Ayreon: 01011001

En général, le rock progressif ne fait pas trop dans le style rentre-dedans. En général, parce qu’en particulier, Ayreon ne fait pas exactement dans le subtil et le délicat — à part peut-être au niveau musical, et encore — et le dernier opus, sobrement intitulé 01011001, ne fait pas vraiment exception.

Arjen Antony Lucassen, le grand malade derrière Ayreon (ainsi que les projets Star One et Stream of Passion), est un peu le Jerry Bruckheimer du rock progressif: gros son, grosse production et casting pléthorique. On trouve des membres (entre autres) de Pain of Salvation, Dream Theater, Evergrey, ainsi que Bob Catley (Magnum) et Anneke van Giersbergen (ex-chanteuse de The Gathering), etc. À la limite, on pourrait dire qu’il manque Hans Zimmer…

Donc, les ingrédients sont de premier choix, qu’en est-il de la tambouille? Là encore, c’est un peu du Jerry Bruckheimer, en ce sens qu’Ayreon nous ressert un peu les mêmes recettes que sur The Human Equation ou The Electric Castle: du prog-métal symphonique à grand spectacle, de l’opéra-rock à thème SF et de l’emphase par wagons entiers. Ce n’est pas exactement désagréable, au contraire, mais il ressort de ce double album une impression bizarre: il y a de grands moments musicaux, mais l’ensemble manque sérieusement d’originalité. Ayreon fait de l’Ayreon, point-barre.

Lire plus

Dreamscape: 5th Season

Un petit billet, en passant, pour vous parler d’un CD acheté ce week-end: 5th Season, du groupe allemand Dreamscape. L’étiquette, sur la pochette, disait quelque chose du genre “pour les fans de Dream Theater”; il faut entendre par là “… qui n’ont pas peur du plagiat.” Ce n’est pas que ce soit un mauvais groupe, …

Lire plus

Circus Maximus: Isolate

Soit c’est moi qui devient pénible avec l’âge, soit cette année musicale est définitivement à mettre sous le signe de la médiocrité. De la demi-douzaine d’albums achetés ces deux dernières semaines, seul Isolate, de Circus Maximus, parvient un peu à sortir du lot. Et encore! C’est encore un des meilleurs que j’ai écouté ces derniers …

Lire plus

Redemption: The Origins of Ruin

Ce n’est pas peu dire que je les attendais, ceux-là. “Comme le loup blanc” ou “au tournant” est une question de perspective, mais je vais tout de suite être clair: The Origins of Ruin de Redemption ne sera pas mon album de l’année 2007.

À vrai dire, cet album est une petite déception — principalement par rapport aux attentes générées par l’album précédent, The Fullness of Time, qui avait tout déchiré au niveau quantique il y a deux ans. Moins de rage, moins d’urgence; le succès les aurait-il assagis?

(Note: ceci est une question rhétorique. On parle ici d’un groupe de métal progressif qui ne s’appelle pas Dream Theater.)

Moins de cohérence, aussi. C’est peut-être hautement suggestif (comme dans “critique musicale”), mais j’avais l’impression que Fullness of Time avait une cohérence interne — probablemen dû au fait qu’il y avait moins de morceaux et des compositions plus longues.

Lire plus

Redemption: The Fullness of Time

Tiens, j’ai oublié de vous en parler, de celui-là. La dernière surprise musicale de l’été, avant la Grande pause jusqu’à la rentrée (et les hordes de bouses publicitaires dont les médias ne vont pas manquer de nous abreuver), c’est l’album The Fullness of Time de Redemption.

Le groupe, qui n’en est pas à son coup d’essai (un autre album au compteur, que je n’ai pas encore écouté), semble être un de ces projets communs réunissant plusieurs pointures de la scène prog-metal US; on y trouve notamment Ray Adler, chanteur de Fates Warning. C’est d’ailleurs une des références musicales principales: non seulement la voix, mais les textes introspectifs et souvent sombres, sont assez typiques de ce groupe.

Mais Redemption n’est pas un simple clone de Fates Warning (notons au passage qu’on peut cloner nettement plus mauvais, dans le genre…). En fait, ça pourrait être le cousin fantasque de Fates Warning: pas forcément moins talentueux, mais sacrifiant un peu de virtuosité pour un grain de folie bienvenu. La musique est au croisement entre Fates Warning, Dream Theater (pour la pêche et le sens épique des compositions) et Pain of Salvation (pour l’originalité du traitement).

Lire plus

Scenes / Shadow Gallery / Dream Theater — Playlist – 22 juin 2005

Ce sont probablement les derniers arrivages avant l’été, longue période de sécheresse musicale — en ce qui concerne les nouveautés –, mais c’est loin d’être négligeable: un nouveau Dream Theater, le retour de Shadow Gallery et un petit nouveau, Scenes.

Lire plus

Et Dieu dans tout ça?

Dieu est très tendance. En tous cas si j’en crois mes dernières trouvailles musicales.

Or donc, je suis allé faire un tour (en fait, deux) chez mon disquaire préféré, une boutique genevoise microscopique qui a la bonne idée de vendre des trucs que j’aime (et qui en plus n’est pas loin du Paradoxe Perdu; double bonus!).

J’en ai ramené, entre autres blagues, les nouveaux albums de Dream Theater (Train of Thought), Magellan (Impossible Figures), et un album solo de Neal Morse (chanteur de Spock’s Beard; Testimony). Soyons clair: si on est allergique aux références chrétiennes, mieux vaut passer son chemin! Y’en a. Beaucoup. Avec Neal Morse, on entre carrément dans la catégorie “rock chrétien”, ou je ne m’y connais pas.

C’est agaçant.

Maintenant, je ne suis pas allergique aux références chrétiennes. Ce qui est heureux, quand on sait pour qui je bosse. Mais à la longue, ça fatigue. La bonne nouvelle, c’est qu’au moins, on n’est pas trop volé sur la musique: ça reste du prog, avec des vrais bouts de Yes (dans le Magellan) ou de Kansas (chez Neal Morse). Et puis bon, Dream Theater, même quand ils font de la merde (ce qui n’est pas le cas ici), ils dominent quand même la production musicale actuelle de la tête et des épaules.

Lire plus