Il y a des groupes dont le nom est tellement connu dans un milieu qu’il arrive un moment où on se sent obliger de leur consacrer une écoute pour ne pas mourir idiot. Bon, perso, je ne me fais aucune illusion sur ce dernier point, mais j’ai quand même voulu profiter de la sortie de leur dernier album, The Ghost of a Future Dead, pour découvrir At the Gates.

Initialement fondé en 1990, mais ayant connu un gros hiatus entre 1996 et 2007, At the Gates est une formation suédoise de death-metal mélodique, considérée comme une des trois fondatrices de la « scène de Göteborg ». Leur son est plutôt épique, mais surtout agressif, avec des vocaux saturés presque hurlés.

Sixième album studio du groupe, The Ghost of a Future Dead ne compte pas moins de douze pistes pour une totale d’un peu plus de quarante-deux minutes. Le plus long des titres dépasse à peine la barre des quatre minutes et demie; pas le temps de niaiser.

Et, en parlant des vocaux, cet album s’est avéré être le dernier de leur chanteur iconique, Tomas Lindberg, mort des suites d’un cancer en 2025. Ce qui explique le titre de l’album, mais aussi le sentiment d’urgence qui s’en dégage, sentiment reflété dans le format des compositions.

Autant dire qu’il est difficile de ne pas comprendre The Ghost of a Future Dead comme le cri de rage d’un homme face à l’éventualité de sa fin prochaine. Et difficile de ne pas y voir un parallèle avec l’album Hour of The Nightingale. Sauf peut-être dans le traitement musical.

C’est bien foutu, c’est carré, mais je dirais cependant que cet un album qui, pour moi, est plus impressionnant qu’enthousiasmant. J’aime bien le mélodeath, mais plus mélo que death et ici, c’est quand même pas mal bourrin. Ça me rappelle un peu Mors Principium Est, mais avec un côté épique nettement moins prononcé. Pas forcément ma came, donc.

Quelque part, je vois The Ghost of a Future Dead comme un immense monument funéraire en béton sombre. Le genre de vue qui provoque une sorte de crainte viscérale. Je ne sais pas si l’album est représentatif du style de At the Gates, mais en l’état, j’ai du mal à le recommander sans réserve.

Il est disponible sur le Bandcamp de Century Media.

Bonus: la vidéo de « The Dissonant Void »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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