Et donc, samedi 22, j’ai repris la route du Pont Rouge, à Monthey, pour un concert de soutien au Festival celtique de Corbeyrier, avec Glucide Squad, le Naheulband et Magoyond. Trois groupes issus de la nébuleuse Naheulband, dont un de mes groupes français de metal préféré, avec en plus pas mal de gens et que je considère comme des amis, le tout sur La Terre de Mes Ancêtres, comment pouvais-je refuser?
D’autant que ma dame et moi étions au bénéfice d’une invitation. Carrément. Si vous vous dites que ça sent le copinage, je vous répondrai que le Département d’État de Radio-Erdorin ne peut ni nier, ni confirmer cette affirmation.
Or donc, concert. Mais pas que. J’avais l’intention de profiter de ce que je connais bien certains des musiciens pour faire une petite interview. Ce qui s’est avéré un peu plus compliqué que prévu, parce que j’ai oublié quelques bouts d’équipement. Rien de critique, heureusement, mais j’ai dû improviser quelques bricolages façon McGyver de chez Wish.
Mais du coup, je suis arrivé à la salle du Pont Rouge pas mal en avance et j’ai pu assister aux balances de groupes, ce qui m’a rappelé quelques souvenirs de vieukon (ou d’ancien combattant, si vous voulez être gentil), à l’époque où j’étais dans l’organisation de concerts à Satellite. C’était au XXe siècle. Loin dans le XXe siècle.
Pour ceux qui ne connaissent pas la salle du Pont Rouge, à Monthey, c’est une salle de petite à moyenne capacité – pour la Suisse, s’entend – avec 350 places, située dans la zone industrielle de cette petite ville valaisanne où j’ai des attaches familiales. Enfin, « avais »; à part pour des concerts et quelques conventions de jeux de rôle, je ne suis pas revenu dans la ville depuis une quinzaine d’années.

Or donc, concert. Pour de bon, cette fois: ouverture des portes à 19 h, je retrouve ma dame et nous fendons la foule bien compacte pour le début du concert de Glucide Squad, qui monte sur scène à 20 h. Enfin, un poil plus tard, le temps de laisser passer le générique.
Oui, parce que si vous ne connaissez pas Glucide Squad, imaginez un duo qui massacre les génériques de dessin animés en mode karaoke metal. Le duo en question étant déguisé en Harley Qui (la cousine française de Harley Quinn) et Whatman (le cousin français de Batman). Ensemble, ils sauvent le monde. Enfin, essayent de.
Je les avais déjà vus il y a un an et de demi à Lausanne dans une salle de bar pas très grande, et, cette fois, c’est devant un Pont Rouge bondé que les deux vont jouer avec beaucoup d’enthousiasme alors que tout le monde chante en cœur les refrains débiles. Musicalement, on est d’accord: c’est assez anecdotique, mais c’est rigolo et c’est parfait pour lancer la soirée.

Et disons qu’on reste dans le ton en matière de débilité geek, avec le Naheulband. Alors, certes, le groupe s’annonce en configuration réduite, privée de son ranger habituel: Pen of Chaos a en effet dû déclarer forfait à cause d’un méchant problème de santé et c’est Le Mago qui prend le relai. Encore que, avec ces troupes du chaos, la notion de leadership est souvent très fluctuante.
Quelque part, je pense qu’une des raisons du succès du Naheulband c’est qu’ils reproduisent sur scène le genre de dynamique qui existe dans une partie de jeu de rôle: en apparence, les joueurs font n’importe quoi, mais quand ça commence à tabasser, c’est une machine bien huilée qui se met en route. Ce qui n’exclut pas les échecs critiques, mais c’est un autre problème.
Cela dit, la musique combine le côté entraînant du traditionnel et des paroles qui interpellent la geekitude du public. Et le public en question était, comme souvent avec le Naheulband, chaud bouillant. Et l’ambiance est aussi un élément qui font des concerts du groupe des événements mémorables. Des classiques comme « À l’aventure », « Bourriner », « Crom » ou l’inénarrable « Laridé du Poulet » (Piou! Piou! Piou!) contribuent à cette expérience.
Encore qu’il faudrait probablement dire des choses peu aimables à l’encontre des gens qui boivent de façon déraisonnable et qui gâchent un peu l’expérience pour les autres. Vous me direz que ça fait un peu partie du jeu, certes, mais quelque part, en tant que Valaisan moi-même, je trouve que certains de mes compatriotes cantonaux poussent un peu trop loin le cliché « chœur mixte des jeunes alcooliques de Savièse ». Oui, c’est une référence obscure.

Le Naheulband conclut plus d’une heure et demie de show (avec tout de même une petite pause) en faisant monter sur scène Aspic et Nobru, de Magoyond, qui viennent donner une coloration metal aux derniers titres. Et la transition est toute trouvée avec Magoyond, pour sa troisième prestation valaisanne en moins de dix-huit mois (après Sion et aussi Monthey). C’est plus de l’amour, c’est de la rage. En même temps, ce serait dans le ton du groupe et de sa narration autour d’une pandémie zombiesque.
Alors, on ne va pas se mentir, même si Magoyond est mon groupe de cœur, je ne vais pas prétendre que c’était leur meilleur concert. La faute, en partie, à une palanquée de problèmes techniques qui ont impacté l’expérience. Certains problèmes étant d’ailleurs dus à un ou plusieurs poivrots sus-mentionnés. Ce qui est… pas malin. Pour rester poli.
Tout ceci ne va pas arrêter Magoyond, qui va assurer un show solide, d’environ une heure. Le quatuor joue, comme à son habitude, un mélange de compositions de son dernier album (« Catacombes », « Le Charnier des Épouvantails », « Le Village » – comme il se doit à minuit) et des titres plus anciens, mais qui percutent quand même pas mal, comme « Croquemitaine » ou « L’Armée damnée ». Et si le public était un peu moins dense que pour Le Naheulband – je soupçonne que pas mal de familles sont venues et n’ont pas voulu rester trop tard – il a quand même été très vocal. Le groupe a clairement ses fans suisses et ça fait plaisir.
Les lumières de service se rallument vers minuit et demie. On reste encore un peu discuter avec les musiciens et le staff avant de rentrer dans nos pénates à… trois heures du matin. C’est peut-être plus de nos âges, mais c’est cool quand même. Mes remerciements à l’équipe du Pont Rouge pour l’accueil et à Damers Prod pour l’organisation et l’invitation.
Comme de coutume, je vous fournis avec le présent live-report une galerie de photos sur Flickr, ainsi que la version vidéo de ce présent live-report (qui est disponible sur YouTube, mais également sur Peertube).
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