Bon, vu que je vais aller les voir dans un mois, ou peu s’en faut, il serait peut-être temps pour moi de m’intéresser à Kingcrow et, plus particulièrement, à leur nouvel album, Hopium. Il serait temps que je rattrape mon retard, vu que je connais d’eux que l’album Eidos paru en 2015…

Kingcrow est un groupe originaire de la région de Rome, fondé il y a vingt ans, qui propose une musique résolument contemporaine, entre rock progressif, metal progressif et électro. Le style n’est pas sans rappeler Leprous et Porcupine Tree, voire Haken par moments.

Hopium est le huitième album du groupe. Il dure un peu moins de cinquante minutes avec neuf pistes plutôt courtes. En effet, seules trois compositions s’étendent sur plus de six minutes – jusqu’à huit minutes et demie pour le morceau-titre. Il compte également une dixième piste-bonus.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mes souvenirs du précédent opus du groupe étant plus que vaporeux, et Kingcrow m’a déçu en bien. Agréablement surpris, donc.

Alors certes, on est dans des domaines plutôt balisés. On trouve facilement dans Hopium des influences marquées par le metal progressif lyrique et technique de Leprous, mais d’une part les Italiens sont ultra-solides, mais ils jouent également avec inventivité et avec une intensité impressionnante. « Parallel Lines », une des « longues » pistes de l’album, est un exemple, mais je pourrais aussi citer « Losing Game » avec son intro faussement calme (« White Rabbit’s Hole » est un peu comme ça aussi).

Et si je mentionne également Porcupine Tree, c’est que je retrouve des ambiances planantes et un peu mélancoliques sur certains des titres plus lents de l’album. Kingcrow n’hésite pas non plus à aller chercher des sonorités très électro (ce qui me fait parfois penser à Frost*, mais je suis peut-être un peu trop sur mon truc). Ajoutez par-dessus un petit côté Haken dans les vocaux et vous aurez un combo gagnant. Parce que, si pris individuellement, ces éléments n’ont rien de nouveau, le groupe les combine ici avec une efficacité bluffante.

Avec Hopium, Kingcrow a de très bonnes chances de se retrouver dans le top de l’année 2026. C’est en tout cas un des albums les plus convaincants que j’ai écouté en metal progressif – au sens large du terme – cette année et je vous recommande de faire de même, par exemple en allant l’écouter sur Bandcamp. Autant dire que je me réjouis d’avance de les voir au Ready for Prog.

Bonus: la vidéo du morceau-titre

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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