Cette chronique est un rattrapage sur le fil: je n’avais pas particulièrement prévu de parler de ce World Maker, nouvel album de Psychonaut, mais l’insistance de la communauté de Radio-Erdorin a eu raison de mes doutes.

Psychonaut est une formation belge qui, curieusement, ne fait pas du post-hardcore – encore que son chanteur, Stephan de Graef, officie également chez Hippotraktor. Formée en 2013, elle est plus proche du post-metal, avec de fortes influences prog.

World Maker est le troisième album du groupe. Il compte dix pistes pour une durée totale de près de cinquante quatre minutes. La plupart des compositions font quatre à six minutes, sauf une qui approche les huit minutes et une autre de deux minutes et demie.

J’ai donc longtemps hésité, d’autant qu’une première écoute distraite, dans les transports en commun, ne m’avait pas particulièrement marquée. J’ai bien fait d’insister, parce que cet album est particulièrement riche.

De nos jours, quand on pense au post-metal, The Ocean est une des premières références qui vient à l’esprit. Ce n’est que particulièrement vrai chez Psychonaut, ou à tout le moins sur cet album.

En effet, World Maker est moins dense et, aussi, moins agressif que les titres du collectif berlinois. Il y a par exemple des passages avec des vocaux saturés (par exemple sur « All in Time » ou « Endless Erosion »), mais ils sont loin d’être en majorité sur l’album. À dire vrai, il y a beaucoup plus de compositions qui m’ont rappelé Haken, voire du prog plus ancien (la partie centrale de « Stargazer », notamment).

World Maker a été créé dans un contexte particulier, entre l’annonce d’une naissance et celle d’une grave maladie chez les parents de deux des musiciens du groupe. Ça se ressent dans un côté introspectif de la musique, mais aussi dans l’intensité des compositions.

Tout ceci fait de World Maker un excellent album, qui va prendre une petite place dans le top post-rock. Avec Psychonaut, la Belgique confirme son rang de nation majeure de la scène post-metal (et post-hardcore).

L’album est disponible sur Bandcamp.

Bonus: le stream de l’album complet, parce que les extraits, c’est pour les faibles

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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