Vous êtes dans une auberge. Un mystérieux personnage encapuchonné s’approche de votre table et, au moment de vous proposer la quête, plus personne n’entend rien, parce que sur la scène, Power Paladin vient d’attaquer son nouvel album, Beyond the Reach of Enchantment.

Créé en 2017 à Reykjavik, Power Paladin est un groupe « comme son nom l’indique »: il propose un power-metal épique et mélodique avec l’inspiration qui vient avec beaucoup trop de parties de D&D dans une cave qui sent la sueur froide et la bière chaude.

Beyond the Reach of Enchantment est le second album du groupe, découvert via Le Metal c’est Vital. Il dure un peu plus de trois quarts d’heure et compte huit pistes. La plupart des compositions sont courtes, entre quatre et cinq minutes, mais deux d’entre elles dépassent les six minutes et la dernière approche même de très près la barre des six minutes.

À la première écoute de Power Paladin, plusieurs choses sont immédiatement évidentes: ce sont des fans de fantasy (zéro surprise), ils ne se prennent pas au sérieux et ils sont plutôt convaincants dans le style.

Après, on peut argumenter que le style en question n’est pas exactement le plus élaboré de la planète metal. On est dans un power-metal infusé de New Wave of British Heavy Metal, avec également quelque passages à la Metallica (« Aegis of Eternity ») et des bouts de musique 8-bit.

Ce n’est pas faux, mais ça n’ôte rien à la maîtrise de nos six Islandais, qui balancent des boules de feu comme s’ils avaient une baguette cheatée. Ils accueillent même Tommy Johansson, de Sabaton et Majestica, sur « The Arcane Tower ». Je mettrais juste un petit bémol sur « Camelot Rock City », qui est un peu too much; « let’s not go to Camelot, it’s a silly place. »

Alors, oui, la musique de Power Paladin n’est pas exactement la plus recherchée du monde, mais il y a des fois où on n’a pas envie d’une pizza ananas-saumon-reblochon-avocat, une simple margarita va très bien. Et Beyond the Reach of Enchantment, quelque part, c’est cette margarita et elle est très bonne.

Bonus: la vidéo turbo-sérieuse (spoiler: non) de « Sword Vigor »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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