Et alors qu’on aurait pu se dire que la course à l’Album de l’Année 2026 est pliée, voici que déboule dans le dernier virage Dymna Lotva et son nouvel album, Vyraj. Et, soudainement, du côté de A Forest of Stars, on commence à transpirer…
Fondé en 2015, Dymna Lotva est un quatuor originaire du Belarus. Je dis « originaire » parce qu’il est tellement mal vu par les autorités du pays que le groupe s’est délocalisé en Pologne (via la Russie et l’Ukraine occupée; si vous lisez l’anglais, cet article raconte leur odyssée). En 2025, il a même fait l’objet de poursuites judiciaires. Leur musique hante les frontières entre post-metal et black-metal.
Vyraj est leur quatrième album. S’il ne dure que trois quarts d’heure, avec six pistes entre quatre et cinq minutes, une de sept et une dernière de huit, c’est un album dense.
Comme son prédécesseur, The Land under the Black Wings: Blood, Vyraj (du nom des terres que survolent les âmes des morts et les oiseaux migrateurs, dans les mythologies slaves) ne fait pas dans la tendresse. C’est une musique agressive, sombre et intense, qui ne laisse que peu d’espaces pour reprendre son souffle. Même ses moments plus calmes ont une tension interne.
Un des éléments les plus distinctifs, c’est la voix de Nokt Aeon, la chanteuse, parfois lyrique, parfois en clair, le plus souvent hurlant sa rage à la face du monde. Détail qui a son importance: elle chante en biélorusse; la culture de son pays d’origine est également présente dans quelques éléments de musique traditionnelle, ainsi que dans certains thèmes abordés dans l’album (à commencer par son titre, d’ailleurs).
Dymna Lotva peut paraître ici moins brutal que dans son précédent album, mais c’est une impression qui, à mon avis, est faussée par le fait que l’album est plus court. J’ai le sentiment que les compositions sont plus complexes (oui, ça veut un peu dire « prog ») et également plus maîtrisées. L’ensemble a souvent un aspect épique, même si c’est une face plus sombre que d’habitude.
Je vous avais prévenu en introduction: avec Viraj, Dymna Lotva vient quelque peu bousculer le classement de l’album de l’année. Difficile de dire à ce stade s’il se hissera tout en haut – pas que je veuille faire du suspens, moi-même je ne sais pas – mais c’est en tout les cas un des albums les plus puissants de 2026 et je vous en recommande instamment l’écoute.
Il est disponible sur Bandcamp.
Bonus: la vidéo de « Return My Coffin Home », qui conclut l’album


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