Les annonces de la mort du rock progressif ont toujours été grandement exagérées. Depuis au moins cinquante ans. La preuve en est que, régulièrement, des groupes surgissent d’on ne sait trop où pour balancer des albums impressionnants, comme Artificial Silence et son nouvel opus, Hollow Drift.

Si Artificial Silence a été fondé dans l’État nord-américain de Washington en 2010, on peut dire que le groupe prend son temps, avec un album tous les huit ans. Actuellement constitué en trio, il propose un rock progressif moderne, qui tire parfois vers le metal dans un style qui rappelle parfois Haken, dans l’esprit tout au moins.

Hollow Drift est donc le second album du groupe. S’il compte six pistes pour quarante-huit minutes, n’allez pas croire pour autant que les titres sont de longueur égale. L’un d’entre eux dure moins de deux minutes, trois font entre trois et cinq minutes et les deux derniers s’étendent respectivement sur neuf et vingt-quatre minutes.

Quand je dis qu’Artificial Silence ressemble à Haken, il ne faut pas y voir un clone, mais plus une approche similaire du rock progressif: modernisé, influencé par le metal et, ici, avec un piano très présent et des harmonies vocales souvent très réussies. Cela dit, il y a quelques passages qui sont clairement influencés par les Britanniques (« Paradise ») – et aussi par Dream Theater, on ne prête qu’aux riches, je suppose.

C’est encore une fois à Rhyme Signatures que je dois la découverte de cet album – encore que Notes Review et d’autres ont enfoncé le clou. Mais, une fois encore, je dois avouer être un chouïa moins enthousiaste qu’eux.

Un chouïa seulement: mon plus gros reproche sur Hollow Drift est qu’il manque parfois d’homogénéité. Ça part volontiers dans tous les sens avec un abandon qui force le respect, mais qui rend parfois la lecture de l’album un peu compliquée. C’est notamment le cas notamment dans l’epic titulaire, qui se laisse même aller à des bouts de circus-metal; l’autre piste plus longue, « Tidal Lock », étant beaucoup plus solide.

Mais il n’empêche qu’Artificial Silence est un groupe impressionnant, avec des musiciens de qualité, et que Hollow Drift est globalement d’excellente tenue, hautement recommandable aux amateurs de rock progressif contemporain. Il est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la non-vidéo de « Voice of a Stranger »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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