Martigan / Sky Architect / Threshold / Riverside / Eloy au festival Night of the Prog VI

Cet article est le numéro 2 d'une série de 3 intitulée Lorelei 2011

Première journée du Night of the Prog Festival, le 8 juillet 2011. On commence par des revenants, des jeunots doués, des grands noms de la nouvelle et de l’ancienne génération.

Secret Sphere: Archetype

Si Archetype est le sixième album que les Italiens de Secret Sphere ont produit en un peu plus de dix ans, c’est un album qui vient de beaucoup plus loin. Certes, son style est de base un power-métal symphonique raisonnablement moderne, mais il y a dans sa musique une bonne dose d’ADN plus ancien, des ancêtres qui s’apparentent aux Prophet, Triumph ou Joshua que j’écoutais quand j’étais jeune.

Pas que ce soit un mal en soi – sinon que ce sont tout de même des souvenirs qui remontent au temps où il y avait encore un Mur de Berlin – mais c’est pour dire qu’aussi agréable que soit l’écoute de cet Archetype, l’album mérite un peu son nom: il ne faut pas trop y chercher de l’originalité à tout crin.

Peut-être pas très original, mais diantrement efficace; au reste, le power-métal est un genre qui, à mon avis, pardonne beaucoup à ceux qui savent jouer sur l’énergie et la compétence musicale. Dans le domaine, les musiciens de Secret Sphere ne sont pas des manchots et on notera par exemple des claviers très inspirés, comme sur “The Scars That You Can’t See”, morceau en demi-teinte qui calme un peu les ardeurs des deux brûlots initiaux que sont “Line of Fire” and “Death From Above”.

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Angra: Aqua

Pour commencer, un aveu: je n’ai jamais été fan d’Angra. C’est pourquoi la sortie d’Aqua, le nouvel album du groupe de métal progressif brésilien, après quatre ans d’absence, ne m’intéressait à priori que par la bande. Mais bon, mes souvenirs datant de Holy Land – c’est-à-dire d’il y a quinze ans – et les premiers échos étant plutôt positifs, je me suis lancé.

Après plusieurs écoutes, mon impression générale peut se traduire par un “mouais” retentissant. “Mouaibof”, même. Si je ne le savais pas et sur la seule base de mes souvenirs, j’aurais pu jurer qu’Aqua était sorti un ou deux ans après (voir avant) Holy Land. Angra me paraît être toujours engoncé dans les mêmes poncifs de power-métal, rehaussés par une louche de prog et quelques pauvres pépites d’une identité musicale brésilienne qui mériterait d’être bien mieux exploitée pour donner une touche de fraîcheur.

C’est là le drame d’Angra – enfin, surtout le mien vis-à-vis du groupe; si ça se trouve, eux le vivent très bien. Je sens bien qu’il y a du potentiel, mais j’ai l’impression qu’il manque au groupe quelque chose comme une vision commune. Ça se ressent également au niveau de la structure de l’album, qui semble sauter régulièrement du coq à l’âne, stylistiquement parlant.

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Rage: Strings to a Web

Semaine métal sur Blog à part (et ce n’est pas fini), puisque je vais aujourd’hui vous parler du dernier album du groupe allemand Rage, intitulé Strings to a Web. Rage est un power-trio que j’ai découvert un peu par hasard, lors d’un de leur concert à Meyrin dont Nightwish faisait la première partie, fin 1999. La comparaison n’avait d’ailleurs pas été à l’avantage de ces derniers, mais Rage a maintenant près de vingt-cinq ans d’expérience et ça compte.

Leur style est un métal très classique, mais arrangé façon métal symphonique. À l’instar des épées Durandil, ce sont des bourrins qui savent être subtils. Mais bourrins. Mais subtils quand même. Bref: bourrin, mais subtil – plus subtils en tous cas que leur pochette très death ne le laisse supposer. Et quand je dis “classique”, j’entends par là que j’ai fait un break de près de dix ans entre Ghosts et ce Strings to a Web et je suis bien en peine de trouver des différences notables entre les deux albums.

Si Rage a un gros défaut, c’est bien ce manque d’originalité et ce créneau dans lequel le groupe semble bien en peine de sortir – en admettant qu’ils essayent seulement. Certes, il y a parfois des accroches qui laissent à penser qu’on va avoir droit à autre chose qu’à la sauce habituelle, comme cette intro au clavier de “The Edge of Darkness” qui semble en appeler à l’esprit de Dream Theater, mais ça ne dure jamais très longtemps.

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Blind Guardian: At the Edge of Time

La morale de cette histoire: toujours faire confiance aux disquaires qui vous connaissent depuis cinq ans! Quand celui-ci vous dit “je sais que tu n’as pas aimé leur précédent album, mais le nouveau Blind Guardian, At the Edge of Time, est vraiment très bien!” (la citation est apocryphe sur la forme, mais pas sur le fond), il a raison. Et c’est tant mieux, parce que pour faire un mauvais jeu de mot, je ne l’aurais pas acheté les yeux fermés.

