Le rétro-prog, cet ascenseur émotionnel: on s’énerve des sonorités typées vintage et on s’émerveille des mélodies et des émotions. Tout ceci pour vous dire que j’ai écouté le nouvel album de Big Big Train, Woodcut.

Fondé en 1990, Big Big Train est une formation britannique dont l’histoire est encore hantée par l’esprit de son précédent chanteur, David Langdon, brutalement décédé en 2021. Aujourd’hui, le groupe accueille pas moins de sept musiciens et cinq nationalités différentes. Et s’il a encore quelques nettes marques rétro-prog, il tend ici à s’en distancier quelque peu.

Woodcut est le seizième album du groupe et il compte d’ailleurs seize pistes, pour une durée totale de soixante six minutes. La plupart des compositions sont plutôt courtes, surtout en ce qui concerne du prog: le plus souvent entre trois et six minutes, avec quelques interludes plus court et un seul titre de plus de sept minutes.

Ce nouvel opus de Big Big Train est un concept-album sur un artiste qui crée une œuvre si particulière qu’elle lui ouvre un portail vers une réalité parallèle. Le premier qui dit « isekai » a droit à un blâme. Et effectivement, on va retrouver tout au long des compositions des motifs musicaux qui se répètent. Un bon point pour eux.

Musicalement, je trouve que, sur Woodcut, le groupe s’est quelque peu distancé de son côté rétro-prog. Ce qui est probablement une bonne chose. Le revers de la médaille, c’est que je trouve que certaines de leurs influences modernes sont très marquées, parfois trop. Je pense notamment à Neal Morse, quelques passages en harmonies vocales me rappellent beaucoup Haken, et il y a également du violon qui me fait penser à Kansas.

Après, en toute franchise, ce n’est pas si gênant que ça. Principalement parce que les musiciens ont un niveau impressionnant et proposent ici des compositions de qualité qui tapent pile dans la glande progtalamique. Et puis, même si la musique de Big Big Train manque peut-être de personnalité propre, elle est aussi très variée.

J’avoue que j’ai eu un peu de mal au début à entrer dans Woodcut. Beaucoup de mes collègues (notamment JC de Chroniques en Images) lui ont tressé de tels lauriers que j’ai un peu insisté et, au final, j’ai bien fait. Mais si Big Big Train livre ici un album très plaisant, avec des moments de pure brillance, je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un sérieux candidat au titre d’album de l’année.

L’album est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la non-vidéo de « The Sharpest Blade »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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