Si vous me suivez depuis un moment, vous savez sans doute que le post-rock et moi, c’est compliqué. Globalement, j’aime bien, mais je trouve que le genre a tendance à tourner en rond. ἈNÁΓKH, le nouvel album de Cøllapse, ne renversera pas la tendance à lui seul, mais il contient pas mal d’éléments très intéressants.

Groupe grenoblois actif depuis 2011, Cøllapse propose à la base un post-rock instrumental plutôt classique, à tendance cinématique, tirant parfois vers le metal et, sur ce présent album, vers le rock progressif.

ἈNÁΓKH, quatrième album du groupe (j’avais raté le premier) compte neuf pistes, pour une durée totale de cinquante-trois minutes. La plupart des compositions dépassent les six minutes – jusqu’à presque dix pour la dernière – avec deux interludes autour de deux minutes.

ἈNÁΓKH, ou anágkē ou encore ananké – nom qui rappellera peut-être des souvenirs aux fans de Bob Morane – c’est un concept philosophique que l’on peut rapporcher de la destinée. Fin de la minute culturelle.

Pour cet album, Cøllapse s’est quelque peu distancé du post-metal de ses débuts et propose un post-rock toujours cinématique, mais qui lorgne ici vers le rock progressif sur plusieurs pistes. Le groupe dit être influencé par Porcupine Tree – entre autres – et ça s’entend. Mais c’est plutôt une bonne chose, parce que, musicalement, il reste très post-rock et cette influence donne à leur musique une coloration particulière.

On va donc y trouver des compositions qui jouent sur des montées en puissance, une certaine intensité générale, des ambiances assorties de bruitages ou de dialogues plus ou moins audibles, mais avec une recherche musicale et mélodique plus poussée.

C’est particulièrement marquant sur des pistes comme « Anima Anceps », « Yokai » ou le final « Mỹ Hoa » (qui aurait pu être inspiré par la trilogie des Terres fracturées, mais probablement pas).

C’est très subjectif – comme toujours, vous me direz – mais je suis assez sensible à ce mélange. Et Cøllapse sait le gérer avec talent et énergie. ἈNÁΓKH, qui vient de sortir la semaine passée (je l’ai eu en avant-première, grâce au groupe qui me l’a envoyé en service presse), est disponible sur Bandcamp et je le recommande.

Bonus: la vidéo de « Anima Anceps »

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