Était-ce le concert de trop? Pas pour Gavial Haze et Naxatras, qui jouaient ce premier mai aux Caves du Manoir, mais pour moi. Parce que le début du concert, c’était presque le milieu de ma journée, en fait.
Résumons: réveil à six heures, boulot (en distanciel, mais avec Internet en carafe, donc sur la 5G), puis vélo jusqu’à la gare de Genève, puis train pour Martigny (à l’heure de pointe), arrivée vers 20 h, concert jusqu’à minuit, train de nuit à une heure moins le quart, pas moins de deux changements pour arriver à Genève à 3 h 41, et bien sûr re-vélo pour rentrer maison.
Et ce n’est pas comme si c’était nouveau non plus: j’avais déjà vécu la même blague il y a deux ans. Apprendre, c’est pour les faibles!
Mais bon, je m’étais dit qu’une soirée space-rock / psychédélique avec, en prime, un groupe grec qu’on voit rarement sous nos latitudes (le bassiste nous a même dit que c’était leur première fois en Suisse), ça valait la peine de se bouger. J’ai eu raison, mais ça m’a un peu coûté cher.
Et donc, à 20 h 30, me voici de retour dans les Caves du Manoir, qui je le rappelle sont littéralement les caves d’un manoir. Je déballe le matos photo – en apercevant au passage que j’ai encore oublié la pochette pour le second objectif – je récupère une bière et je pars me trouver une place devant et le plus au centre possible, tant que c’est encore possible de bouger. Ça ne va pas durer.

À neuf heures, c’est Gavial Haze qui s’installe sous la voûte. Il s’agit d’un quatuor venu de La Chaux-de-Fonds – encore plus loin que moi, chapeau! – et qui balance une rock psychédélique instrumental. Et quand je dis « balance », je pèse mes mots, parce que leur musique est franchement énergique et enthousiasmante, avec un duo de guitares harmonisées qui équilibre une section rythmique bien lourde comme il faut.
Gavial Haze va jouer environ une heure, devant un public franchement enthousiasme, et nous présente son nouveau bassiste: Romain. Ça brasse beaucoup devant la scène, ça pogote même un peu, mais l’ambiance est plutôt festive, du coup je ne râle même pas quand une voisine me pique ma bière. Il n’en restait pas beaucoup et je soupçonne que ce n’était pas sa première.
Bref. Gavial Haze, c’était bien. Comme on dit en là par chez nous, j’ai même été déçu en bien. Un côté stoner méchant, des guitares à la Wishbone Ash, beaucoup d’énergie et un son moderne: rien que du bon.
Le changement de scène permet à un peu tout le monde d’aller prendre l’air. Le temps est plutôt estival et la salle bondée. Les gens sont enthousiastes et je suis franchement surpris de voir autant de monde pour ce que je pensais être un petit groupe pas très connu dans la région. Après, j’aurais dû me méfier: les Caves du Manoir ont des accointances historiques avec la scène psyché et, visiblement, le public qui va avec. En plus, avec une jauge à 200 places, ça se remplit vite!

Naxatras commence un peu avant 22:30. Le groupe se présente comme un quitte, avec batterie, percussions , claviers, guitare et basse, ces deux derniers également au chant. Et, dans un premier temps, je me prends à penser que le groupe propose une musique un peu moins péchue, impression renforcée par un jeu de scène plutôt statique. Grave erreur!
Parce que, d’une part, Naxatras joue sur un registre qui emprunte au post-rock le jeu sur les montées en puissance. Et, d’autre part, parce que le public a décidé qu’il allait foutre le zbeul, donc pogo, repogo et stök! Bon, je dis « le public », mais soyons franc: le groupe aide aussi beaucoup, avec des compositions space-rock qui n’hésitent pas à enclencher l’hyperpropulsion et faire claquer les missiles à antimatière quand il le faut.
Bref, Naxatras fait le show: c’est du gros son, c’est maîtrisé; il y a peut-être un peu trop de fumigènes – mais bon, après The Great Alone et Versatile, ça va! Non, le plus gros souci, c’est moi: en plein milieu du set de Naxatras, je me prends successivement un coup de fatigue, des crampes aux pieds et un quarteron de viande saoule qui décide de pogoter avec des pintes à la main.
Du coup, à peu près à la moitié de la prestation, je décide que pause et je me rapatrie au bar, devant le grand écran. Ça me permet de me reposer un peu, suffisamment en tout cas pour revenir pour le rappel – alors qu’une partie du public a commencé à se rapatrier vers des positions préparées à l’avance. ce qui n’empêche pas ceux qui restent de repartir en pogo.
Et finalement, les lumières se rallument, autour de minuit. J’ai encore un peu de temps pour aller braquer le stand de merch et repartir avec deux CD et un t-shirt avant de rejoindre la gare. Dans ma tête, je m’étais dit « cool, j’ai trois heures de train pour commencer à bosser sur le live-report ». En fait, je me suis vautré sur une banquette et j’ai somnolé entre deux correspondances.
Quelque part, c’était un peu la soirée « c’est pas beau de vieillir » (variante: « chuis trop vieux pour ces conneries »), mais même si je l’ai un peu payé le lendemain, notamment en me faisant réveiller par une crampe au mollet, c’était vraiment cool. Après, bon, c’est un concert, pas de metal, mais presque, donc même quand c’est pas terrible, c’est quand même sympa. Et là, en plus, c’était bien: deux groupes de très bonne tenue, un public très enthousiaste – peut-être trop, mais mieux vaut ça que le contraire – et une technique à peu près irréprochable. Pour un peu, on en redemande. Mais pas tout de suite…
Vous pouvez retrouver ce live-report en vidéo, sur YouTube et sur Peertube. Une petite sélection de photos est également disponible sur Flickr.


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