« The Will to Battle », d’Ada Palmer

Ça faisait longtemps. Oui, je sais, je l’ai déjà dit dans le billet d’hier, mais The Will to Battle d’Ada Palmer, troisième tome de cette série Terra Ignota, ça doit bien faire trois ans que je l’attends. Enfin, pas exactement: je l’avais déjà depuis un moment, mais j’attendais la sortie du quatrième et dernier tome avant de l’attaquer.

Retour donc en 2454, année funeste qui verra la fin des trois siècles de paix. Peut-être. Encore faut-il pour cela que les protagonistes se déclarent et qu’ils réapprennent à faire la guerre.

Cela dit, les raisons ne manquent pas. À commencer par le fait que la paix s’est construite sur un monceau de cadavres « accidentés ». Et que, du coup, le monde se divise entre ceux qui pensent que c’est le prix à payer et ceux qui pensent que c’est inacceptable.

Sans parler de J.E.D.D. Mason, créature étrange, quasi-dieu autoproclamé dans un monde où la religion est reléguée dans des « réserves », qui cherche à réformer la planète et son système de « Ruches », que celle-ci le veuille ou non.

Au milieu de tout ça, on retrouve Mycroft Canner, narrateur et chroniqueur de cette période étrange, où la guerre semble inévitable mais où personne ne sait très bien comment commencer. Et aussi tueur psychopathe, ou peu s’en faut.

The Will to Battle a quelques avantages pour lui et pas mal de défauts qui le plombent. Pour lui, il y a un univers impressionnant, une utopie solide en apparence, mais qui montre ses faiblesses – faiblesses très, voire trop humaines. Une construction du récit qui amène ce monde vers une catastrophe annoncée.

Le souci est surtout dans la forme. Mycroft Canner semble avoir sérieusement abusé des écrits du XVIIIe siècle et son récit se perd souvent dans des dialogues entre les protagonistes, certes, mais aussi entre lui-même, le lecteur et Thomas Hobbes. Oui, le penseur anglais du XVIIe siècle.

Disons-le, c’est lourd. S’il n’y avait que ça, la lecture serait encore agréable, mais The Will to Battle apparaît clairement comme un tome de transition. Il est probablement indispensable à l’intrigue du cycle Terra Ignota, mais en lui-même, il consiste principalement en l’attente d’événements sur lesquels les protagonistes semblent n’avoir que très peu d’influence.

Je dois avouer qu’autant les particularités stylistiques m’avaient amusé dans les deux premiers tomes, autant sur celui-ci, j’ai eu l’impression de sauter beaucoup de passages. Compte tenu du temps attendu avant d’enfin pouvoir ouvrir ce livre je suis un peu déçu.

Du coup, j’ai commencé la lecture du dernier volume, Perhaps de Stars, qui est deux fois plus long que celui.-ci. Mais au moins, le style semble moins tarabiscoté. On verra.

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2 réflexions au sujet de “« The Will to Battle », d’Ada Palmer”

  1. Oh la la… pas encore eu le courage de me plonger dans “Perhaps the stars”, déjà parce que j’ai très peu de souvenir des détails de l’opus précédent … je sens que je vais galérer 😀

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    • Je l’ai commencé. Il fait un peu peur avec ses 800 pages, mais pour le moment, il se lit beaucoup plus facilement que The Will to Battle. Et en plus, il y a pas mal d’idées assez brillantes sur le point de vue “comment faire la guerre quand on ne sait plus comment”.

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