Torchwood: Children of Earth

Par une fraîche matinée, à 8 h 40 précise, heure de Londres, tous les enfants de la planète s’arrêtent pendant une minute. Rebelote à onze heures. La fois suivante, ils se mettent tous à hurler à l’unisson et, la fois d’après, ils annoncent d’une seule voix: “We are coming.” Voici le principe de départ de Torchwood: Children of Earth, cinq épisodes d’une heure qui forment la troisième saison de la série Torchwood.

Je crois vous avoir déjà parlé de Torchwood: une série dérivée de Dr Who, qui se concentre sur la branche galloise d’un institut fondé par la reine Victoria et qui a pour mandat de lutter contre les menaces extra-terrestres en général (et le Docteur en particulier). Là encore, les prémisses étaient intéressants: une sorte de X-Files décomplexé avec une équipe de cas sociaux obsédés sexuels et des enquêtes sur des phénomènes paranormaux / extra-terrestres réalisés par l’équipe scénaristique de Dr Who, qui peut être particulièrement tordue quand elle s’y met. Seulement voilà: mal rythmée et se prenant un peu trop au sérieux, après visionnage des deux saisons, Torchwood ne tient pas ses promesses.

Children of Earth vient rectifier tout ça. Et quand je dis “rectifier”…

Je ne peux pas vous dire grand-chose sur l’histoire sans déflorer les nombreuses surprises et retournements qui émaillent le scénario, mais je peux affirmer que, si Torchwood venait à s’arrêter après cette mini-saison, ce final justifierait largement d’avoir visionné deux saisons d’un niveau plus que moyen.

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Roswell Six: Terra Incognita: Beyond the Horizon

C’est un petit peu par hasard que j’ai ramassé Terra Incognita, l’album de Roswell Six (attention: page MySpace übermochissime), groupe dont je n’avais jamais entendu parler. J’ai compris ensuite pourquoi: Roswell Six est un “supergroupe” monté par le label Progrock Records pour un concept-album – le concept en lui-même étant un ouvrage de l’auteur de SF et de fantasy Kevin J. Anderson.

En soi, l’idée est attirante. Bon, on pourra m’opposer le fait que Kevin Anderson s’est surtout illustré en écrivant des novelizations de films ou de séries ou en co-signant les préquelles de Dune; moi je m’en fous: je n’aime pas Dune. Par contre, j’aime bien le rock progressif et le casting de Roswell Six a de quoi faire saliver, avec des noms comme James LaBrie (Dream Theater), Michael Sadler (Saga), John Payne (Asia) ou Gary Wehrkamp (Shadow Gallery).

La question est, le tout est-il plus grand que la somme des parts?

Ma réponse trahit mon hérédité normande: peut-être. Terra Incognita n’est certes pas l’album de la décennie, ni même de l’année, mais il a de solides arguments en sa faveur. D’une part, un style musical alliant prog et métal, qui rappellera aux amateurs les albums d’Ayreon ou le projet Star One (comme sur le morceau “Here Be Monsters”), bien maîtrisé. D’autre part, un souffle épique et une énergie qui laisse présager de bonnes choses de l’ouvrage qui a inspiré la musique.

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Project Creation: Floating World

Je vous avais déjà parlé de Dawn on Pyther, le plus récent des deux albums de Project Creation; je viens de mettre la main sur le premier, Floating World. Brisons tout de suite le suspense: la parenté est évidente. On retrouve dans cet album le même métal progressif sur un thème de science-fiction, plus progressif que …

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"Federal Space": Star Trek, mais en mieux

Je suppose que je vous ai déjà causé de RPG.net, un site de rôlistes basé aux USA (en anglais, donc) et qui contient une grosse dose de gens barrés de la tête, oscillant entre pur génie et maladie mentale (oui, je sais, j’ai déjà dit “rôlistes”).

Récemment, le dénommé Shadowjack s’est attaqué à une réécriture de l’univers de Star Trek, sous le titre de Federal Space. Jusqu’ici, c’est assez banal: ce genre d’initiative, il doit y en avoir une par jour.

Là où ça devient intéressant, c’est que Shadowjack n’est pas seulement rôliste et trekkie, il est également illustrateur amateur et s’amuse à illustrer bon nombre de ses idées de petits crobards. J’aime bien son humour.

