Si vous avez lu (ou vu) mon live-report de vendredi, vous savez que je n’ai pas pu y récupérer le nouvel album de Kassogtha, parce qu’il n’est en fait pas encore sorti. Du coup, je me suis rabattu sur le précédent, rEvolve.
Née en 2013 sous le nom de Deus Ex Machina, Kassogtha est une formation suisse, genevoise même. Elle se définit comme du death-metal progressif et, sur cet album, c’est assez net. Le chant est féminin, surtout saturé, mais avec d’assez nombreux passages en clair.
Deuxième album plein format du groupe, sorti en 2022, rEvolve compte neuf pistes et dure une heure. Les compositions sont étonnamment longues: entre cinq et sept minutes, avec un dernier titre de près de dix minutes.
À la base, quand on parle de death-metal progressif, la plupart de gens pensent que c’est un oxymore. Je ne peux pas entièrement leur donner tort, mais pour ma part, je mettrais plutôt en avant la notion de contraste.
Et, de ce point de vue, rEvolve est un peu un cas d’école. Il y a des passages de pure agression et d’autres beaucoup plus mélodiques. Stephany Hugnin, chanteuse et co-fondatrice de Kassogtha, en est la première illustration, avec son chant saturé contrebalancé par des éléments en clair.
J’utilise souvent la vieille analogie (Almanach Vermot 1937) du pâté d’alouette pour ce genre d’album. La recette du pâté d’alouette, c’est une alouette, un cheval. Quand on parle de death-metal progressif, j’ai l’impression que le prog tient le rôle de l’alouette et le death-metal, c’est le cheval. C’est logique: c’est un peu bourrin. Mais dans le cas présent, c’est quand même un peu plus équilibré.
Soyons franc, rEvolve est nettement plus un album death-metal que prog. La plus grande part de l’album, c’est du tabassage en règle. Ce qui n’empêche donc pas des parties plus mélodiques, mais sur ce plan, ne vous attendez pas à du Wilderun ou même du Opeth.
Au fait, rEvolve est un concept-album, qui parle du combat d’une personne contre ses démons intérieurs. Et si je le mentionne, c’est aussi pour signaler que j’ai entendu pas mal de thèmes musicaux récurrents; je peux me tromper, mais il me semble bien que plusieurs des pistes ont des éléments musicaux qui se répondent. C’est surtout marquant sur les deux dernières pistes: d’abord « Plume », qui enchaîne sur « Save Us ». Les deux forment une conclusion épique de plus d’un quart d’heure.
Kassogtha et moi, c’est une histoire un peu bizarre. Je suis le groupe depuis ses débuts et, même si, objectivement, ce n’est pas mon style de prédilection, je lui trouve pas mal d’aspects très intéressants. Et c’est particulièrement marquant sur rEvolve. Il y a clairement des aspects prog qui me parlent beaucoup et un jeu de contraste aussi très cool. Du coup, je le recommande aux amateurs de variantes de prog-metal les plus brutales et j’attends avec d’autant plus d’impatience le prochain.
Bonus: la vidéo de « Plume »


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