Rôlistement quadra

Tiens, un autre anniversaire pour 2022: ça fait quarante ans que j’ai commencé le jeu de rôle. À quelques semaines près: j’ai souvenir d’une date en août 1982, mais il est possible que ma mémoire me moubourre quelque peu. Une chose est certaine: c’était pendant l’été 1982 que j’ai, pour la première fois, poussé la porte du CLIC, le Club du loisir intellectuel et créatif.

OK, le nom était un peu chelou, mais pas beaucoup plus que celui des clubs de l’époque. Ce qui était nettement plus chelou, c’est le local du club: un ancien commissariat situé à la rue de Berne, la « rue chaude » de Genève. J’ai appris plus tard que ma maman avait envoyé un ami de la famille en éclaireur, parce qu’elle n’était pas très rassurée.

Bon, techniquement, j’avais « découvert » le jeu de rôle un peu avant, par une mention dans le magazine Jeux & Stratégie n° 7 (le fameux n° 4, je ne l’ai eu que plus tard).

J’avais appris, un peu par hasard, qu’un des magasins de jouets de Genève où j’avais parfois acheté des maquettes avait des jeux de rôle. Le magasin en question s’appelait Le Grin de folie, du nom de son propriétaire, Alain Grin, qui était légalement un des fondateurs du CLIC. Tout s’enclenche. Ha ha.

Dans ce club, je me suis retrouvé assez rapidement dans un groupe appelé « La Pépinière », qui avait comme but de former des MJ. En théorie, tous les joueurs devaient devenir MJ à tour de rôle. En pratique, c’était surtout les « anciens » qui tenaient la barre, mais c’est quand même comme ça que je me suis retrouvé pour la première fois derrière un paravent.

Je suppose que je ne surprendrai personne en disant qu’on jouait surtout à Donjons & Dragons. Enfin, Dungeons & Dragons (plus précisément AD&D, première édition), d’une part parce qu’il n’existait pas encore de traduction française (en tout cas pas d’officielle) et, d’autre part, parce qu’une bonne moitié des membres du club étaient des anglophones venus de la Genève internationale. Quelque part, le jeu de rôle a plus fait pour ma pratique de l’anglais que tous les cours scolaires.

Je ne suis pas resté très longtemps au CLIC. D’abord, parce que la cotisation coûtait des sous que je n’avais pas. Ensuite, parce qu’on s’est rapidement retrouvés à jouer chez les uns et chez les autres. Enfin, parce que le club a été expulsé de son local pour des raisons floues et mal définies (bien avant la « panique morale » autour du JDR).

Après, il y a eu l’EPFL, Les Chemins de l’Enfer, les Créateurs genevois, le Tinkle Bavard, Tigres Volants, 2D Sans Faces, les conventions… Quatre décennies bien remplies. En attendant les autres.

Photo: “This is how I go to my happy place,” de Wil Wheaton (oui, LE Wil Wheaton) sur Flickr, sous licence Creative Commons non-commerciale, partage dans les mêmes conditions (CC-BY-NC-SA)

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13 réflexions au sujet de “Rôlistement quadra”

  1. Tu sais que, si je me réfère à mes souvenirs de ma first partie, on a le même âge rôliste, à 15 jours près ?

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    • Il me semble qu’on était déjà arrivés à cette conclusion en comparant nos notes, oui. Tu as commencé plus jeune, mais à peu près à la même époque.

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  2. J’ai commencé avec le hors série Méga en 1984 et l’Appel de Chtulhu. J’ai été particulièrement actif à la FAC au début des années 90 et j’ai continué jusqu’à il y a une dizaine d’années. Le manque de temps et la fatigue après les longues parties du WE m’ont fait arrêter, pourtant on avait une bonne équipe d’amis. Je ne suis pas certain d’avoir encore envie de faire du JDR aujourd’hui, le côté créatif de meneur de jeu est passé sur d’autres activités.

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      • Je m’ennuie assez vite lorsque je suis joueur, du coup je pars dans mes délire et je deviens rapidement ingérable. Ce qui me plaît c’est de raconter des histoires et manipuler les joueurs.

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          • Avec des bons joueurs ça peut-être génial. Scénario en impro quasi totale, juste une trame de campagne. J’ai donné. Les idées des joueurs construisaient l’histoire au fur et à mesure, le hic c’était de rester cohérent un minimum.

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  3. Et là je dis : Waouh le J&S 7 et le J&S 4 !!
    Bon anniversaire…et tu n’as pas basculé, durant toutes ces années, parfois sur du Grandeur nature, sur d’autres activités proches genre Killer ?

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    • Je n’aime pas trop l’idée du costume, de façon générale, donc non. Ce n’est pas dit que je n’en fasse pas un jour, mais ça ne me tente pas vraiment.

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  4. Le killer c’est super sympa avec une bande d’amis. C’est pas le grandeur nature tout en latex avec des bourrins qui se prennent pour de preux chevaliers, c’est plus intimiste et ça peut s’organiser dans un appartement. J’aime bien.

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