« Perhaps the Stars », d’Ada Palmer

Comment faire la guerre quand on a connu plus de trois siècles de paix? C’est la question que vont très rapidement se poser les protagonistes de Perhaps the Stars, quatrième et dernier tome de la série Terra Ignota d’Ada Palmer.

La guerre, donc. Annoncée, partiellement anticipée dans le précédent tome, aptement nommé The Will to Battle, elle va finir par se déclencher et entraîner cette utopie de l’an 2454 dans une guerre mondiale comme nulle autre avant elle.

Et autant dire qu’avec plus de huit cents pages, cette guerre va être plutôt épique. Ce qui est plutôt une bonne chose, après un troisième tome sur le thème de l’attente.

Un des points centraux de cette histoire, c’est que les adversaires vont devoir réinventer les règles d’un conflit global dont ils ont à peu près tout oublié: comment reconnaître combattants et non-combattants, comment gérer les prisonniers de guerre, comment minimiser les pertes parce qu’on n’est pas des sauvages, etc. Et comment gérer l’après, aussi.

Il y a aussi beaucoup de retournements et de révélations qui changent l’éclairage sur certains participants de cette guerre. Ce n’est pas toujours très crédible – disons que ça apporte un côté pulp, avec beaucoup de nomen est omen, des parallèles plus ou moins meta avec L’Illiade et L’Odyssée, et un Grand Méchant qui se révèle en faisant « Muhaha! », dont je ne sais pas trop si c’est voulu ou non – mais au moins ça bouge.

L’autre bonne nouvelle, c’est que dans Perhaps the Stars, Ada Palmer abandonne en grande partie ses figures de styles façon XVIIIe siècle. Pas complètement, mais suffisamment pour m’éviter une entorse du nerf optique.

Par contre, il est temps que cette série se termine. L’univers de cet avenir utopique est excellent, l’intrigue se tient, les personnages sont complexes et plutôt attachants, mais si les figures de style sus-mentionnées (plus les jeux sur le genre des personnages) sont amusantes au début, elles deviennent rapidement envahissante.

Il y a deux-trois choses qui me chagrinent également: la présence de « surnaturel » qui n’est jamais complètement expliqué et qui fait très artificiel, ainsi que quelques événements – dont la mort d’un antagoniste majeur – qui sont passés en mode turbo-hophophop. J’ai peut-être raté des trucs, mais on en revient à cette question persistante de la forme: difficile de se concentrer sur ce texte.

Arrivé à sa conclusion, j’avoue que je suis un peu déçu par Terra Ignota. Disons que, sur la foi des deux premiers tomes, c’était parti pour être une série majeure. Là, à la fin de Perhaps the Stars, je me dis qu’elle aurait pu se terminer en trois tomes – voire en quatre, mais beaucoup plus courts – sans qu’on y perde beaucoup.

Ça reste de la très bonne came, surtout dans cette idée de décrire un avenir utopique, ses côtés sombres et ses échecs. Mais c’est un peu comme si l’autrice avait volontairement écrit quelque chose d’abscons, d’élitiste, pour désarçonner les lecteurs occasionnels. C’est peut-être trop réussi, pour le coup.

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