“Saturn’s Children”, de Charles Stross

Quand j’ai entendu parler de Saturn’s Children, de Charles Stross, je me suis dit “tiens, quelqu’un a écrit un roman Tigres Volants”: une histoire dont l’héroïne, Freya Nakamichi-47, est un robot sexuel. Bon, en fait c’est juste moi qui délire; on a les fantasmes que l’on mérite, je suppose.

Saturn’s Children est un roman d’aventures dans un contexte de science-fiction de type transhumaniste – ou, pour être plus précis, post-humaniste, qui s’apparente plus, de l’aveu de son auteur, à Modesty Blaise et à Friday, de Robert Heinlein (à qui il est d’ailleurs dédié, ainsi qu’à Isaac Asimov, pour des raisons qui sont rapidement évidentes). 

Commençons par les mauvais côtés du bouquin: il n’y en a pas. Si on veut chipoter, s’il prétend être “un space-opéra”, ce n’est pas du space-opéra: c’est de l’aventure pulp dans contexte SF, distrayant et léger. Les gens qui cherchent des romans intenses et complexes feraient peut-être mieux d’aller chercher ailleurs – encore que.

En fait, le point fort de Saturn’s Children, c’est son contexte: une civilisation humaine au XXIIIe siècle dont les humains ont disparu; selon les dires de la protagoniste-narratrice, l’humanité à disparu sans même que sa civilisation ne prenne une pause-déjeuner. Restent les robots, dont Freya elle-même, qui a le désavantage supplémentaire d’avoir été créée pour servir de compagne (pour rester poli) aux humains.

C’est en fait la problématique centrale de l’univers et de la trame du roman: les robots ont été construits par les humains pour les servir, mais ils sont devenus obsolètes du fait de leur disparition et, du coup, ils se cherchent un peu une raison d’être et, surtout, certains d’entre eux essayent de recréer un humain pour prendre le pouvoir de la société post-humaine.

L’histoire est donc une sorte de course-poursuite dans un système solaire à mi-chemin entre la hard science (avec ses voyages spatiaux qui durent des mois) et le transhumanisme, avec déguisements plus ou moins foireux, problèmes d’identités (avec puces mémorielles), conspirations mégalomanes et IA aux personnalités encore plus barrées que celles de la Culture, de feu Iain Banks.

Paru en 2008, je n’ai découvert l’existence de Saturn’s Children que lorsque Stross a commencé à mentionner la suite, Neptune’s Brood, sur son blog. Comme j’ai beaucoup aimé ce bouquin, je compte bien aller chercher la suite, dès qu’elle sera dispo en poche. Je vous le recommande allègrement si vous avez envie de lire des aventures de science-fiction dans un contexte, sinon original, du moins extrêmement bien pensé.

Cette chronique a été écrite dans le cadre du challenge Summer Star Wars – Épisode I, organisé par Lhisbei sur le RSF Blog.

Challenge "Summer Star Wars – Épisode I"

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