Paula et Stan est un couple de Français moyens, pas mariés mais presque, louant un petit pavillon et passant ses soirées devant la télé. Jusqu’au jour où, surgissant d’un placard, Albert fracasse l’engin. C’est le départ de La Vie très horrifique de Paula et Stan face à l’inhibiteur de volonté, roman déjanté que l’on doit à Karim Berrouka.

L’individu est connu de longue date de nos services, non seulement pour ses romans fantastiques (et aussi passablement fantasques), comme Le Club des punks contre l’apocalypse zombie ou Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, mais aussi pour son activité au sein du groupe Ludwig von 88. Il y a des gens qui ont un passé, d’autres qui ont un passif; passons.

Et, disons-le tout net, si vous avez déjà lu un de ses ouvrages, vous serez ici en terrain de connaissance. On y retrouve la critique sociale sous la forme d’une pochade qui déboule à 666 km/h, à moins que ce ne soit le contraire. Le couple titulaire se retrouve embarqué dans des aventures rocambolesques au fin fond du Myanmar, à crapahuter dans la jungle en compagnie d’Albert, amnésique, mais déterminé.

Ils seront confrontés à divers acteurs bien décidés à les coller devant une télé et les y laisser s’abriter jusqu’à la consommation des siècles. Dans l’ordre: une hôtesse de l’air, un pré-adolescent entrepreneur et, enfin, une secte emmenée par Christ Televisor en personne. Et quand je dis « confronté », il faut comprendre que ça se termine souvent par une bagarre générale, des défenestrations ou des explosions. Voire les trois.

La forme est aussi particulière, avec Karim Berrouka qui s’amuse régulièrement à introduire différents chapitres en glosant sur les lieux communs de telle ou telle scène… avant de faire exactement la même chose.

Tout ceci fait de La Vie très horrifique de Paula et Stan face à l’inhibiteur de volonté un roman assez amusant à lire, avec quelques passages franchement marrants et quelques trouvailles sympas, mais c’est un peu du « vite lu, vite oublié. » Un peu.

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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