Devin Townsend revient! Je ne sais pas s’il n’est pas content, mais je sais qu’il n’est pas seul: deux chanteuses, sept musiciens et un orchestre symphonique (avec son chœur). Et tout ça pour nous proposer son nouvel album: The Moth.

Chanteur, compositeur et multi-instrumentiste canadien, Devin Townsend hante scènes et studios depuis plus de trente ans. S’il est volontiers classé dans le metal progressif, il a exploré une myriade de genre musicaux, du punk à l’ambiante, et propose ici un metal symphonique aux influences multiples.

The Moth est le vingt-troisième album solo du musicien. Il compte la bagatelle de vingt-quatre pistes, d’une longueur oscillant entre une et huit minutes, mais il faut plutôt considérer l’album comme une seule piste de septante minutes, divisée en vingt-quatre mouvements.

Je ne vous cacherai pas que, quand j’ai entendu parler du projet, j’ai été quelque peu sceptique. Certes, Devin Townsend est capable du meilleur, mais sans aller jusqu’à dire qu’il est aussi capable du pire, il a quand même commit quelques opus bien nawak. Et pas le bon genre de nawak. Alors l’imaginer à la tête d’un projet symphonique, c’est pas super rassurant.

Après plusieurs écoutes, je dirais que The Moth n’est sans doute pas le plus topissime des albums du Canadien Fou, mais c’est quand même effort qui mérite qu’on s’y attarde. Accessoirement, au vu de la taille du projet, c’est assez clairement un magnum opus. Je suis un peu moins enthousiaste sur le contenu.

Moins enthousiaste, mais pas déçu non plus. Disons que ce n’est pas la première fois que Devin Townsend nous propose des compositions symphoniques épiques. Et celles-ci sont souvent très réussies (par exemple « Covered by Causes », également la piste la plus longue de l’album).

Mais, d’une part, il y a également des passages qui sont plus discutables dans l’ensemble et, d’autre part, j’ai l’impression que le tout se prend un peu trop au sérieux. Je veux dire, même sur ses photos officielles, il fait prof dépressif, surtout avec ses lunettes. Le Devy qui fait le guignol en tutu et rangers me manque un peu, je dois dire (même si, pour être franc, il se permet de placer une poule et un pet sur « Orion »).

Dans l’ensemble, The Moth est plutôt bien. Il possède des passages franchement enthousiasmants, d’autres plus discutables et, si c’est sans doute l’œuvre la plus ambitieuse de Devin Townsend, je ne la mettrai pas tout en haut de mon panthéon personnel – mais quand même dans le premier tiers.

L’album est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la vidéo de « Enter the City »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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