Et si les théories conspirationnistes étaient vraies? Ou, pour être plus précis, si elles pouvaient devenir vraies si suffisamment de personnes y croient? Et s’il y avaient une institution secrète au sein du gouvernement américain pour empêcher ça? Ce serait The Department of Truth, titre d’une série de romans graphiques particulièrement secoués.
J’en avais entendu parler via Gromovar, il y a pas mal de temps déjà, et j’ai profité de mon récent passage à Paris (où il y a encore des librairies qui vendent des comics en VO) pour ramasser les deux premières volumes. Celui-ci, le premier donc, appâte déjà par un titre, The End of the World, que l’on comprend rapidement être un peu trop littéral.
En effet, tout commence avec l’agent Cole Turner qui, au FBI, traque les conspirations et se retrouve à infiltrer un congrès de platistes (ceux qui croient que la Terre est plate). Or, ces derniers l’embarquent pour un voyage… au bord de la planète, là où se dresse un immense mur de glace. On le retrouve quelques temps plus tard, embauché par le Department of Truth et par son énigmatique (et caractériel) directeur, un certain Lee Harvey Oswald…
Sur le papier, The Department of Truth avait beaucoup de choses pour me plaire. Les thématiques de l’histoire en général, mais plus encore de l’histoire cachée, du pourvoir du storytelling et, par la même, des conspirations, ça m’intéresse pas mal. Bonus pour la notion de la réalité consensuelle (coucou les joueurs de Mage: L’Ascension). Généralement, quand on écrit ça, c’est que l’exécution pêche.


On ne va pas se mentir, c’est un peu le cas, mais c’est surtout dû au style graphique. Martin Simmonds propose en effet un dessin brutal, comme écorché vif, avec des visuels de cauchemars qui se superposent sur des collages, des grattages, des brossages et tout un cas d’effets très chaotiques. Je ne suis pas fan.
Mais. Mais je dois reconnaître que c’est un style qui colle au propos, à savoir le scénario de James Tynion IV. Parce que, mine de rien, la question que pose The Department of Truth, c’est bien celle posée presque quarante ans plus tôt par une autre bande dessinée: Quelle réalité, papa?
Après la lecture de ce premier tome, je suis donc un peu mitigé. The Department of Truth promet beaucoup, avec des enjeux énormes et des personnages qui, au final, paraissent insignifiants en regard de ce qui se passe. J’ai le deuxième tome pour me décider de si je veux lire la suite ou non.


04/08/2026 at 12:04
J’ai découvert il y a quelques mois aussi, et je suis très fan. Note que ce ne sont pas des « romans graphiques » mais bien une série continue.
Perso, j’adore vraiment les graphismes, et ils collent parfaitement à l’histoire (dans le deuxième volume, il y a des dessins plus « normaux » et ça casse un peu l’ambiance je trouve).
Et je pense que c’est vraiment un truc qui se lit sur la longueur, ce premier volume c’est juste une mise en bouche. J’en suis au troisième volume (j’en suis au troisième volume, d’ailleurs, faudrait que je m’y remette, j’avais fait une pause) et le « rabbit hole » est vraiment profond, j’en vois encore pas le fond.
04/08/2026 at 14:42
Je note pour « roman graphique »; pour moi, ça voulait dire « tout ce qui est BD US mais pas pas comics de superhéros ».
Sinon, oui, le style est très raccord avec l’histoire, mais ça rend quand même le bigntz super difficile à lire.
05/08/2026 at 09:35
C’est surtout un terme marketing, donc à définition variable, mais à la base, « graphic novel », ça veut dire une histoire complète (comme un roman) à l’opposé des séries continues comme c’est d’habitude la norme aux US.
Comme c’est surtout des éditeurs indépendants qui en publiaient dans les années 90 quand ça a commencé à gagner en popularité, c’est un peu synonyme de BD US indépendante ; mais c’est probablement surtout parce que les éditeurs indépendants n’avaient pas les moyens (à part Image Comics) de publier des séries continues.
Mais on peut considérer Watchmen comme un graphic novel, alors que c’est publiée par DC et qu’il y a des super héros. On peut même considérer des trucs comme la mini-série « God Loves, Man Kills » comme un graphic novel, même si ça s’insère dans un univers bien plus grand (celui des X-Men en premier et encore plus grand celui de Marvel).
Mais bon, il n’y a pas de règles gravées dans la pierre. Un peu comme les Occidentaux qui appellent « manga » dans leur langue les BDs japonaises et exclusivement les BDs japonaises. Vu d’ici, ça m’a toujours fait bizarre. Pour un Japonais parlant japonais, X-Men ou Astérix sont des manga et pour un Japonais parlant anglais ce sont tous des « comic books » et One Piece aussi.
05/08/2026 at 09:43
Je vois. Je me basais surtout le fait que j’avais toujours vu Elfquest être qualifié de « graphic novels ». D’ailleurs, techniquement, des romans en plusieurs tomes, ça existe.