Je tiens à vous prévenir tout de suite: au vu de l’état de ma liste de lecture, octobre est parti pour être très post-rock et post-metal. Pour preuve, il commence avec Snowdrop, le nouvel album de Mono.
Formé en 1999, Mono est un quatuor japonais de post-rock instrumental, considéré comme un des piliers du genre. Sur cet album, il s’appuie aussi sur des influences néoclassiques, avec d’importantes parties orchestrales.
Snowdrop est le treizième album du groupe. Il dure un peu moins de cinquante minutes et compte huit pistes, entre quatre et huit minutes – dont trois de plus de sept minutes, tout de même.
Mono est un groupe qui a une tendance naturelle vers les mélodies blindées d’émotion, souvent tristes et mélancoliques. C’est particulièrement le cas sur ce nouvel opus, qui a été écrit comme un hommage à Steve Albini, leur producteur de longue date, disparu en 2024. La première image du clip de « Gerbera », où on voit quatre fleurs posées sur ce qui ressemble à une pierre tombale, est à cet égard très parlante.
Le fait est que, sur Snowdrop, ces émotions, aussi tristes et pesantes soient-elles, ont tendance à se métamorphoser en explosions de vitalité au terme de montées en puissance lentes, mais inexorables. Paradoxal? Peut-être, mais aussi un moyen de dire que la vie continue. Malgré tout.
La musique de Mono mélange ici les montées en puissance du post-rock avec l’intensité d’une orchestration classique. Ce n’est jamais très violent, mais c’est souvent très spectaculaire, avec un côté cinématique très marqué. Il y a un côté modeste à leur musique, épique sans être démonstrative.
Après, pour un groupe qui faisait du post-rock avant que ça ne soit cool, il n’est pas très étonnant que Mono soit encore au sommet de son art. Snowdrop est un album apaisé et magnifique.
Il est disponible sur Bandcamp.
Bonus: la vidéo de « Gerbera »


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