Jouer à la guerre en temps de guerre

Lors de mon récent billet sur World of Tanks – oui, je vais encore parler de World of Tanks, mais juste un peu – un commentaire d’Iceman m’a interpelé. En substance, il disait « dans le contexte actuel, je ne me vois pas y jouer du tout ».

Sur le moment, j’étais plutôt d’accord. Mais en y réfléchissant, je me suis rappelé que je jouais déjà à des jeux comme Hearts of Iron à l’époque de la guerre au Tigray, en Syrie, au Yémen, en Irak ou en Afghanistan. Je jouais déjà à d’autres jeux guerriers à l’époque de la guerre en Yougoslavie, ou de l’invasion du Koweït.

Sans parler du fait que j’ai commencé le jeu de rôle – dont les ancêtres pas si lointain sont le wargame et le Kriegsspiel – à une période de fortes tensions entre les grands blocs, sans parler de toutes les autres guerres plus ou moins oubliées.

Il y a certes des gradations différentes. Effectivement, World of Tanks utilise des cartes aux noms qui évoquent des lieux en Russie ou en Ukraine. Effectivement aussi, c’est une communauté sur laquelle j’ai vu passer des propos fascisants. Le fait que ce soit une société biélorusse n’aide pas – même si, en l’occurrence, elle a pris ses distances avec la politique de son pays.

Je veux cependant croire que, d’une part, le jeu et la guerre sont des activités très anciennes et que, souvent, les jeux évoquaient la guerre. Les guerres n’ont jamais empêché personne de jouer et, quelque part, c’est tant mieux. Et tant que le jeu ne glorifie pas la guerre, moi ça me va.

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas se méfier. Les jeux en général et les jeux vidéos en particulier sont devenus des médias de masse, dans la même mesure que le cinéma ou la littérature, et il n’est pas impossible de voir apparaître des jeux de propagande. Ça existe déjà, d’ailleurs.

J’ai bien conscience que je prêche aussi pour ma propre paroisse ici. D’abord en tant que créateur de jeu, ensuite en tant que joueur. Mais c’est comme pour tout: il faut savoir faire la part des choses. Il est prouvé que, de même que la lecture de romans policiers ne fera pas de vous un criminel, le jeu ne fera pas de vous un tueur psychopathe.

Un jeu vidéo est aussi un moyen d’exorciser ses peurs; même avec le maudit RNG et les équipes de lemmings, on a toujours plus de contrôle dans un jeu de vidéo que dans la vraie vie.

Pour soutenir Blog à part / Erdorin:

Blog à part est un blog sans publicité. Son contenu est distribué sous licence Creative Commons (CC-BY).

Si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire des micro-dons sur Ko-Fi, sur Liberapay ou sur uTip. Je suis également présent sur Patreon et sur KissKissBankBank pour des soutiens sur la longue durée.

1 réflexion au sujet de « Jouer à la guerre en temps de guerre »

  1. C’est assez juste. Je disais au précédent billet n’avoir pas enfilé mon F-16 depuis et en fait ouais,depuis, j’ai commencé à bosser sur l’AH64 vu qu’il est en beta, ça me manquait trop (je parle de DCS donc, pour situer ^^). Et ouais… au final, ça fait du bien.

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.