Fantasia, le nouvel album de Slift, ne sera pas l’album de l’année 2026. Autant le dire tout de suite. Et pourtant, même s’il est pas mal différent de son prédécesseur, j’y ai cru pendant un moment.
Slift est une formation toulousaine, un trio qui, depuis dix ans, explore des galaxies musicales entre psychédélique lourd et prog aérien. Parfois tout ça en même temps. Sur cet album, le groupe a pris une dimension beaucoup plus massive.
Fantasia est le quatrième album du groupe et, déjà, dans son format, on sent que ça ne va pas être le même animal: un poil moins de cinquante minutes, huit pistes dont seule la première dépasse les sept minutes.
Et musicalement, cette différence est évidente dès les premières notes. Oh, certes, on retrouve quelques éléments stylistiques atmosphériques, mais seulement à l’arrière-plan de compositions beaucoup plus brutes et agressives. Alors j’aime bien le contraste, mais là on est clairement dans le domaine de la lutte entre le parpaing et la tartelette aux fraises, pour paraphraser Boulet.
Difficile dans mon cas de ne pas faire de parallèles avec Ilion – Album de l’Année 2024 – mais si je retrouve dans Fantasia des éléments reconnaissables, tout me paraît beaucoup plus frontal, direct. Là où les compositions du précédent opus avaient une certaine distance – en album en tout cas, en live c’était encore autre chose – ce n’est plus le cas ici.
À vrai dire, la pochette aurait dû nous mettre la puce (ou la mite) à l’oreille: exeunt les illustrations de Caza et les graphies élégantes, bonjour les titres en ultra-bold-heavy-black et les photos macro très contrastées, presque abstraites. C’est clairement un écho de la musique. Si les compositions ont encore quelques aspects complexes, leur exécution est à vif, avec une guitare sursaturée et un chant hurlé, dans un style qui rappelle le post-hardcore.
Le mot-clé de Fantasia, c’est l’intensité. Il y a, dans cet album, un sentiment d’urgence, à l’image de notre époque. La dernière phrase de leur texte de présentation est comme une profession de foi: « Slift se prépare pour une bataille qu’ils pensent que nous pouvons encore gagner ».
Soyons clair: Fantasia n’est pas l’album de Slift que j’attendais. Trop frontal, trop lourd presque. Mais il possède quelques éléments qui m’ont bien scotchés, surtout sur les premiers titres (« Corrupted Sky », notamment). Peut-être est-ce l’album dont on avait besoin? Allez savoir…
Fantasia est disponible sur Bandcamp. Allez l’écouter au moins une fois dans votre vie; ça sera peut-être la dernière.
Bonus: la lyric-video du morceau-titre


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