Quand j’ai appris que Between the Buried and Me venait à Genève, j’ai immédiatement pris mon ticket. Ensuite, j’ai écouté leur nouvel album. Et, du coup, j’ai un peu hésité avant de venir. Mais je ne regrette pas les avoir (re)vu sur scène, avec Monosphere, dimanche passé à L’Usine.
L’Usine et sa salle du rez, c’est un peu LA salle de concert à Genève. Avec une jauge d’environ 750 places debout, elle accueille pas mal de grands noms de la scène rock et metal. Bon, pas les très grands noms, mais on y a déjà vu des Killing Joke ou Napalm Death, par exemple.
J’avais quelque peu craint que la programmation, plutôt élitiste, et la date du dimanche soir aurait refroidi le public, mais il faut croire qu’il y a beaucoup plus de fans de metal progressif à Genève que je ne l’aurais pensé. Et si j’ai déjà vu la salle plus remplie que ça, il y a quand même une foule très respectable qui se presse devant la scène dès l’ouverture des portes, à 20 h.

Mais c’est d’abord Monosphere qui prend possession des lieux et qui commence à 20 h 30. Le groupe joue sur une scène un peu réduite et avec leur logo à moitié occulté par la batterie de Between the Buried and Me, ce qui est un peu dommage parce que je le trouve plutôt joli.
La formation allemande, fondée à Mainz en 2015, propose un post-metal teinté de prog, qui joue à la fois sur une musique précise, une énergie intense et un goût pour les compositions complexes aux penchants atmosphériques. J’avais déjà écouté quelques pistes de leur dernier album en date, Amnesia (je l’ai chroniqué depuis), et j’ai été plutôt enthousiasmé par leur puissance sur scène, même si le côté vénère sur scène écrase un peu les subtilités des compositions.
Monosphere joue un peu plus de trente minutes, avec le chanteur qui va parfois s’occuper de la technique en backstage – visiblement, le groupe fait un peu tout, y compris roadies et ingé lights. Pour ce dernier point, je dois avouer que je ne suis pas super fan des effets stroboscopiques, mais c’est mineur. Le public leur réserve un excellent accueil.

Une bière et un changement de scène plus tard, il est temps de se remettre en position pour Between the Buried and Me. Il est 21 h 30 quand les Américains lancent la machine et embarquent pour un set qui, étonnamment, contient peu de pistes de The Blue Nowhere. Ça aurait pu être une bonne nouvelle pour moi, vu que je n’ai pas croché à cet album, mais en fait, ça ne change pas grand-chose.
Pour me préparer au concert, je me suis réécouté ce dernier album et, si j’y ai trouvé plus d’éléments qui me plaisent, j’en perçois aussi que la musique de Between the Buried and Me, c’est en grande partie ce mélange de metal très technique et de metalcore vénère, avec des inspirations prog plus ou moins nombreuses. Et, comme souvent en concert, ce qui ressort, ce sont les aspects de puissance et d’intensité. Sur ce point, on n’est clairement pas volé, mais les aspects prog et mélodiques, sans être absents, sont plus en retrait.
Cela dit, même si ce n’est pas le concert que j’attendais, c’est peut-être le concert dont j’avais besoin. D’abord pour me permettre de me reconnecter avec ce groupe, après la quasi-déception de l’album (je dis quasi, parce que c’est surtout un problème de moi, pas de l’album). Ensuite parce que Between the Buried and Me, c’est quand même impressionnant de maîtrise et de précision. Et si ça ne bouge pas beaucoup sur scène, le public lui pogote pas mal, pour compenser.
Le groupe va jouer une peu plus d’une heure, puis revient pour un rappel de plus de quinze minutes. Et même après tout ce temps, le public est toujours à fond jusqu’à ce que les lumières se rallument.
Il est temps de récupérer le bazar au vestiaire, de passer au merch et de reprendre le tram, puis le vélo pour un retour maison un poil avant minuit. Ça fait un peu « concert pour vieux », mais je ne me plains pas. D’abord parce que je suis objectivement vieux, mais aussi parce que le lendemain, c’est lundi. Ça va piquer, mais moins.
Et si je n’ai pas été entièrement enthousiasmé par la musique, l’ambiance était au rendez-vous, avec en prime un son de qualité. Et, pour ma part, un accès photo, ce qui est toujours appréciable, notamment grâce à une mezzanine idéalement située au-dessus de la fosse.
D’ailleurs, mes photos sont disponibles sur Flickr, sous licence Creative Commons (larmes de sang non contractuelles). Et vous pouvez également retrouver la présente chronique en vidéo, sur YouTube et sur Peertube.


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