Inglorious Basterds

Le dernier film de Quentin Tarantino, Inglorious Basterds, est un film de guerre sérieux. Ou un film de guerre pulp. Ou un road-movie trash. Ou une histoire de vengeance. Ou un foutage de gueule massif. Plus probablement, tout ça ensemble.

Soyons clair: je me suis plutôt amusé pendant le film: c’est décomplexé, très second degré, ça cabotine à tout va avec des numéros d’acteur d’anthologie (déjà, il y a Brad Pitt, mais Christoph Waltz, qui joue l’officier nazi, l’écrase complètement dans ce domaine). En même temps, il y a des moments où je me suis fait un peu chier, des scènes de WTF complet  et d’autres où le rire ne vient pas sans une impression de malaise.

Je soupçonne que c’est voulu, que Tarantino a fait un film où le spectateur se demande régulièrement si c’est du lard ou du cochon. C’est pour cela qu’au final, je ne sais pas trop si je dois le recommander ou non. Si on est plutôt bon public et qu’on sait prendre un peu de distance (ce qui est parfois difficile dans un film, où l’immersion est un facteur important de l’expérience), c’est sans doute un bon moment.

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“Worldwar”, la tétralogie de Harry Turtledove

Dans le vaste foutoir qu’est le genre science-fiction, il y a un style qui me branche particulièrement, c’est l’uchronie. C’est pourquoi, au détour d’une librairie à Kyoto, je me suis lancé dans la tétralogie Worldwar de Harry Turtledove, l’un des grands maîtres de l’histoire alternative.

En deux mots, une civilisation extra-terrestre débarque sur Terre avec l’intention de coloniser la planète. Problème premier: leurs infos ont huit cents ans de retard et ils n’avaient pas prévu que les autochtones évolueraient aussi vite. Problème second: ils débarquent en 1942.

On suit donc, dans la grande tradition du roman américain, une foultitude de personnages impliqués dans la guerre, en suivant la chronologie des combats; ainsi, on apprend souvent les conséquences d’une opération vécue par un personnage au travers des commentaires d’autres personnages, ce qui permet à l’histoire de se dérouler de façon assez fluide.

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“Le Matin des Magiciens”, de Jacques Bergier et Louis Pauwels

J’ai déjà lu des trucs bizarres, mais je crois que Le Matin des Magiciens, de Louis Pauwels et Jacques Bergier, remporte le pompon.

D’une part, ce n’est pas exactement un roman, même s’il contient des éléments romanesques. Ce n’est pas non plus un ouvrage documentaire, même s’il parle d’événements et de personnages historiques. Ça pourrait être une sorte de manifeste, mais sous une forme particulièrement bâtarde.

Objectivement, c’est un mélange d’apparence assez bordélique de témoignages discutables, d’extraits d’ouvrages obscurs, de théories plus ou moins fumeuses et d’expériences personnelles forcément subjectives. Dans les faits, l’ouvrage se veut une introduction à la « réalité fantastique », un principe qui propose d’injecter du fantastique dans le rationnel pour tenter de le faire avancer.

Autant le dire tout de suite : ce n’est pas jeune (il a été écrit vers 1959-1960, soit il y a un peu moins de cinquante ans) et ça se sent dans le style d’écriture. Quelque part, c’est à peu près aussi daté que les bouquins d’érudition de la fin du XIXe siècle – que ce présent livre fustige, d’ailleurs. À la lecture, ce style s’ajoute au côté bordélique de la structure. En d’autres termes, j’ai connu plus lisible.

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Iron Sky, le projet

En 1945, les Nazis sont allés sur la Lune. En 2018, ils reviennent! C’est le pitch de Iron Sky, un projet de film qui ne peut que faire dresser l’oreille (entre autres) à l’amateur de pulp, d’histoire secrète et de science-fiction barré de la tête que je suis. Comme le machin est en cours de production …

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Le Grand Jeu

Le Grand Jeu est une série de bande dessinée récente, scénarisée par Jean-Pierre Pécau, avec Léo Pilipovic aux pinceaux et Thorn à la couleur, que je suis avec avidité. Les gens qui me connaissent comprendront vite pourquoi.

Dans cette Terre alternative, la France et l’Angleterre ont réussi à contenir suffisamment l’Allemagne nazie en 1940 pour que cette dernière, attaquée par l’URSS, décide de faire la paix. Cinq ans plus tard, Nestor Serge, journaliste français et ancien pilote, se retrouve embrigadé dans un conflit germano-soviétique qui se livre à coups de secrets occultes et d’armes secrètes.

Du coup, cette Deuxième Guerre mondiale ressemble à un rêve humide pulp: des loups-garous, de la magie noire, des engins volants modérément identifiés (jets et soucoupes volantes) et des références littéraro-conspirationnistes en pagaille, c’est une série qui colle au concept “Série B” de la collection éponyme de chez Delcourt.

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1940: La France continue

Ça fait plaisir que je ne suis pas le seul à m’intéresser à des uchronies autour de la Seconde Guerre mondiale! Cela dit, là, je crois que je suis tombé sur une grosse bande de furieux: plusieurs groupes de chercheurs et d’étudiants en stratégie se sont lancés dans une simulation de ce qu’aurait été la …

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Code Guardian

Des méchas, des nazis et des grosses explosions: que demande le peuple? Code Guardian est un petit film en image de synthèse, réalisé à peu près tout seul par un Italien. Ça ne casse pas une grande quantité de briques, mais moi j’aime bien. Note: pour le moment, le site est abominablement lent, alors jetez …

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Hearts of Iron 2: La Deuxième Guerre mondiale pour microgestionnaires

Ça faisait longtemps que je n’avais pas posté de sujet et j’aimerais pouvoir dire que j’ai une bonne raison. Dans les faits, il se trouve que je bosse pas mal ces temps-ci, mais la raison principale est que je passe presque tout mon temps libre sur Hearts of Iron 2.

L’engin est un wargame Deuxième Guerre mondiale sur ordinateur, visiblement conçu par des gens qui trouvait que Civilization est trop simple. On y gère bien évidemment ses armées, à l’échelle de la division, mais aussi toutes les composantes économiques et des éléments de diplomatie. Le niveau de détail est franchement hallucinant: le jeu prend en compte les questions de logistique (une unité est-elle approvisionnée ou non; a-t-elle suffisamment de carburant?), de capacités de commandement, de terrain, de météo (ah, l’hiver russe…), la présence d’un poste de commandement aux alentours, etc.

Pour tout arranger, on doit gérer son propre gouvernement: le meilleur ministre à un poste donné n’aura peut-être pas le meilleur profil politique et ça créera de la dissenssion, donc des problèmes sociaux, donc une baisse de la productivité. On peut aussi influencer ses petits camarades, lancer des coups d’état (enfin, il paraît; je n’y suis jamais arrivé…), faire du commerce.

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