Généralement, quand un groupe sort un album sans titre – ou quand son titre est le nom du groupe; c’est un peu pareil – c’est leur premier opus. Il y a des contre-exemples, comme Dream Theater, mais aussi ici Reckless Spirit.

Reckless Spirit est un trio originaire de Long Island, New York. Fondé dans un premier temps sous le nom de Witchripper, puis DMP, il a pris son nom définitif en 2018 et propose rock psychédélique brut de décoffrage, entre stoner et metal à l’ancienne.

Si Reckless Spirit est donc plutôt récent, il n’a pas vraiment perdu son temps: quatre albums depuis 2019 (plus une palanquée d’EP), dont celui-ci. D’une durée de quarante minutes, il compte huit pistes, pour la plupart entre quatre et six minutes, sauf les trois dernières: une « virgule » d’une minute et demie, un titre de près de sept minutes et une piste finale qui flirte avec les neuf minutes.

Si vous aimez les mélodies subtiles et finement ciselées, les passages atmosphériques éthérés et les prouesses techniques, passez votre chemin! Le trio joue plutôt la carte du gros son et de la poutre. Mieux vaut être prévenu: j’ai chroniqué récemment pas mal d’albums psychédéliques qui tiraient vers le prog, pas eux. C’est même plus régressif que progressif, avec des éléments qui rappellent le metal du débuts des années huitante, limite thrash.

Après, certes, il faut aimer le genre, mais j’ai trouvé Reckless Spirit plutôt convaincant. Une fois encore, on est ici sur une musique que je n’apprécie qu’à petites doses, mais le côté rugueux et l’énergie explosive des compositions, couplé à quelques passages mélodiques plutôt réussis, a suffit à me convaincre (après un extrait dans un des épisodes hebdomadaires de la chaîne Le Metal c’est Vital).

Reckless Spirit n’est donc pas un album que je recommande forcément à tous les habitués de mes chroniques: sa musique brute et vintage conviendra aux amateurs de stoner sans concession. L’album est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la vidéo de « The Burning Need » (oh le beau t-shirt Rush!)

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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