Lucky Luke, le pauvre cowboy solitaire, loin de son foyer, ça vous parle? Eh bien disons que cette série, co-produite par France Télévisions et Disney+, va remettre quelques certitudes en question. En même temps, comment parler de certitudes dans le cas d’une légende l’Ouest?
Or donc, Lucky Luke, justicier solitaire de l’Ouest Sauvage, se retrouve un beau jour face à Louise, une jeune femme qui veut lui faire la peau. Bon, il s’agit d’une méprise et, assez rapidement, Luke va se faire embarquer dans une quête pour retrouver la mère de Louise, dont il pourrait bien être le père.
Posons déjà les choses: cette nouvelle série Lucky Luke a un côté assez iconoclaste. Déjà, elle adopte les codes visuels du western-spaghetti (elle a d’ailleurs été tournée en Espagne, dans les mêmes décors utilisés par Sergio Leone) et elle propose également une relecture particulière des personnages.
Ainsi, on croise la route d’un Billy The Kid percuté de plein fouet par la puberté, d’un Joe Dalton percuté de plein fouet par un bison, d’une Calamity Jane percutée de plein fouet par sa propre légende. Sans parler de Lucky Luke lui-même, percuté de plein fouet par son passé. Ça fait beaucoup de percussions.
Pendant quelques épisodes, on a même un duo très amusant entre Luke et son pire ennemi, Joe Dalton, qui pense être lui le père de Louise. Ladite Louise n’a clairement qu’une priorité: retrouver sa mère. Mais il y a aussi une raison à son enlèvement, raison qui va être le point central des derniers épisodes.
Du coup, Lucky Luke, adaptation ou trahison? Vous connaissez sans doute mon opinion sur les guignols qui piornent sur les adaptations (et si vous ne la connaissiez pas avant, maintenant oui) et je dirais que cette série est très réussie, dans l’esprit sinon la lettre. Déjà parce qu’elle est très drôle – même s’il faut pour cela apprécier l’humour à la Kaamelott.
C’est le moment de poser mon fameux « moi j’ai bien aimé ». En fait, j’ai trouvé cette série franchement marrante. Certes, elle propose un point de vue assez différent du Lucky Luke que l’on connait par les bédés de Morris (avec ou sans Gosciny), mais c’est peut-être mieux ainsi. Ce sont des histoires qui, dans le meilleur des cas, datent de quelques décennies et, qui plus est, pour un public plutôt enfantin.
À mon avis, la série Lucky Luke garde l’esprit de la bédé, mais propose une version du personnage qui est plus adaptée à un public plus adulte et, aussi, plus en phase avec notre époque. C’est une excellente surprise.
Bonus: la bande-annonce


21/05/2026 at 09:07
Je crois que la conclusion est bonne, au vu de la bande annonce. Je m’attendais à un truc potache mais non, ils ont modernisé un peu le propos, le rythme pour en garder globalement l’esprit…Est-ce que je regarderais en entier ? Pas sûr…mais ça fera rentrer des sousous dans la popoche des héritiers.
21/05/2026 at 10:14
Ça a quand même un côté potache, mais oui, ça modernise. Quant aux héritiers, je préfère filer des sous à ceux de Morris et de Gosciny qu’à l’équipe de Moulinsart.
21/05/2026 at 13:06
Je ne savais pas que ça existait, en plus ça tombe bien, je cherche des trucs en français regardables avec mes enfants mais… je viens de regarder la bande-annonce et… le phrasé des personnages… C’est moi où tous les acteurs français de moins de 40 ans (50 ans) ont maintenant cette façon insupportable de parler ? Genre plus je parle vite sur un ton monotone plus j’ai l’impression que ça donne de l’épaisseur à mon personnage.
21/05/2026 at 15:57
Ah oui, le Mal Français… J’ai l’impression que c’est le phrasé « théâtre français » et que ça a pourri toute une génération d’acteurs et d’actrices.
22/05/2026 at 14:32
T’es sûr que ça vient du théâtre ? Quelqu’un qui parle comme ça au théâtre, on comprend rien à ce qu’il dit. Justement les acteurs de théâtre ont un phrasé « respiré » (parce qu’ils doivent aussi respirer en parlant), là c’est le contraire, ils parlent tellement vite qu’ils ne doivent reprendre leur respiration qu’entre deux prises.
En tout cas, j’ai regardé, et il est pas dispo au Japon… ce qui est nouveau, avant Disney+ (contrairement à Netflix ou Prime) proposait la même chose dans tous les pays. Faut croire qu’eux aussi se sont mit aux « paywalls géographiques. » L’enshittification ne nous épargnera donc rien.
23/05/2026 at 15:13
Merci pour cette critique, je vais aller regarder ça!