Kamelot, c’est un peu un plaisir coupable: le groupe de power-metal symphonique limite certifié ISO, prévisible mais sympa. Dark Asylum, leur nouvel album, ne déroge pas à cette règle.
Fondé en 1991 par le guitariste américain Thomas Youngblood, Kamelot est un groupe à la composition internationale (un batteur et un claviériste allemand et un chanteur suédois) qui propose donc, un power-metal symphonique très classique, mais redoutablement efficace.
Dark Asylum est le quatorzième opus du groupe, un concept-album de plus de cinquante minutes découpé en quinze pistes. Si les compositions sont plutôt courtes – rien de plus de cinq minutes – il y a quand même dans le lot quatre « virgules » de deux minutes ou moins.
Bon, quand je dis que c’est un concept-album, je répète surtout ce qu’écrit le groupe. C’est une histoire de folie et de salut dans un univers de science-fiction néo-victorien. Bon, musicalement, c’est un peu décousu pour ma propre définition de « concept-album », mais il faut leur laisser ça, c’est visuellement complètement raccord.
Et c’est peut-être la plus grande force de Kamelot: ce n’est peut-être pas le groupe le plus original de la planète metal – ni même de la planète power-metal symphonique, c’est dire – mais ils s’y entendent (sans jeu de mot) pour nous livrer des titres soignés et millimétrés.
Les musiciens sont plus que compétents (mention spéciale au chanteur, Tommy Karevik), les parties symphoniques grandioses à souhait et la production plus que solide. L’ensemble est rehaussé par un quarteron d’invités prestigieux: plusieurs chanteuses parmi lesquelles Clémentine Delauney (Visions of Atlantis) et la chilienne Ignacia Fernández, mais aussi Tobias Sammet (Avantasia).
Dark Asylum, c’est quand même une avalanche de titres qui tapent juste, qui font remuer la nuque et qui donnent envie de monter à l’assaut du forteresse gothique avec une mitrailleuse laser et une épée de la taille d’une pale d’hélicoptère (gabardine en cuir et trente-sept ceintures pas en option). Certes, c’est plus cliché que toute ma page Flickr (plus de 20 000 photos quand même), mais c’est pas grave.
On peut regretter que, après trente-cinq ans de service, Kamelot fasse encore du Kamelot, mais à l’écoute de Dark Asylum, on ne peut pas nier qu’ils le fassent bien.
L’album est disponible sur Bandcamp.
Bonus: la vidéo de « Sanctuary »


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