MFK2, tome 1

Je vous l’avais promis, voici donc la chronique de MFK2. MFK? Mutafukaz, bien sûr. Sept ans après la fin du premier cycle, on retrouve Lino et Vinz, toujours à Dead Meat City. Mais pas pour longtemps, puisque ce ce premier tome (sur trois prévus) s’intitule Leaving DMC.

Pourtant, le duo avait pu croire reprendre une vie tranquille dans leur ghetto. Mais le restaurant à sushis dans lequel Lino travaille comme livreur est attaqué par des fous furieux surarmés, qui pensent y libérer des enfants retenus par un réseau pédophile.

Ça vous rappelle quelque chose? Normal: MFK2 se déroule dans un miroir déformant de l’Amérique. On apprend qu’un magnat nommé Krupp se lance à l’assaut de la présidence (tenue par une femme noire), pendant qu’une nébuleuse conspirationniste nommée Omega attise les flammes à coups de rumeurs malsaines.

N’oublions pas les extra-terrestres, toujours tapis dans l’ombre. Genre, la face cachée de la Lune.

Le problème, c’est que l’attaque va forcer Lino à réveiller les pouvoirs enfouis en lui. Et ça va se voir. Et, du coup, plein de gens vont lui courir après. Et c’est parti pour un road-trip en camping-car poucrave, dans l’arrière-cour du Rêve Américain.

Au passage, on va apprendre deux-trois choses sur Vinz, qui pourrait réserver quelques surprises. Il est… j’allais dire « moins innocent qu’il n’en a l’air », mais quand on a un crâne enflammé en guide de tête, c’est difficile d’avoir l’air innocent à la base.

On retrouve dans MFK2 l’univers graphique de Mutafukaz, très street/tattoo/West Coast, mais ce dernier va assez rapidement intégrer un style « Amérique profonde », avec pubs et autres éléments graphiques plus ou moins incongrus intégrés dans le découpage des planches.

On retrouve aussi le goût de l’outrance de Run, scénariste et dessinateur de la série: outrance scénaristique, déjà mentionnée, mais aussi graphique. Outre la violence omniprésente et les références visuelles, je note une volonté assez nette de faire exploser les codes traditionnels de la BD.

Et du coup, je retrouve aussi dans MFK2 mon sentiment ambigu envers Mutafukaz. Ça fait partie de ces œuvres que je trouve plus impressionnantes qu’enthousiasmantes. Il y a presque autant de trucs que je trouve géniaux que d’aspects qui me rebutent – parfois dans la même page, voire la même case.

Ça ne m’empêchera pas de lire la suite, mais autant que vous soyez prévenus: MFK2, à l’instar de son prédécesseur, c’est du barré de chez barré. Pour public averti. Alors vous voila avertis.

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