretch et des lanières de cuir sur le torse.

Thought Industry: Songs for Insects

Nouvelle rubrique pour ce blog: le “Cabinet des curiosités” sera pour moi l’occasion d’aller piocher dans mes vieilleries (surtout musicales), pour aller y pêcher des joyaux dont personne d’autre que moi n’a sans doute jamais entendu parler.

Je commence donc avec “Songs for Insects”, le fort bien nommé premier album de Thought Industry, datant de 1992. Bien nommé, parce qu’on peut douter que ce mélange improbable de heavy-metal façon Fates Warning première époque, de tech-metal et de rock progressif ait été réellement conçu pour des humains.

On peut aisément comparer “Songs for Insects” avec “A Sceptic’s Universe”, de Spiral Architect. À une différence près: Thought Industry prend son temps, multiplie les ambiances, déconstruit systématiquement ses morceaux au point où des hystéries punks cohabitent avec des balades atmosphériques.

“Songs for Insects” propose quelque chose qui s’apparente à un voyage dans la tête d’un schizophrène, une alternance de subtilité et de brutalité similaire au “Death’s Design” de Diabolical Masquerade. La deuxième moitié de l’album est probablement plus réussie que la première et le dernier morceau, Bearing an Hourglass est une expérience dont on ne sort pas forcément intact.

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Amaseffer “Slaves for Life”: Mon album de l’année 2008

Cet article est le numéro 3 d'une série de 17 intitulée Albums de l'année

J’ai coutume de penser que les traditions, c’est pour les cons (une coutume étant un peu une tradition, ça vous donne une certaine idée de la hauteur d’une telle déclaration), mais ça ne va pas m’empêcher de sacrifier à celle qui consiste à désigner dans ce blog l’album de l’année 2008. Le choix a été …

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Antonov/JC Jess/Crysalid à Meyrin

Il y a des fois où j’ai envie de me laisser pousser les cheveux. Comme j’en arrive à un point de l’âge et des ravages de la testostérone où ce n’est plus vraiment possible, j’utilise des substituts: les concerts, surtout ceux de métal. Ça tombe bien: hier soir, trois groupes locaux (Antonov, JC Jess et Crysalid) se produisaient à l’Undertown, petite salle de Meyrin, dans la banlieue de Genève. Il y a presque dix ans, j’étais déjà venu y applaudir Rage et Nightwish, c’est dire si c’est jeune.

Petite affluence: il faut dire que c’est le soir de l’Escalade, une fête très populaire dans le canton, et qu’il y avait beaucoup d’autres événements. On devait être une cinquantaine, en comptant les groupies des groupes susmentionnés (et un Philippin un peu perdu, mais qui s’est bien amusé quand même).

On commence avec Antonov, du hard-rock tendance Silmarils/No One Is Innoncent avec un chanteur/narrateur en français. Musicalement, ce n’est pas très original, mais bonne patate, parfait pour chauffer l’ambiance.

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Enslaved: Vertebrae

Ce n’est pas tous les jours que j’achète un album de death metal, comme le Vertebrae de Enslaved ; c’est déjà arrivé, mais c’est rare et, souvent, je le regrette. Dans le cas présent, l’album m’avait été chaudement recommandé par un forumiste, qui avait cité des influences Pink Floyd.

Certes, il y en a. Mais pas que : on y entend certes des sonorités dignes des groupes de prog psychédélique des années 1970, tels justement les flamants roses en question, mais aussi des grosses ambiances post-rock à base de plages de guitares. Il y a également pas mal de grognements borborygmiques, qui personnellement m’agacent, mais qui ici restent discrets (pas comme Opeth, pour donner un nom au hasard).

Au final, Vertebrae est une expérience intéressante, à la frontière entre plusieurs styles, sans être révolutionnaire ou renversante. J’avais lu quelque part la théorie comme quoi les groupes de gros métal qui tache, genre death ou thrash, se transformaient peu à peu en groupes de prog-métal une fois qu’ils avaient fait le tour de la question. Théorie tentante, surtout à l’ouï de cet album (mais probablement fausse).

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La Citadelle, bar métal

Je crois que je vais déménager à La Citadelle.

Je m’explique. Le samedi, j’aime bien me coller dans un bar, siroter un café et bosser sur des textes – ou, le plus souvent, perdre du temps sur Internet, pour peu qu’il y ait un réseau sans fil ouvert à proximité.

En général, pour ce genre d’exercice, il m’est recommandé de me munir d’une quelconque boîte à musique et d’écouteurs munis de solides réducteurs de bruit ambiant, vu que ce genre d’endroit est souvent pourri par une ambiance musicale fournie par Radio Nostalgie et d’autres abominations du genre.

J’aimais bien aussi aller chez mon fourgue habituel en bruits sauvages, le magasin Burn-Out, qui avait en plus l’avantage de ne pas être loin de mes autres terrains de chasse habituels. J’utilise l’imparfait, car il a récemment fermé, pour se réincarner, précisément, dans la Citadelle.

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