Son idée de base est de réécrire l’univers des séries originelles en le modernisant quelque peu (nations multiculturelles, transhumanisme, principes scientifiques qui tiennent un peu mieux debout, etc.), mais en gardant le côté exploration et optimisme.

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Punto Omega: Noche Oscura del Alma

En général, quand je déboule à la Citadelle, le bar métal dont j’avais parlé précédemment (on suit, dans le fond!), j’ai une assez bonne idée de ce que je cherche. Il arrive cependant que j’en ressorte avec des trucs pas du tout prévus au programme, comme ce Noche Oscura del Alma du groupe argentin Punto Omega, qui passait alors dans le bar. Ça m’avait déjà fait le coup, en son temps, avec le Klagenfurt de Crematory (qui est d’ailleurs à peu près dans le même style).

Savoir exactement le genre musical représenté par Punto Omega est une gageure: le grand jeu des étiquettes, qui au mieux a tendance à être flou dans le monde du métal en général, devient carrément vaporeux quand on s’aventure aux frontières de l’indus, du gothique et de l’électro.

Résumons en disant que c’est une couche rythmiques et claviers façon électro ou indus, une couche de bonne grosse gratte de métaleux, une couche de voix grommeleuses à la mode goth (qui chante en espagnol, ce qui surprendrait plus si on y comprenait quelque chose) et une dernière couche de clavier atmosphérique pour faire glacis. Ou ambiance, si on en a marre de la métaphore pâtissière.

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“Worldwar”, la tétralogie de Harry Turtledove

Dans le vaste foutoir qu’est le genre science-fiction, il y a un style qui me branche particulièrement, c’est l’uchronie. C’est pourquoi, au détour d’une librairie à Kyoto, je me suis lancé dans la tétralogie Worldwar de Harry Turtledove, l’un des grands maîtres de l’histoire alternative.

En deux mots, une civilisation extra-terrestre débarque sur Terre avec l’intention de coloniser la planète. Problème premier: leurs infos ont huit cents ans de retard et ils n’avaient pas prévu que les autochtones évolueraient aussi vite. Problème second: ils débarquent en 1942.

On suit donc, dans la grande tradition du roman américain, une foultitude de personnages impliqués dans la guerre, en suivant la chronologie des combats; ainsi, on apprend souvent les conséquences d’une opération vécue par un personnage au travers des commentaires d’autres personnages, ce qui permet à l’histoire de se dérouler de façon assez fluide.

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“Matter”, de Iain M Banks

Je viens de terminer Matter, le dernier roman de l’écrivain de science-fiction écossais crypto-communiste Iain M Banks, qui a pour cadre la “Culture“. Comme souvent, ça dépote pas mal.

La particularité de ce pavé de près de 600 pages, c’est qu’il suit plusieurs histoires en parallèle, histoires qui finissent bien entendu par se retrouver: les protagonistes sont trois des enfants d’un roi, mort sur un champ de bataille: l’un est le prince en titre, l’autre est le fils prodige, présumé mort mais en fait poursuivi par les hommes du régent, et la troisième est devenue une sorte d’ambassadrice auprès de la Culture, ce qui la sauve de sa condition de femme dans une civilisation semi-industrielle.

Avec Banks, on a souvent plus des histoires à personnages que des grandes fresques. Dans Matter, certes, il y a des Choses Qui Se Passent, mais on sent bien que ce sont les personnages eux-mêmes qui sont plus importants. Ça donne le côté frustrant que les évènements à l’échelle cosmique qui se déroulent, d’une part ne démarrent réellement que dans le dernier quart du bouquin et, de plus, sont réglés en quelques pages.

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“Engines of Light”, de Ken MacLeod

Au cours du XXIe siècle, une station spatiale euro-soviétique annonce un premier contact avec une entité extra-terrestre. La nouvelle sème un certain souk sur une Terre en proie à une nouvelle Guerre froide depuis que l’URSS est revenue d’entre les morts géopolitiques et a pris le contrôle de l’Europe: espionnage, propagande, pressions et trahisons fusent …

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Kacho-Oji / Black Heaven

Oji Tanaka est un salaryman japonais tout ce qu’il y a de plus typique: une trentaine désabusée, marié et père, un boulot moyennement passionnant et un chef tyrannique. L’arrivée d’une blonde bizarre, qui lui dit tout de go qu’il est le seul à pouvoir sauver la galaxie, lui rappelle l’époque où il se faisait appeler “Gabriel” et où il était le guitariste du groupe de hard rock Black Heaven.

