Pendant neuf albums, The Ocean a exploré les mers au cours des éons. Pour leur dixième opus, le collectif allemand quitte notre planète pour les étoiles, avec Solaris, un concept-album basé sur le film (et le roman) du même nom.

The Ocean (aussi appelé The Ocean Collective) est une formation allemande née il y a vingt-cinq ans autour du guitariste Robin Staps. Ces deux dernières années ont vu de profonds changements dans lés line-up, avec notamment le départ de l’emblématique (et helvétique) chanteur Loïc Rossetti, remplacé ici par un duo composé d’Enrico Tiberi en voix masculine (claire et saturée) et Lane Shi (voix féminine claire). Le groupe continue néanmoins dans sa lignée post-metal, avec ici un gros accent électro.

Solaris est donc le dixième album studio du groupe. Il dure une heure et dix minutes et compte huit pistes, dont quatre entre dix et dix-sept minutes.

À mon corps défendant, j’avais beaucoup lu sur ce nouvel album. Changement massif de line-up, changement de direction musicale annoncé, concept-album ambitieux, longueur habituelle (encore que, pour un album qui flirte avec le prog, c’est plutôt normal). Du coup, j’ai été un peu surpris.

Parce qu’en fait, Solaris ressemble beaucoup à du The Ocean… jusqu’à un certain point en tout cas. Disons que la base post-metal est toujours là, mais il y a quelques parties qui ressemblent plus à du metal progressif et même des parties qui vont emprunter à l’électro et au krautrock (ces dernières surtout vers la fin).

Un des changements les plus notables est l’arrivée de la chanteuse chinoise Lane Shi. Sa présence, couplée au post-metal, me fait immanquablement penser à l’album Mariner de Cult of Luna et Julie Christmas (par exemple sur « Simulacra »). Ce qui est plutôt une bonne chose, vu que je tiens cet album en très haute estime, mais Solaris est quand même pas mal différent.

En fait, je dirais que cet opus tire plus vers le metal progressif que vers le post-metal. De façon générale, sa construction est plus classique, avec moins de parties purement instrumentales, mais avec un réel effort apporté pour la cohérence des pistes – par exemple les trois titres qui concluent l’album, qui s’enchaînent presque sans faille.

C’est peut-être parce que je viens de chroniquer la dernière série Star Trek en date, mais à l’écoute de Solaris, j’ai eu envie de lever un sourcil et lâcher un « fascinant » dépassionné.

J’exagère un peu, mais j’ai l’impression que The Ocean livre ici un album de transition: leur musique évolue vers quelque chose de différent, mais la mue n’est pas encore terminée. Solaris n’est clairement pas mauvais, mais il est assez inégal, avec quelques passages franchement impressionnants, mais aussi des titres moins inspirés. Il faudra voir dans les années à venir comment tout ça va se décanter.

En attendant, l’album est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la vidéo de « Ultima Esperanza »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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