Pour ceux qui se sont jamais demandé ce qu’aurait donné King Crimson en version metal, Cratophane a une réponse et elle s’appelle Exode. Et si vous ne vous êtes jamais posé cette question, vous êtes quelqu’un de normal. Félicitations. Ou condoléances, c’est selon.

Cratophane est un trio français qui, pour une fois, n’est pas originaire de Toulouse, mais de Rennes. Formé en 2020, le groupe se définit comme une bande originale pour BD de l’ère Métal Hurlant. Musicalement, c’est un rock progressif instrumental, plutôt expérimental, qui me rappelle un croisement entre les parties les plus dérangées de King Crimson et du noise-rock un peu doom sur les bords. Oui, ça fait beaucoup.

Exode est le deuxième album du groupe. Il dure un peu moins de cinquante minutes et compte six pistes, entre sept et onze minutes. Sur cette base, pas de doute: c’est du prog.

C’est sur la recommandation de David Devilliers, pendant un des derniers livestreams de Radio-Erdorin, que je me suis intéressé à Cratophane. Pour résumer, disons que je ne regrette pas la découverte, mais c’est quand même assez loin d’être un gros coup de cœur. Ou, pour résumer encore plus, « c’est pas toi, c’est moi ».

Dans le rock progressif des Âges Héroïques, King Crimson est probablement le groupe qui me parle le moins: trop expérimental, probablement aussi trop jazz à mes oreilles. Du coup, un groupe qui revisite ce style, ce n’est pas gagné d’avance.

Exode est un album qui donne volontiers dans le discordant, les bizarreries le barré. Là encore, je ne déteste pas, mais le dosage est ici franchement serré. Et, du coup, j’ai un peu eu du mal à rentrer dedans. Après, à la suite du dernier Between the Buried and Me, c’est quand même plus accessible.

Ce n’est pas le même genre, non plus. Cratophane joue pas mal sur des ambiances des années septante – les références aux BD de Druillet, Mœbius et autres. Il y a pas mal d’ambiances électroniques à forte distorsion, à la limite du bruit.

On retrouve cet aspect au niveau des sonorités et de la production, qui a un côté franchement vintage. En général, ça m’agace, mais sur cet album, ça va assez bien avec le style général.

Je suis quand même un peu emprunté pour vous recommander Exode, mais je dirais que si vous êtes un amateur des sons un peu doom-psyché-space-prog typés seventies, mais avec une pointe d’agression, Cratophane a ce qu’il vous faut. L’album est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la non-vidéo (officielle) de « Ranx », la première piste de l’album

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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