« Don’t Read the Comments », d’Eric Smith

Une streameuse doit faire face à l’intrusion d’une armée de trolls. Dans le jeu, mais aussi en vrai, menaçant non seulement elle, mais sa famille et tous ceux qui lui sont associés. C’est le sujet de Don’t Read the Comments, roman signé Eric Smith.

Découvert via un article de BoingBoing qui le qualifiait de « délicieuse antidote à GamerGate », Don’t Read the Comments est un roman « jeune-adulte » qui traite donc du harcèlement dans les jeux vidéos. Un harcèlement qui se définit toujours comme neutre, mais qui, allez savoir pourquoi, cible surtout les personnes qui ne sont pas des mecs blancs cisgenres et hétéros. Un hasard, sans doute.

Les deux protagonistes, Divya (ou D1V) et Aaron, ne rentrent pas dans cette case aussi étroite que les idées de leurs adversaires. L’une est une streameuse modérément populaire, sont les revenus lui permettent de soutenir sa mère divorcée. L’autre écrit des scripts pour une compagnie de jeux vidéos indépendante – qui tient plus de la bande de potes.

Tous les deux vont être impactés par la vague de harcèlement d’un groupe qui se nomme « The Vox Populi »: commentaires haineux (comme le dit le titre, « ne jamais lire les commentaires »), doxxing (révélation publique de détails personnels), emails anonymes, voire carrément des attaques directes sur les proches.

Vous vous en doutez, le duo ne va pas se laisser faire – sinon il n’y aurait pas vraiment de roman. Ajoutez à cela une romance entre les protagonistes – oui, je spoile, mais que ceux qui ne l’avaient pas vu venir lève la main – et vous avez là le roman « jeune-adulte » typique.

Don’t Read the Comments est aussi typique dans le sens qu’il a tendance à passer un peu vite sur quelques détails. Par exemple, à lire le roman, on a l’impression que The Vox Populi ne cible que D1V. Or, on peut imaginer que d’autres streameuses en sont la cible et que les victimes pourraient se serrer les coudes.

C’est un petit peu dommage, parce que d’autres éléments sont plutôt bien vus, comme la conférence sur le harcèlement dans les jeux vidéos ou trois des quatre intervenants sont des hommes ou les commentaires toxiques sur les victimes de Vox Populi qui auraient tout monté elles-mêmes.

En l’état, même perfectible, Don’t Read the Comments reste un bon roman sur le milieu contemporain du jeu vidéo. Il est plutôt court – 360 pages écrit gros – et se lit bien, avec des protagonistes attachants. De plus, la forme – alternant les points de vue entre Divya et Aaron et entrecoupés d’extraits de messagerie instantanée – en rend la lecture agréable.

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6 réflexions au sujet de “« Don’t Read the Comments », d’Eric Smith”

    • J’aurais dit 18-25, mais après vérification, la définition la plus courante dit 12-30 ans. Ce qui me paraît très très large. Mais bon, j’ai 55 ans et j’en lis quand même. 😉

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        • De quelqu’un qui n’a pas d’enfants et donc zéro expérience de ce point de vue, je dirais 14-16 ans. Y’a zéro sexe et très peu de violence physique, mais il faut connaître un peu le monde du stream JV, je dirais.

          Et c’est en anglais (pas traduit à ma connaissance).

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          • De tous les critères que tu cites, je pense que le fait que ce soit en anglais va être celui qui va peser le plus lourd, les jeunes ont la fleeeeemmmmmmeeeeee…. 🙂 A réserver aux parents, donc !

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