Quelque part, et curieusement pour qui me connaît, la perspective de voir un anime mélangeant batailles spatiales et heavy metal ne m’enthousiasmait pas tant que ça. La raison principale est que les Japonais ont, en général, une conception du heavy metal qui se rapproche plus de l’Eurovision que de Metallica. La surprise vient ici de l’angle d’approche: le héros est un ex-rocker (presque) rentré dans le rang, pathétique dans ses tiraillements entre conformité et ses aspirations de star de la guitare.

Du coup, Kacho-Oji fait l’impasse sur la SF glam à la Daft Punk et oscille entre une chronique douce-amère des ex-rebelles ravalés par la société qu’ils méprisent et une ode au hard rock comme arme de destruction massive. Le tout (en treize épisodes) ne se prend pas au sérieux, ce qui est plutôt une bonne chose au vu de l’indigence des moyens de la série; je soupçonne que la moitié du budget est parti dans le cachet de John Sykes (Whitesnake, Thin Lizzy), qui signe le générique.

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Iron Sky, le projet

En 1945, les Nazis sont allés sur la Lune. En 2018, ils reviennent! C’est le pitch de Iron Sky, un projet de film qui ne peut que faire dresser l’oreille (entre autres) à l’amateur de pulp, d’histoire secrète et de science-fiction barré de la tête que je suis. Comme le machin est en cours de production …

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The Tangent: Not As Good As the Book

Je viens de finir, non pas le dernier album des prog-pasticheurs The Tangent (qui tourne sur ma playlist depuis plus d’une semaine), mais la grosse nouvelle illustrée de science-fiction qui allait avec le CD “Not As Good As The Book”. Ni l’un ni l’autre ne révolutionneront le genre et je pense même que l’album est un …

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« Accelerando », de Charles Stross

Bon, j’ai enfin fini Accelerando, de Charles Stross (disponible sur le site en téléchargement gratuit, pour ceux qui n’aiment pas les arbres morts) et je reste sur une impression mitigée. J’ai l’impression que l’auteur a voulu faire le roman transhumaniste pour tuer tous les romans transhumanistes et qu’au final, ça ressemble plus à un exercice de style qu’à une réelle histoire.

Le problème est que ce genre de plan me laisse quelque peu froid: on perd assez rapidement contact avec quoi que ce soit de familier et il y a plusieurs moments où j’ai zappé des paragraphes entiers, parce que je n’arrivais même pas à comprendre ce qui se passait. Ajoutez à ça une quasi-Fin Scoubidou et vous aurez une idée de mon agacement.

Cela dit, il y a d’excellentes idées, surtout dans la première moitié du bouquin (quand ça reste à peu près accessible) et l’auteur a un style qui sait être plaisant. À ceci près qu’il faut quand même avoir son doctorat en geekitude non-euclidienne pour comprendre des références telles que “slashdotted” ou “killfile”.

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Tigres Volants est-il du space opera?

Les enfants, je crois qu’on s’est mal compris.

D’après un certain nombre de messages sur divers forums et commentaires à gauche et à droite, beaucoup d’acheteurs, potentiels ou réels, de Tigres Volants y voient un “jeu de space opera”. Pour être plus précis, ils sont déçus que l’accent ne soit pas mis sur les vaisseaux spatiaux, les bastons entre iceux et des planètes qui explosent.

Je m’en suis déjà expliqué, mais, pour résumer, disons que je considère que Tigres Volants est un jeu qui se déroule à l’échelle des personnages et que, du coup, tout évènement qui impliquent des distances mesurées en secondes-lumière, des vitesses de l’ordre de la fraction de c, des engins de la taille d’une petite ville et des armes de destruction massivement massive est plus un élément de décor. Il y a peu de chances que les personnages se retrouvent impliquées dans un combat spatial (qui ne sont pas exactement courants, non plus) et peu de chances qu’ils puissent changer quoi que ce soit de majeur — rien en tous cas qui ne puisse se résoudre avec les règles déjà disponibles.

L’espace et les planètes lointaines sont des éléments de l’univers de Tigres Volants, au même niveau que les océans et les continents exotiques sont des éléments d’un jeu se déroulant au XIXe ou au XXe siècle. Du coup, les propriétaires de vaisseaux spatiaux sont aussi rares au XXIIIe siècle que les propriétaires de moyens de transport transatlantiques dans les années 1900-1930, par exemple. Dans les deux cas, le commun des voyageurs emprunte des transports de passagers.

