Kaos pourrait se résumer par « Zeus se découvre une ride et il le prend très mal ». D’accord, c’est très résumé, mais ce n’est pas très éloigné de la réalité de cette série qui transpose les mythes grecs dans une uchronie contemporaine et quelque peu surréaliste.

Dans le monde de Kaos, les dieux existent. Et Heraklion, capitale de la Krete, est une cité moderne, avec autoroutes, néons et un président quelque peu autocratique. Or, lors d’une cérémonie officielle en l’honneur des dieux (avec sacrifice humain), le monument en leur honneur est découvert profané.

Dans le même temps, Eurydice – Riddy pour les intimes – essaye de se motiver pour quitter Orpheus. Elle n’en aura pas le temps, mais toute cette affaire – plus une prophétie mal comprise – va déclencher un pataquès littéralement de proportions cosmiques.

Visiblement, les mythes grecs ont le vent en poupe ces derniers temps: Lore Olympus et Punderworld en BD, Hades en jeux vidéo et bien d’autres. Ici, la particularité de Kaos est de postuler l’existence réelle des dieux et les mettre en scène face aux volontés émancipatrices des humains.

La série s’amuse beaucoup à transposer de nombreux mythes – Orphée et Eurydice, Hadès et Perséphone, Ariane et le Minotaure, les Amazones, ainsi que la Guerre de Troie. Et si les hellénistes risquent d’en avaler leur ambroisie de travers (notamment avec l’usage de termes latins pour certains usages liturgiques), il faut reconnaître que ça fonctionne plutôt bien.

Bien évidemment, Jeff Goldblum est parfait dans son rôle de Zeus en pleine crise existentielle, passant du pathétique au terrifiant. Les autres personnages sont aussi très bien, parfois donnant une apparence très décalée aux mythes qu’ils représentent. Autant Orphée et Eurydice sont plutôt classiques, dans leur version modernisée, autant les Moires forment un trio plutôt surprenant. Mention spéciale à Prométhée dans le rôle du narrateur, pas toujours fiable (et ce n’est pas toujours de sa faute).

Par contre, je dois avouer que j’ai eu un peu de mal avec le changement de ton au cours des huit épisodes qui forment cette unique saison (la série n’a pas été renouvelée) de Kaos. Au début, le ton est surréaliste, parfois loufoque, mais au fil de l’histoire, il s’assombrit nettement pour se terminer sur des notes tragiques. Et, d’ailleurs, sans parler de cliffhanger, le fait que la série ait été annulée après une saison fait que la fin n’est pas vraiment une fin. Ou alors très, très ouverte.

En conclusion, Kaos est une série qui est pour le moins déroutante, avec des moments franchement hilarants et d’autres nettement plus cringe. Je dirais qu’elle est plus intéressante qu’enthousiasmante, pour reprendre une expression que j’utilise en général pour les albums.

Bonus: la bande-annonce

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