Within Temptation: The Unforgiving

Le nouvel album de Within Temptation, The Unforgiving est techniquement mon premier contact avec ce groupe hollandais de métal symphonique à chanteuse et, pour un premier contact, il est plutôt convaincant. Bon, en fait, ce n’est pas tout à fait exact, puisque j’avais déjà chroniqué dans ces pages leur album live, Black Symphony. Ce dernier ne m’ayant pas laissé un souvenir impérissable, je n’attendais pas grand-chose et, pour le coup, la surprise est plutôt plaisante.

Exit les trémolos gothiques, Within Temptation a décidé de se concentrer plus sur le côté symphonique narratif pour un concept-album qui parle de personnes qui se retrouvent du mauvais côté de la vie – non parce qu’ils sont malveillants, mais parce qu’ils ont un jour pris une mauvaise décision – et qui sont engagés par la mystérieuse Mother Maiden pour redresser les torts. On donne dans l’ambitieux, puisque le concept se décline également en comic-book et en courts-métrages.

Déjà, en soit, c’est plutôt impressionnant, mais on est ici pour causer zique, qu’en est-il? Comme mentionné, Within Temptation abandonne ici la plupart de ses oripeaux de métal goth; si j’osais la comparaison, je dirais que le groupe a décidé de sortir de sa crise d’adolescence et d’entrer dans le monde des groupes de métal adultes. Sauf que j’ai du mal à écrire les mots “groupes de métal adultes” sans ricaner intérieurement. Alors sans aller jusque là, on dira que la musique de The Unforgiving fait montre de nettement plus de maturité que ce que j’avais pu entendre du groupe jusqu’à maintenant.

On sent que le groupe maîtrise son sujet: les compositions, aux accents symphoniques, sont soignées et servent surtout à mettre en valeur la voix de Sharon den Adel, impériale tout au long de l’album. Des morceaux comme “In the Middle of the Night”, “Faster”ou le très puissant “Iron” sont des petits bijoux du genre qui font beaucoup pour mettre l’auditeur dans l’ambiance du concept de The Unforgiving: en effet, des morceaux comme ça, ça ne pardonne pas.

Bon, cela dit, il ne faut pas rêver: niveau métal, on est loin des standards du métal progressif en matière de complexité et d’originalité. Nonobstant le côté symphonique à grand spectacle, Within Temptation fait du métal à la papa, tel qu’on en produisait déjà il y a vingt ou trente ans. Certes, ils font ça très bien, mais si vous cherchez le grand frisson acrobatique avec des rythmiques improbables, mieux vaut passer votre chemin. The Unforgiving est juste un très bon album de métal symphonique, dominé par une chanteuse exceptionnelle et c’est déjà pas mal.

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6 réflexions au sujet de “Within Temptation: The Unforgiving”

  1. Après, on peut aussi ne pas chercher absolument à aller vers du progressif. Ceci dit, c’est vrai que la structure classique type “Métal à papa” est parfois un peu usée.

    Je n’ai pas écouté cet album, mais j’apprécie Within de manière générale. Un bémol quand même : la chanteuse à parfois quelques difficultés à rester totalement juste. C’est un peu dur ; surtout en live.

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    • Clair, les groupes de métal qui me font vraiment triper, c’est plus du genre Indukti, Naïve ou TesseracT: des machins borderline bizarres, et pas toujours du bon côté de borderline.

      Des groupes comme WT, Blind Guardian ou Nightwish, c’est bon pour le cerveau reptilien, mais mon cortex s’étiole un peu quand même.

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  2. Sortir de sa crise d’adolescence… J’aime bien l’expression. 🙂
    Et ça correspond bien à mon ressenti personnel au sujet de l’évolution de leur musique au fil de leurs albums : ils sont effectivement enfin devenus adultes…

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  3. Caramba !

    Mais c’est excellent ! Merci pour la découverte. J’ai toujours aimé Within (et le métal à chanteuse en général) mais je suis toujours à la ramasse pour les infos.

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  4. Enfin, il me semble, sauf erreur de ma part, que Within Temptation n’a jamais été affilié au metal prog, ni de près ni de loin.
    Moi, j’ai bien aimé ce “metal à papa”, alors que j’avais laché l’affaire depuis “Mother earth”.

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    • Non, Within Temptation a toujours fait partie de ce sous-genre du métal symphonique dit “métal à chanteuse” quand on est gentil ou “métal Walt Disney” quand on l’est moins (ou “sous-Nightwish” quand on ne l’est pas du tout).

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