Et c’est vrai que, si je n’avais pas complètement détesté A Twist in the Myth, je l’avais trouvé un peu plat et très convenu et il ne m’avait pas donné envie d’explorer plus avant. At the Edge of Time, c’est un autre animal: exit le métal à la papa, bonjour le symphonique à gros son des années 2000! Quand j’écoute ça, je me dis qu’avec le prog, le symphonique est sans doute ce qui est arrivé de mieux au métal ces dix dernières années.

Bon, en toute honnêteté, ça reste quand même du métal à la papa derrière: un power-métal mélodique de l’école allemande, mais avec une orchestration symphonique qui produit de l’emphase par mégatonne et une production hyperbolique.

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Silverlane: My Inner Demon

Silverlane est un groupe de power-métal mélodique allemand et leur dernier album s’appelle My Inner Demon.

Techniquement, cette seule phrase pourrait suffire en guise de chronique si j’avais envie de faire ma grosse feignasse. Cela dit, c’est vrai que Silverlane n’a pas grand-chose de très original à proposer par rapport aux pointures du genre, comme Kamelot (pour citer un autre groupe de power-métal allemand).

Sinon peut-être que c’est un groupe qui a quinze ans d’existence (ce qui n’est pas très original) et que son batteur – Simon Michael, qui est plus connu pour son rôle dans le groupe de métal médiéval Subway To Sally – avait alors onze ans (ce qui l’est plus). Qui plus est, c’est une affaire de famille, vu que le Simon en question est accompagné par sa soeur Dodo (aux claviers) et son frère Chris (à la guitare).

Tout ceci est bien beau, jolie anecdote et tout ça, mais ça ne veut pas automatiquement dire que l’album est décent. Je veux dire, moi aussi quand j’avais quatorze ans je jouais du synthé. J’espère juste qu’il n’existe plus le moindre enregistrement de cette époque: personne n’a mérité ça.

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Triosphere: The Road Less Travelled

Si, comme Cuchulain dans le billet précédent, vous trouvez que le métal moderne est plus fait de bruit et de fureur que de mélodie, ce Road Less Travelled de Triosphere devrait éveiller votre intérêt. Par contre, si vous cherchez de l’originalité à tout crin, vous allez être déçu – à part peut-être le fait que le chanteur est une chanteuse (mais ça ne s’entend presque pas).

Theocracy: Mirror of Souls

Mirror of Souls, le nouvel album du groupe américain Theocracy, est une preuve supplémentaire qu’en matière de métal progressif, tout ce qui brille n’est pas or. En l’occurence, l’étiquette n’est pas complètement usurpée, mais on n’est quand même loin de l’inventivité d’un Dream Theater (pour citer un nom au hasard).

L’album propose plutôt un florilège de power-métal moderne, raisonnablement carré et avec beaucoup de virtuosité; au passage, si vous ne supportez pas les thématiques chrétiennes, passez votre chemin! Les morceaux font souvent plus de six minutes avec une (grosse) pointe à 22 minutes pour le morceau titre.

Fort heureusement pour l’auditeur blasé que je suis, il y a plus que la longueur des morceaux pour justifier l’étiquette “progressif”: que ce soit dans l’usage d’harmonies vocales ou l’usage de sonorités inhabituelles (la mandoline de “Martyr”, par exemple), Theocracy s’aventure dans des chemins bien souvent ignorés du métaleux moyen et c’est tant mieux.

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Amberian Dawn: The Clouds of Northland Thunder

À l’écoute du nouvel (= deuxième) album d’Amberian Dawn, intitulé The Clouds of Northland Thunder, je me dis que 1999 est de retour et qu’il n’est pas content. J’entends par là que la musique de ce groupe finlandais de métal à chanteuse ressemble beaucoup à ce que faisait un autre groupe finlandais de métal à chanteuse, précurseur du genre et qui rime avec “Rightwish”, il y a dix ans de cela.

Pour moi, ce n’est pas une très bonne nouvelle. D’une part, parce que si j’achète un album de l’année, ce n’est en général pas pour écouter un truc qui aurait pu être fait il y a dix ans (il y a des exceptions) et, d’autre part, parce que je considère que le métal à chanteuse fin XXe siècle n’est pas ce qui se faisait de plus intéressant musicalement, hormis l’aspect de la nouveauté.

Avec Amberian Dawn, ce qui me dérange le plus, ce n’est pas tant le côté “chanteuse” que le côté “métal”. Heidi Parviainen est une soprano de talent et ses acolytes sont loin d’être de mauvais musiciens, mais musicalement, on a droit à un alignement de poncifs du power-métal avec,  ça et là, une touche d’originalité dont on peut craindre qu’elle est plus statistique que voulue.

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Sonata Arctica: The Days of Grays

Attention! The Days of Grays, le dernier album de Sonata Arctica, contient un piège – plein de pièges, même! Le premier, et pas des moindres, est que les Finlandais fous concrétisent avec cet album un sérieux virage vers le métal symphonique, déjà quelque peu entammé par le précédent opus, Unia.

