Chance: Original Worlds

Je sais bien que l’habit ne fait pas le moine, mais je dois avouer que si je m’étais fié à la seule pochette, sans jeter un œil sur la chronique de Clair et Obscur, je n’aurais sans doute jamais acheté Original Worlds, de Chance. Et je serais passé à côté d’un truc plutôt sympa.

Chance, c’est le projet de Laurent Simonnet, un musicien français qui fait du rock progressif depuis quarante ans. Multi-instrumentiste, il est également compositeur et, sur cet album, il propose un prog instrumental qui s’inspire pas mal du néo-prog. Peut-être un peu trop, mais j’y reviendrai.

Original Worlds est le troisième album du projet – sachant que le premier est sorti en 1994 et le deuxième en 2000. Il se compose de quatre pistes très longues, entre douze et vingt et une minutes, pour une durée totale de près d’une heure dix.

Puisqu’on parle de la durée, on va déjà évacuer les sujets qui fâchent – et la longueur totale de l’album en est un. Septante minutes, c’est long. Probablement trop long. Pas dramatiquement, mais l’exercice instrumental aurait mérité un peu plus de concision.

L’autre point qui me gêne sur cet album, qu’il est quand même très, très typé néo-prog années huitante – avec quelques touches floydiennes dans les guitares. Certes, le Pendragon et le IQ (voire le Marillion) des débuts, c’est sympa, mais au bout d’un moment, c’est un héritage un peu envahissant.

Ceci posé, ces deux défauts sont plutôt mineurs par rapport à la qualité de l’ensemble. Certes, les pistes sont longues, mais Laurent Simonnet a un sens de la composition remarquable et les tableaux s’enchaînent de façon fluide. Et certes, la musique de Chance est très typée, mais elle est également maîtrisée et variée, de fait qu’on ne peut pas accuser l’auteur de pompage, ni même de pastiche.

Disons les choses ainsi: Original Worlds est pour moi un album qui s’écoute plus facilement en musique de fond que de manière attentive. Ce n’est pas un mal – et il n’est pas impossible non plus que je rate plein de trucs – mais mieux vaut le savoir avant. L’absence de partie chantée et la relative homogénéité de l’ensemble est aussi un facteur.

Mais si ce genre de musique vous branche, Chance a beaucoup à vous offrir – qualitativement et quantitativement – avec ce Original Worlds. Vous pouvez trouver l’album sur Bandcamp – malencontreusement orthographié « Original Words ».

Bonus: la vidéo de « Proxima B »

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1 réflexion au sujet de « Chance: Original Worlds »

  1. Oui, elle pique la pochette. Bon la musique aussi, moins, mais elle pique un peu. c’est vraiment le genre de truc que je n’écoute plus du tout depuis que je chronique en solo.

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