Blake et Mortimer: Huit heures à Berlin

Alors que Mortimer part en Union soviétique sur des fouilles archéologiques, Blake s’en va en Suisse pour une réunion ultra-secrète. Tous les deux se retrouveront pour Huit heures à Berlin, titre de cette nouvelle aventure de Blake et Mortimer.

Qu’on le veuille ou non, Blake et Mortimer, c’est un monument de la bande dessinée. Du coup, je comprends que des gens aient envie de le déboulonner. Quelque part, un monument, ça sert aussi à ça.

D’autant que, depuis la disparition de son créateur, Edgar P. Jacobs, le duo a connu des aventures plus ou moins réussies, souvent moins que plus. Du coup, ce vingt-neuvième album est attendu au tournant, après un Dernier Espadon plutôt réussi.

Si cette aventure se déroule toujours dans un style proche du merveilleux-scientifique – ancêtre de la science-fiction – il a plus à voir avec un roman d’espionnage avec quelques bribes SF, un peu à la manière de James Bond.

L’élément science-fictionnesque, c’est un savant – forcément fou, forcément ex-nazi – qui a mis au point une méthode de conditionnement couplée à une transplantation de visage. Vu que le titre fait expressément référence à la visite de John F. Kennedy à Berlin, le 26 juin 1963, ce n’est pas très difficile de voir où va le scénario.

Ah, et bien entendu, il y a du Olrik là-dessous.

Cela dit, j’ai plutôt bien aimé cette histoire, signée Jean-Luc Fromental et José-Louis Bocquet. Elle a un côté un peu capillotracté, notamment dans l’implication de Mortimer, mais elle fonctionne plutôt bien. C’est une aventure d’espionnage dans un contexte quasi-historique, qui ne manque pas d’action et de personnages forts et contrastés.

Il y a aussi quelques éléments qui m’ont fait penser à autant de clins d’œil, comme le sanatorium d’Arkaïm qui rappelle l’Asile d’Arkham. Et peut-être aussi une allusion au film Face Off.

Le dessin d’Antoine Aubin, qui avait déjà signé La Malédiction des Trente Deniers et L’Onde Septimus, est du Jacobs turboclassique. Je suppose que c’est exactement ce qu’on lui demande et c’est plutôt réussi.

Je ressors donc de la lecture de Huit heures à Berlin avec un sentiment positif. C’est un épisode de Blake et Mortimer un peu moins extravagant que le précédent, mais réalisé avec soin.

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6 réflexions au sujet de “Blake et Mortimer: Huit heures à Berlin”

  1. J’ai trouvé cet épisode très réussi mais, paradoxalement, difficile à situer au sein de la série complète et en particulier vis-à-vis des albums signés Jacobs…

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    • Le “blake-et-mortimer-verse” a toujours été un peu vaporeux et fluctuant. Le fait est qu’à l’heure actuelle, les albums de Jacobs sont en minorité dans la série. Celui-ci fait plus ou moins directement référence à deux autres albums: La Machination Voronov et, plus obliquement, Le Mystère de la Grande Pyramide.

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