Peut-on réellement parler de « supergroupe » quand quatre des cinq membres viennent de la même formation? On va dire que oui, par facilité et aussi parce que je n’ai pas forcément envie de me battre contre Lex Legion. Déjà, ils sont cinq et ils ont l’air beaucoup plus méchants que moi.

Donc, Lex Legion, c’est quatre-cinquièmes du King Diamond de la fin des années huitante, avec en prime l’ancien batteur de Motörhead et Scorpions derrière les fûts. Et si le projet est tout récent, ça fait quand même pas mal d’expérience derrière. Musicalement, le groupe propose un heavy-metal teinté de shock-rock aux thèmes occultes, qui me rappelle un peu le Fates Warning des débuts.

Lex Legion présente ici son premier album (qui, par tradition, porte comme titre le nom du groupe). Il fait dans le direct: neuf pistes entre trois et cinq minutes, un poil moins de trente-cinq minutes et pis c’est tout.

King Diamond fait partie de ces groupes que je ne connais que de nom; je pensais en avoir écouté un album, mais j’avais confondu avec Master of Disguise, de Lizzy Borden (j’avais juste sur la période; au moins ça).

Mais en l’écoutant, je ne me suis pas senti particulièrement dépaysé: c’est une musique venue en droite ligne de la fin des années huitante, dans la lignée de groupes comme Fates Warning (période The Spirit Within / Awaken the Guardian), voire Queensrÿche, mais en moins prog et avec une production sérieusement modernisée.

Soyons clair: l’accent des compositions est nettement mis sur l’énergie. Ce sont des titres qui ont la patate, qui envoient du bois, qui font parler la poudre, tout ce que vous voulez comme métaphore explosive. C’est certes moins bas du front qu’on pourrait le craindre, mais le but n’est pas d’enquiller des constructions complexes, des signatures rythmiques non-euclidiennes et des soli pour guitaristes à trois bras. C’est simple, direct, carré, très bien fait et ça a même le bon goût de ne pas s’attarder; que demander de plus?

Selon l’expression consacrée, Lex Legion n’a pas inventé la poudre, mais ils savent la faire parler par barils entiers. Il me semble que c’est David Deviliers qui m’avait invité à écouter l’album (en appâtant sur le thème « y’a l’ancien chanteur de Pagan’s Mind ») et, si je ne le regrette pas, je dirais que c’est un album qui est à mon avis plus anecdotique que marquant, mais clairement pas désagréable non plus.

Il est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la vidéo de « Sleep Eternally »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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