Dans les faits, ça veut dire que si on n’est pas prévenu et qu’on s’attend au style power-métal habituel du groupe (ou, à la limite. à un virage vers le prog-métal, là encore commencé précédemment), ça surprend. J’avoue: j’ai été surpris. Au début, pas en bien, d’ailleurs: il m’a fallu un moment pour me faire à cette nouvelle approche musicale, avec moins de cavalcades guitaristiques et plus d’emphase – BEAUCOUP plus d’emphase! C’était le deuxième piège.

Le troisième est que, contrairement à ce que j’avais cru glaner de quelques indices (notamment les titres de morceaux, qui répètent souvent le mot “gray” et font en plus allusion aux X-Files et ses “petits gris“), The Days of Grays n’est pas un concept-album. Ce qui est impressionnant, parce que musicalement, j’ai connu des concept-albums beaucoup moins cohérents que ça (n’est-ce pas, Abacab?).

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Fairyland: Score to a New Beginning

Plus que jamais, il faut se méfier des idées reçues, surtout en ce qui concerne la scène métal: alors que le power-métal mélodique semblait être l’apanage des scandinaves et des germaniques, voilà-t-y pas qu’en terre de France, un candidat sérieux du nom de Fairyland arrive avec Score for a New Beginning. Fairyland, c’est surtout Philippe …

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Stratovarius: Polaris

Je me souviens que le premier album de Stratovarius que j’ai acheté, c’était, ben, le premier, Fright Night, il y a vingt ans. J’ai acheté le nouveau, Polaris, et même si le style a un peu changé, je ressens à peu près les mêmes choses: des bonnes idées, de l’enthousiasme et pas grand-chose d’autre. L’illustration de la pochette est très jolie, j’aime bien le nom du groupe, mais le ramage est loin de valoir le plumage.

 

Sonata Arctica: Songs of Silence Live in Tokyo 2001

Un des avantages à aller au Japon, c’est qu’on peut y trouver des “imports japonais” à pas cher, c’est-à-dire des trucs qui ne sortent que là-bas et qu’on en voit que rarement arriver sous nos longitudes (et jamais à des prix décents).

C’est ainsi que, plutôt qu’un katana ou une porcelaine quelconque, j’ai ramené comme souvenirs une floppée de disques, dont ce live de Sonata Arctica. Je sais, 2001, ce n’est pas exactement récent, mais je ne vais pas cracher sur une occasion de dire tout le bien que je pense de ces braves p’tits gars qui nous viennent de Finlande.

La principale caractéristique de ce groupe, c’est son énergie — énergie communicative, si j’en juge par l’hystérie collective du public tokyoïte. Qualifié par les médias spécialisés en étiquettes “power metal”, la musique de Sonata Arctica, c’est surtout un métal bien carré, mais mélodique, qui flirte parfois avec le prog, et qui n’est surtout pas ennuyeux.

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Sonata Arctica: Unia

Je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai l’impression que Sonata Arctica sort toujours ses albums au début de l’été. Peut-être que, comme leur nom l’indique, ils attendent le dégel…

Toute connerie mise à part, ce nouveau CD — Unia — est une excellente nouvelle, non seulement parce que j’aime beaucoup ce groupe, mais également parce qu’il est très bien. Pour ceux qui ont oublié, Sonata Arctica fait dans le métal — pas forcément très original, pas toujours très raffiné ni d’une technicité monstre, mais avec un entrain et un enthousiasme communicatif. J’ai dû trop voir d’AMV, mais j’ai souvent des images de combats épiques en écoutant leurs morceaux.

Pour en revenir à Unia, c’est un album qui représente une évolution certaine dans le style du groupe. Si ça donne toujours dans le métal mélodique et puissant, les harmonies vocales qui poussaient déjà leur musique vers les confins du métal symphonique à la Shadow Gallery ou Symphony X (dont le prochain album est prévu à la fin de ce mois) sont encore plus présentes. On trouve également pas mal de morceaux de bravoure que renierait pas le fan de prog moyen dans mon genre.

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L’été finlandais: Sonata Arctica et Nightwish

Et hop! Deux albums live tout chaud des bacs pour l’été: End of an Era de Nightwish et For the Sake of Vengeance de Sonata Arctica. Rien de tel qu’une horde de métalleux finlandais pour contrer les fouteux hystériques…

Le second est à mon avis une sorte d’archétype du live de métal, servi par un hard mélodique, à mi-chemin entre le Helloween des années 80 et le métal symphonique à la Symphony X: ça déboule à cent à l’heure, ça déborde d’énergie et c’est servi par d’excellents musiciens qui s’y connaissent en belles mélodies.

Le public fait “Wooo-hoo!” en choeur, les musiciens s’amusent et moi, je fais des petits bons sur place, ce qui n’est pas facile pour écrire ce billet. En bref, “For the Sake of Revenge” est un peu ce que les live de métal rêvent d’être quand ils seront plus grands.

Pour ce qui est du premier, cette “fin d’époque” signifie que c’est le dernier album avec la chanteuse originelle. On y retrouve tous les ingrédients de Nightwish: son métal épique et baroque (et pas très original) et la voix, souvent superbe, parfois un peu trop lyrique. En fait, c’est probablement le plus gros défaut de Nightwish: ils en font trop…

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