Dream Theater: A View from the Top of the World

Si je voulais donner dans l’apocryphement historique, je dirais bien, en introduction à cette chronique du nouvel album de Dream Theater, A View from the Top of the World, « brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé ». Mais ça ne serait pas très honnête par rapport à cet album qui, lui, l’est. Honnête, donc.

Pour le cas où il serait encore nécessaire de présenter Dream Theater, c’est le groupe américain qui a, sinon lancé, du moins popularisé le metal progressif il y a une trentaine d’années de cela. Quinze albums plus tard, ils sont toujours là, avec leur musique à mi-chemin entre Metallica et Rush.

Le moins qu’on puisse dire sur A View from the Top of the World, c’est qu’on n’est pas volé sur la quantité: septante minutes, avec sept pistes. Les plus courtes dépassent les six minutes, et la plus long, l’epic éponyme qui conclut l’album, fait vingt minutes.

je vais être franc: ce nouvel album de Dream Theater tient plus du passage obligé. Sans aller jusqu’à dire que je n’attends plus grand-chose de ce groupe… non, en fait, je n’attends plus grand-chose de ce groupe. Ce qui est bien, quand on n’attend plus grand-chose d’un truc, c’est qu’il en faut peu pour être agréablement surpris (traduction pour les Romands: déçu en bien).

« Peu », dans le cas présent, c’est une sorte de « retour aux sources ». Pour le dire autrement, sur A View from the Top of the World, Dream Theater fait du Dream Theater. Et, quelque part, c’est ce que j’attendais d’eux.

Alors, oui, objectivement, il n’y a pas beaucoup d’originalité sur cet album. C’est du « Dream Theater 101 »: un metal qui tabasse, beaucoup de mélodie, des démonstrations techniques façon guitar-hero et la voix typique – pour le meilleur et pour le pire – de James LaBrie.

Subjectivement, c’est tout ce que j’aime – ou tout ce que j’ai aimé – dans Dream Theater. Et si, intellectuellement parlant, ça manque d’audace. Au niveau émotions, puissance et tous les trucs qui me font des zigouigouis dans des endroits pas racontables, ça fait le job.

Des pistes comme « Answering the Call », le très progressif « Transcending Time » et « Awaken the Master » sont, à mon avis, parmi les plus réussies de l’album. L’epic final est plutôt bon aussi.

Le reste de l’album est franchement bien. Aucune piste ne pêche réellement. Comme je le disais en intro: honnête. Vous avez acheté un album de Dream Theater, vous avez un album de Dream Theater; ni plus, ni moins.

Après, je comprends que ça en chagrine. Le groupe nous a gratifié de galettes légendaires et on aimerait bien que ça continue jusqu’à l’infini. L’univers ne fonctionne pas comme ça. Quelque part, je me dis que Dream Theater a vieilli en même temps que moi et, fatalement – si je puis dire – il y a des bouts qui ne fonctionnent plus aussi bien qu’avant.

Si A View from the Top of the World ne figurera pas au sommet de la discographie de Dream Theater, il s’installe confortablement dans la moitié supérieure.

Bonus: la vidéo de « Awaken the Master »

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7 réflexions au sujet de “Dream Theater: A View from the Top of the World”

  1. Je le présente lundi prochain, tu m’as coupé l’herbe sous le pied !
    Bon après, comme toi, c’est du Dream Theater, encore que j’ai été agréablement surpris mais pas totalement conquis.
    J’ai bien aimé ‘The Alien’ et le titre album.

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    • Pareil pour moi, si ça n’était pas clair. Et oui, j’ai vu que tu l’annonçais en prochaine chronique à peu près au moment où il passait en ligne; désolé.

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      • Ben tu n’as pas à être désolé. Au contraire, ça m’arrange :
        Le public verra bien que j’ai un avis nettement plus objectif que toi 😉
        J’suis tellement objectif que ça n’intéresse personne.

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  2. De mon côté, j’ai immédiatement accroché. Quel travail sur les mélodies et le côté stratégique, on s’en prend plein la poire. Et quel bouquet final avec le titre éponyme, Un album vraiment réussi !

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