Ah, la série Les Maîtres de l’Univers, qui passait à la télé quand on était gamins, vous vous en souvenez? Ben moi non, je crois bien que je n’en ai jamais vu un épisode, mais j’avais entendu tellement de bien de sa récente en adaptation en film, Masters of the Universe, que je me suis laissé tenter. Eh ben, vous savez quoi? J’ai bien fait.

Tout commence sur la planète Eternia, où le (très) méchant Skeletor attaque le royaume des Gentils pour s’emparer du Pouvoir Absolu, ou un truc du genre. Adam, le fils du roi, prend l’épée qui symbolise le pouvoir en question, passe un portail qui l’envoie sur Terre et… perd l’épée. Quinze ans plus tard, il végète dans un job aux ressources humaines d’une boîte quelconque, raconte à qui veut l’entendre qu’il est le prince perdu d’une improbable planète et il cherche son épée; c’est la lose, si ça trouve, tout le monde le prend pour un rôliste.

Sauf que l’épée en question, il va la retrouver (non sans mal) et repartir sur sa planète. En pleine guerre. Avec sa chemise rose. Oui, parce que le Adam en question, ce n’est pas exactement un combattant émérite. Alors quand il va se retrouver face aux sbires de Skeletor avec ses p’tits bras pas musclés, ça va être un chouïa compliqué. Mais comme il a l’épée (le Pouvoir Absolu, vous vous rappelez?), il va se métamorphoser en gros tas de muscles (avec une épée) et va balayer le plancher avec les sbires. Parfois littéralement.

Si j’ai l’air un peu de me moquer, comme ça, sachez que le film aussi. Les scénaristes auraient pu tenter de revisiter le matériau original en mode grimdark, avec des méchants-pas-si-méchants ou que sais-je, mais non: full premier degré ou presque.

Le trait de génie, c’est d’assumer que les noms débiles des personnages (ahem… Fisto), c’est juste le Adam qui a dix ans qui ne se rappelle pas des noms et qui les reconstruit dans sa mémoire, pendant son exil. Et que, oui, le monde d’Eternia, il est comme ça: des Héros très Valeureux contre des Méchants très Méchants, zéro justification. Skeletor il est méchant Parce Que – et il kiffe.

Et ça fonctionne! Avec en prime Adam qui est vraiment au centre de la narration, même avec son côté bodybuildé un peu débile: il est à la fois le candide par les yeux duquel on découvre le monde et celui qui, dans le même temps, le recrée à son image – ou à l’image du lui gamin. Ça se moque, mais jamais méchamment: ça ressemble à un truc pour gamin de dix ans parce que c’est diégétiquement un truc de gamin de dix ans.

Alors oui, le bazar ressemble à un clip de Gloryhammer de plus de deux heures (y compris pour la musique, qui est au demeurant pas mal, même si ça fait un peu « metal de chez Wish »), mais c’est fait avec du cœur et du cerveau (en tout cas un peu). Et mention spéciale pour le caméo de Dolph Lundgren: c’est du grand art.

Bonus: la bande-annonce

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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