Enfin, un nouvel album des Sister of Mer… ah non, tiens: c’est Moonspell. Bon, ce n’est pas la première fois que le groupe portugais vient émuler le mythique groupe gothique, mais Far from God va particulièrement loin dans le concept.

Moonspell est donc une formation née dans les environs de Lisbonne autour de 1989 sous le nom de Morbid God, avant de prendre son nom actuel en 1992. Longtemps classée dans le death-metal (plus ou moins mélodique), elle a flirté avec plusieurs genres, donc le metal gothique dont elle se pare ici.

Il y a des signes qui ne trompent pas: Far from God est le treizième album studio du groupe. Sorti cinq ans après Hermitage, il dure un peu moins de trois quarts d’heure et compte huit pistes de longueur similaire, entre cinq et six minutes.

Il y a dix ans, avec Extinct, Moonspell était déjà aller hanter les terres du rock gothique. Après un chapitre plus metal sur 1755 et l’épisode floydien de Hermitage, cet opus est une sorte de retour aux « sources » (celles du Styx, probablement). Je dois avouer n’avoir que des souvenirs flous de l’opus de 2015, mais j’ai l’impression que celui-ci va encore plus loin dans le sisters-worship (en tout bien tout honneur – ou pas, en fait).

Et si je parle au début de metal gothique, je trouve que Far From God ne l’est somme toute pas tant que ça – metal, donc. Certes, il y a des sonorités un peu mordantes (« Your Promise of Light ») et Fernando Ribeiro qui hurle sur certains passages (« Biblical » ou « The Great Wolf in the Sky »), mais quand on écoute ne serait-ce que la première piste, « Cross Your Heart » (ou le morceau-titre qui suit), on peut se permettre quelques doutes sur la nomenclature.

Cela dit, les termes sont une chose, la musique en est une autre, alors qu’en est-il. Eh bien il en est que j’aime bien. Ce qui ne devrait pas être une surprise pour les gens qui suivent ce blog depuis un moment – même pas si long, confere ma chronique de Cemetery Skyline. Car oui, même si à l’époque je n’étais plus tout à fait un teenager, j’ai eu ma période gothique, entre les Sisters of Mercy précitées et les Fields of the Nephilim, pour ne citer qu’eux.

Histoire d’y aller à fond dans le gothique de concours, le groupe souffre même la présence d’un violoniste sur « The Great Wolf in the Sky ». Mais, globalement, Far from God a tendance à devenir de plus en plus metal en allant vers la fin. Après, si l’écoute est agréable, je sens quand même un certain classicisme dans l’exercice, une absence de surprise.

Ce virage de Moonspell n’en est donc pas vraiment un et, de plus, il se fait vers des rivages pour lesquels j’ai une affinité notable. Du coup, même si j’attendais quelque chose de plus méchant, je trouve ce Far from God plutôt satisfaisant. Techniquement, il est même bon, voire très bon, mais j’ai quand même du mal à être entièrement conquis.

Il est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la vidéo de « Cross Your Heart »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Pour soutenir Blog à part / Erdorin:

Blog à part est un blog sans publicité. Son contenu est distribué sous licence Creative Commons (CC-BY).

Si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire des micro-dons sur Ko-Fi, sur Liberapay, sur Patreon et sur Ulule.

Mastodon