« Le jour où l’humanité a niqué la fantasy », de Karim Berrouka

Le dernier roman de Karim Berrouka, Le jour à l’humanité a niqué la fantasy, commence par le plan cul d’Olga qui fait l’hélicobite incendiaire dans son salon. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai: il y a aussi la prise d’otage dans une médiathèque. Ces deux épisodes impliquent des lutins d’un mètre huitante-cinq.

Ces deux lutins et trois autres congénères forment la première vague d’une invasion de la réalité par les forces de la fantasy qui n’ont pas du tout apprécié que l’humanité réécrive leur histoire, mais aussi leurs apparences. Du coup, les fées ressemblent à des machins globuleux qui volètent dans les forêts de la Creuse.

Face à cette invasion, Olga et sa copine Margo vont faire face, avec l’aide de Saint Baptiste et de son démon, gardiens autoproclamés de la réalité. Il y a également un quatuor d’auteurs kidnappés aux Imaginales et – avec trente ans d’écart – un groupe punk. L’humanité est sauvée!

Depuis le temps, vous devriez savoir que Karim Berrouka n’écrit pas de la fantasy à la papa. Disons que c’est un auteur qui a un certain côté punk. Pas seulement parce qu’il est aussi le parolier de Ludwig von 88, ni même parce qu’il y a souvent des punks dans ses histoires, mais aussi parce que ses romans (et aussi ses nouvelles) sont chaotiques.

Et chaotique, Le jour où l’humanité a niqué la fantasy l’est très certainement. Les créatures féériques mettent le zbeul un peu partout où elles passent, les punks aussi, mais dans l’Affre-monde – ce qui a petit côté Stranger Things, mais avec des punks. Et, de façon générale, Karim Berrouka s’amuse en faisant à peu près n’importe quoi.

Je suis méchant sur ce dernier point, mais l’intrigue est pas mal décousue, avec les chapitres qui passent d’un personnage – ou groupe de personnage – à un autre. Et, pour être très franc, c’est du n’importe quoi qui est plutôt distrayant. Là encore, c’est très punk, quelque part.

Pour l’occasion, Karim Berrouka a embarqué dans l’aventure ses collègues en imaginaire, Li-Cam, Stéphane Platteau, Élisabeth Ebory et Jérôme Vincent dans leurs propres rôles. Oui, parce que, tant qu’à taper sur la fantasy, autant le faire avec des potes.

Le jour où l’humanité a niqué la fantasy me laisse finalement un peu perplexe. Je ne peux pas nier que j’ai aimé cette lecture. L’idée de prendre à contre-pied les clichés de la fantasy et de dézinguer en même temps les Gardiens du Temple (parfois littéralement) est assez réjouissante.

Dans le même temps, c’est très auto-référent – c’est un peu le but de l’exercice, vous me direz – et parfois lourdingue. Les tournures de phrases des créatures féériques sont amusantes au début, mais assez rapidement ça m’a fatigué.

En fait une fois encore, ça colle assez bien avec mon expérience du punk: ça bouge bien, c’est bordélique et c’est rigolo un moment, mais ça finit par lasser quand on n’est pas trop dans le trip. Ou bourré. Ce qui revient un peu au même.

Mais bon, si Le jour où l’humanité a niqué la fantasy n’est peut-être pas le roman du siècle, mais je me suis bien marré quand même.

Autres avis: L’ours inculte, Ombrebones, Au pays des Cave Trolls et plein d’autres

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4 réflexions au sujet de “« Le jour où l’humanité a niqué la fantasy », de Karim Berrouka”

  1. Arf, les livres drôles ne me font pas rire, je vais passer mon tour. J’essaye de finir Foundation (misère, encore un grand classique que je n’arriverai jamais à aimer).

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    • C’est un peu la raison pour laquelle je ne conseille jamais aux gens qui commencent à lire de la SF d’attaquer les “grands classiques”. Ils ont été écrits il y a trop longtemps pour nous parler sans avoir à la base un certain bagage culturel en littératures de l’imaginaire.

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  2. Oui il y a un risque. En fait c’est la seconde fois que je m’attaque au monument. La première fois j’étais ado. J’avais également décroché. Le bouquin est trop politique pour moi je pense, et la politique me gonfle. Par contre la série fonctionne très bien. Pur bonheur.

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