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Doctor Who (TF?)

Il y a des légendes, comme ça — même dans les séries télé — qui transcendent les barrières de la langue, de la culture, et même de la Manche, c’est dire! Doctor Who, série britannique de science-fiction, en fait partie: j’en avais beaucoup entendu parler et, jusqu’à récemment, je n’en avais jamais vu d’épisodes (à part le pilote d’une saison, dans les années 80, diffusé sur France 2 à une heure qui n’existe pas).

Lacune réparée: on est en train d’attaquer les saisons les plus récentes, celles avec Christopher Eccleston et et David Tennant dans le rôle-titre. Le Docteur est un extra-terrestre, le dernier des Seigneurs du Temps, qui voyage dans le temps et l’espace à bord du Tardis, un vaisseau qui a pris un jour la forme d’une cabine de police anglaise des années 60 (le mécanisme est tombé en panne depuis, mais il n’a jamais jugé bon de le réparer).

Première constatation: c’est très british. C’est probablement la raison pour laquelle la série n’a jamais eu de succès en France, qui a toujours du mal avec la Perfide Albion (surtout depuis la coupe du monde de rugby). Moi j’adore; en plus, ça nous change des séries où tout l’univers est américain… Deuxième constatation: c’est un petit budget et ça se voit (la série a sans doute beaucoup gagné visuellement avec la démocratisation des images de synthèse); par contre, ça compense par des acteurs bien barrés et des scénarios parfois très, très tordus (je pense notamment à l’épisode qui se passe pendant le Blitz de Londres).

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Kuro

Après avoir longuement hésité, j’ai finalement profité de mon dernier passage à Paris pour acheter Kuro, le dernier jeu de rôle en date du 7e Cercle. C’est un jeu se déroulant dans le futur proche, dans un Japon hypertechnologique, mais isolé à la suite d’un incident bizarre, et dans lequel monstres et fantômes réapparaissent; ça fait un peu “The Ring vs. Ghost in the Shell“.

Après plusieurs lectures, j’ai l’impression d’avoir sous les yeux un bon concept, mais rédigé de façon très décousue. Par exemple, j’ai dû m’y reprendre à trois fois avant de comprendre qu’il y avait un blocus du Japon et non pas que l’archipel était isolé comme par un machin intangible. Ça veut sans doute dire que je ne sais pas lire, mais j’ai plus l’impression d’y voir un symptôme d’une écriture peu inspirée.

Le ton est extrêmement plat et truffé de maladresses: non seulement l’écriture me donne l’impression de n’avoir aucun “souffle”, elle ne me renvoie aucune image mentale de ce que peut être Shin-Edo (le Tokyo de Kuro). Et ça, pour un jeu futuriste dans un univers très visuel, c’est Mal.

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“Excession”, de Iain M Banks

Le vol de retour, entre Nairobi et Amsterdam, m’a non seulement permis (selon toute vraisemblance), d’attraper la tourista à laquelle j’avais jusque là échappé lors de mon séjour en Tanzanie, mais aussi de finir Excession.

Excession est un des ouvrages de science-fiction de Iain M Banks, qui se déroule dans l’univers de la Culture (lien en anglais). La Culture est une gigantesque civilisation galactique, principalement humaine, dont les caractéristiques majeures sont d’être parvenus à un niveau de bien-être matériel global (à peu près tout ce qu’ils veulent, ils peuvent le construire à coups de nanotech) et d’intégrer des intelligences artificielles (drones et, surtout, vaisseaux). Dans le livre, cette civilisation se retrouve confrontée à un événement qui la dépasse complètement, ce qui réveille un certain nombre de vieux complots et de plans absurdes.

C’est, jusqu’à présent, un des meilleurs ouvrages de Banks que j’ai lu. À vrai dire, si j’aime beaucoup l’univers de la Culture, j’avais eu tendance à préférer ses ouvrages en dehors (The Algebraist ou Against a Dark Background). Ce que j’aime particulièrement, c’est qu’une fois libérés des contingences matérielles, l’auteur peut plus facilement se concentrer sur le côté “humain” de ses personnages — même les intelligences artificielles. Ça n’empêche pas les grosses bastons interstellaires et les bricolages hypertechnologiques à grand spectacle, mais c’est principalement pour le décor. L’essentiel est ailleurs.

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