Vraie question. J’entends par là, pourquoi est-ce que cette technologie que l’on appelle « intelligence artificielle », qui me promet des gains de productivité de fou, semble au final – et de mon point de vue – n’être utilisée que pour des trucs à la con?

C’est une vidéo de Javier Mercedes, un vidéaste américain que je suis depuis quelques années et qui m’a apporté pas mal de techniques intéressantes en montage, qui m’a fait me poser cette question. Dans cette vidéo, il présente une option dans la nouvelle beta de Premiere, le logiciel de montage d’Adobe, avec un agent conversationnel qui peut accomplir des actions dans le logiciel. Par exemple prendre des séquences éparses, en sélectionner un extrait d’une seconde (ou moins si l’extrait est plus court) et compiler le tout en une seule séquence continue.

Je vais peut-être vous étonner, mais c’est typiquement le genre d’usage pour lequel je pense que l’IA a un intérêt. L’idée de pouvoir simplement automatiser des actions répétitives et qui demandent somme toute assez peu de décisions créatives. Du coup, un tel ajout dans la boite à outils de Premiere aurait du sens, vu qu’une partie non négligeable du travail de montage implique des éléments répétitifs et chiants.

Par exemple, pour les épisodes de Radio-Erdorin, je passe un temps assez conséquent à créer les « habillages » pour chaque album: la petite séquence d’intro et la vignette en haut à droite de la vidéo. J’aimerais bien avoir un script qui prend toutes les images dans un dossier et crée, pour chaque image, ces deux éléments. Pour le moment, je n’ai rien trouvé qui puisse accomplir cette tache.

Maintenant, là où la vidéo de Javier est intéressante, c’est qu’il montre la puissance de ce nouvel agent, par exemple pour retrouver des fonctions qui sont enterrées sous douze sous-menus abscons, mais il montre aussi ses limitations. Notamment, il faut quand même savoir de quoi on parle, quels sont les termes précis à utiliser. Et, malgré tout, l’actuelle version de cet agent n’est pas complètement fiable – sans parler du fait que certaines tâches sont faites plus rapidement et plus efficacement par un humain. Il montre aussi les limites de ces interfaces en « langage naturel », qui sont en fait tout, sauf naturelles.

En plus, dans le cas d’Adobe, il utilise une technologie appelée « Firefly », qui demande un abonnement différent (parce que BIEN SÛR que je n’allais pas payer plus cher pour avoir de l’IAGen…).

Mais j’ai aussi l’impression que ce n’est pas tant le but du bazar. À l’heure actuelle, la grande majorité des applications de IA générative, ce sont des trucs pour impressionner les managers: répondre tout seul à des emails, faire des résumés de mémos (probablement eux aussi écrits par de l’IAGen), remplacer ces chieurs de créatifs qui coûtent une blinde, etc. Et, de préférence, dans des data centers qui assèchent les nappes phréatiques tout en pompant l’électricité de trois centrales nucléaires.

Les usages utiles et sur des systèmes locaux attendront.

Photo de Eric TERRADE sur Unsplash

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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