Les extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-Sec

Adèle Blanc-Sec, journaliste parisienne au caractère impétueux, se lance en ce début du XXe siècle dans une quête pour redonner vie à sa jumelle, réduite à l’état de légume après un malencontreux accident de tennis impliquant une aiguille à chapeau. Pour cela, elle se rend en Égypte (alors que son éditeur la croit au Pérou) pour récupérer la momie du médecin personnel de Ramsès II, qu’un scientifique de ses amis pourrait arriver à ramener à la vie.

Oui, je sais, dit comme ça, ça vous pourrit un peu l’histoire du film, mais d’une part je ne raconte pas tout et, en plus, Luc Besson, pour une fois réalisateur et non seulement producteur du film, semble être parti du principe que l’histoire, c’est juste une excuse pour filmer des bêtises. Un peu comme d’habitude avec Luc Besson, quoi. Le résultat, c’est ce que ces Extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-Sec est un film spectaculairement foutraque, qui part dans tous les sens, avec un Besson un roue libre.

Par “foutraque”, j’entends, par exemple, qu’il faut un bon quart d’heure pour voir apparaître l’actrice principale – au point qu’on se demande si ce n’est pas le ptérodactyle, dont les exploits occupent ce premier quart d’heure, le héros du film. Et qu’ensuite, la trame se perd régulièrement dans des scènes amusantes, certes, mais accessoires. C’est clairement le gros défaut du film et, paradoxalement, ce qui fait un peu de son charme. Un film américain aurait certainement torché les scènes accessoires en trente secondes et aurait mis à la place des bagarres épiques de dix minutes.

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Lady Blackbird

Si vous ne lisez pas le blog de Brand, c’est le moment de vous y mettre: l’animal poste peu, mais ses billets sont souvent plein de pépites. Notamment un de ses derniers qui, s’il traitait d’un jeu à la Alien(s), m’a mis sur la piste d’un petit jeu expérimental nommé Lady Blackbird.

En fait, il s’agit autant d’un jeu que d’un scénario, en seize pages, dont l’amorce est la suivante: Lady Blackbird fuit un mariage forcé en compagnie de sa garde du corps à bord de La Chouette, le vaisseaux éthérique du tristement célèbre contrebandier Cyrus Vance. À mi-chemin, ils sont intercepté par le croiseur impérial La Main du Chagrin et les personnages ont meilleur de temps de trouver un moyen de s’enfuir avant que le capitaine du croiseur ne reçoive de la capitale la télétransmission qui révèlera leur véritables identités.

L’ambiance est celle d’un univers de science-fiction steampunk et, en le lisant, j’ai eu l’impression de tomber sur le Graal des systèmes léger et adaptés à un style de jeu “pulp”, très narratif et dynamique.

Chaque personnage est défini par des Traits, qui sont des compétences génériques divisées en mots-clés (tags), ainsi que par des Clés, qui sont des buts, et des Secrets, qui sont des capacités spéciales.

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Sherlock Holmes

Franchement, je ne vois pas comment j’aurais pu ne pas aimer ce film: il y a Sherlock Holmes, d’une part, qui est un de mes personnages littéraires préférés. Ce Sherlock Holmes est interprété par Robert Downey Jr., qui avait déjà fait auparavant un Tony Stark de toute beauté dans Iron Man.

Il y a un Dr Watson, interprété par Jude Law, qui rappelle à notre bon souvenir que, loin d’être un faire-valoir fat et empoté, c’est un ancien médecin militaire et quelqu’un qui, à défaut d’avoir le sens de l’observation et le génie déductif du détective, a suffisamment de sens commun et d’esprit pratique pour douze Holmes.

Et puis, surtout, il y a cette reconstitution du Londres de la fin du XIXe siècle, si parfaitement steampunk avec ses ruelles pavées, ses débuts de technologies domestiques, ses lords so british, ses sociétés secrètes et autres machines infernales et son inframonde criminel crasseux. Je mentirais si je disais que ça n’était pas une des motivations premières pour voir ce film.

Je vais être très honnête: pour ce qui est du reste, il y a du bon et du moins bon. Le très méchant Lord Blackwood (Mark Strong), bien inquiétant mais un peu occulté par son intrigue, des scènes d’action nerveuses, mais qui tirent parfois un peu en longueur. Des effets spéciaux numériques impressionnants, mais pas toujours très réussis et un personnage féminin, Irène Adler (Rachel McAdams) qui agit comme le parfait contrepoint du duo Holmes-Watson, mais qui est un peu pâlotte pour être une véritable héroïne à part entière.

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Clockwords

Je sens qu’avec ce billet, plein de gens vont encore me détester. Clockwords (j’y joue aussi sur Kongregate) est une de mes dernières découvertes en matière de petit jeu très énervant, du genre à me faire faire des insomnies. Du coup, je me dis qu’il n’y a pas de raison que je ne partage pas avec mes petits amis de l’Internet…

On pourrait décrire Clockwords comme un croisement steampunk entre le Scrabble et Space Invaders: l’idée est de tirer avec un canon à mots sur des araignées mécaniques venues voler des plans à un inventeur génial. Vous, donc. Le principe du canon à mots est assez simple en pratique: taper des mots à toute vitesse en utilisant au maximum les lettres fournies (on peut en utiliser d’autres, mais elles sont beaucoup moins efficaces).

Là où ça se complique, c’est qu’entre deux parties, le joueur peut gérer sa “chaudière à lettres” en y rajoutant des lettres récupérées pendant le combat précédent et transmuter deux lettres de même valeur en une lettre de valeur supérieure. Le défaut est que ce qui définit la valeur d’une lettre est sa fréquence: moins une lettre est usitée, plus elle vaut cher.

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“L’instinct de l’équarisseur”, de Thomas Day

Sur Sherlock Holmes, on a beaucoup écrit, beaucoup dit et beaucoup filmé; difficile de trouver quelque chose d’original sur le sujet. Pourtant, L’instinct de l’équarisseur, de Thomas Day, parvient à créer la surprise en partant du principe suivant: et si Arthur Conan Doyle racontait, par le biais des aventures que l’on connaît, les chroniques d’un univers parallèle, regorgeant de technologie bizarroïdes dans le plus pur style steampunk?

Et si, surtout, le Holmes qui y réside était un individu si hors norme que son alter-ego romanesque, aussi outré soit-il, n’en est qu’une pâle copie, édulcorée pour ne pas choquer les sensibilités victoriennes? Car le Sherlock Holmes de Day n’est rien de moins que l’assassin royal, chargé par la reine Epiphany I d’éliminer les criminels les plus monstrueux de Londen.

Assez de l’histoire, qu’en est-il de l’ouvrage? En résumé, je dirais “Sympa, mais.” Autant j’aime beaucoup la remise en question du mythe Sherlock Holmes et le côté steampunk allumé de l’univers parallèle dans lequel il évolue, autant le style d’écriture finit par m’agacer.

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“Les Enchantements d’Ambremer”, de Pierre Pevel

« Les enchantements d’Ambremer », de Pierre Pével

Il y a quelques semaines, j’étais tombé, en librairie, sur ce petit bouquin qu’est Les enchantements d’Ambremer, signé Pierre Pevel, dont la quatrième de couverture avait alléché le fan de Castle Falkenstein qui sommeille (que d’un œil) en moi. J’ai fini par l’acheter et le lire en quelques heures et je ne regrette pas l’investissement modique.