Comment (ne pas) être patriote?

C’est de saison: immanquablement, entre mi-juillet et début août, d’une fête nationale à l’autre, la question du patriotisme resurgit. En tout cas dans ma tête.

Je l’ai dit et probablement répété, mais le patriotisme et moi, ça fait deux. Voire trois si on compte ma double nationalité. D’ailleurs, si on regarde bien, pour devenir suisse, j’ai dû faire les choses suivantes:

  • naître
  • c’est tout

Pour dire, même pour devenir français, j’ai dû faire plus de trucs. Et même pas beaucoup plus.

De toute ma vie d’adulte, je n’ai jamais été trop fan du truc – à commencer par l’armée. Je soupçonne que mes études d’histoire n’ont rien arrangé, parce que très rapidement on distingue ce qui fait partie du roman national et la réalité.

L’histoire est écrite par des historiens, le reste, c’est de la propagande. Et si je peux comprendre l’intérêt de la propagande – c’est un peu mon métier, quelque part – je trouve qu’il y a un problème majeur à construire une nation sur de la fiction. C’est le genre de truc qui, tôt ou tard, revient te mordre le cul.

Et c’est un peu ce qui m’ennuie avec le patriotisme: une tendance à vouloir prendre pour argent comptant de belles histoires pour enfants sages. C’est souvent les mêmes qui reprochent aux geeks de vivre dans des mondes imaginaires, notez.

Une version un peu plus adulte du patriotisme, ça serait d’aimer son pays avec ce qu’il a d’imperfections, d’admettre que l’histoire de la Suisse, c’est plus compliqué que ce qu’on lit sur les emballages de chocolat, qu’il y a autant de façon d’être suisse que de gens qui vivent en Suisse – voire plus – et que, quand bien même, ce n’est pas très grave de dévier un peu de la norme, parce qu’on est des gens civilisés et qu’on ne va pas froncer le nez si le voisin a une cravate de la mauvaise couleur.

Mais visiblement, il y a encore beaucoup trop de gens qui préfèrent la version sale môme.

Image via PxHere sous licence CC0.

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