Nous sommes en 1880 et la conquête de l’espace bat son plein. Mais, alors que les grandes puissances commencent à s’intéresser aux lunes de Jupiter, les ambitieux et les désespérés se retrouvent dans la ceinture d’astéroïdes, où rôdent également les pirates. C’est dans ce contexte que commence Les Chants du Cygne Noir.
Les plus perspicaces d’entre vous auront reconnu l’univers du Château des Étoiles, d’Alex Alice. Mais celui-ci propose ici un récit indépendant, qui s’articule auteur de Ben, jeune matelot à bord du paquebot Prince of Wales. Ce n’est d’ailleurs pas un paquebot classique: à sa sortie du port, il s’envole pour l’espace, direction Jupiter! Mais Ben n’est pas non plus un matelot classique: de son vrai nom Benesh, c’est une jeune femme indienne qui veut venger la mort de sa famille, massacrée par un Lord anglais.
Bon, on va commencer par le moment « je suis un geek en carton »: je n’ai jamais regardé Harlock / Albator. Peut-être un bout d’épisode (et le médiocre film Space Pirate Captain Harlock ne compte pas). Je le mentionne parce que, même pour moi, la référence est évidente – et d’ailleurs assumée par Alex Alice: le Cygne Noir du titre, c’est l’Arcadia et la capitaine Lohengrin, c’est Harlock – il y a même le piaf chelou.
Et, d’ailleurs, Les Chants du Cygne Noir enchaîne également les références wagnériennes, puisque la ceinture d’astéroïdes est appelée, dans cet univers, « Ring ». Et elle recèlerait, entre autre ressources, des artefacts de la civilisation qui occupait la planète dont la destruction a donné naissance au Ring. On peut donc dire qu’il s’agit ici de space-opera.
Badoum-tching.



Blague à part, ce premier tome des Chants du Cygne Noir est franchement impressionnant. Édité au format manga – sens de lecture japonais compris, ce qui m’a un peu perturbé (je lis si peu de mangas que je n’ai pas l’habitude) – et avec un trait noir-blanc complètement dans le thème, il prend le contexte déjà très riche du Château des Étoiles et le catapulte très, mais alors très loin. Littéralement, d’ailleurs.
L’univers se développe dans une dimension qui rappelle également The Expanse, mais dans une version steampunk – qui n’oublierait pas le punk, d’ailleurs, les aspects « lutte de classe », le colonialisme et le sexisme n’étant pas mis de coté. Visuellement, c’est une claque, l’histoire monte lentement en puissance, jusqu’à l’attaque des pirates et laisse présager une suite à grand spectacle.
Et si vous n’avez pas lu Le Château des Étoiles, c’est à la fois grave – QU’EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ, BOUDIOU??? – et pas grave, parce que Les Chants du Cygne Noir se lit indépendamment sans problème majeur. Tout au plus, ceux qui suivent cet univers depuis un moment pourront se dire que cette nouvelle histoire répond sans doute à une question ouverte depuis… ben, le début de la série, en fait.
Bref, vous n’avez aucune excuse: lisez Les Chants du Cygne Noir, c’est une de mes plus grosses claques en BD de cette année. Et pour les rôlistes amateurs de Château Falkenstein, c’est de la pure inspi.
Ce billet est aussi publié dans le cadre de l’édition 2026 du Summer Star Wars – Grogu, organisé par RSF Blog.



21/07/2026 at 09:49
Wow. C’est bô. Sur la pile.