Parti Panurge

J’étais parti (ha! ha!) pour écrire un article très énervé à la suite des déclarations d’un homme politique socialiste français qui évoquait un “devoir de solidarité” de son parti pour voter la confiance au gouvernement. Et puis j’y ai renoncé et c’est tant mieux, parce qu’entre temps, mon frère jumeau (très bien) caché, Ploum, a publié un article intitulé Élections, demandez le programme !, qui offre un éclairage bien plus intéressant que mes élucubrations à chaud, la bave aux lèvres.

Con comme un homophobe devant un tribunal

Il y a des jours qui apportent leur lot de bonnes nouvelles, même dans le paysage politique français, qui rappelle parfois les bouts de désert dans le jeu post-apo Fallout, pixellisation comprise. Aujourd’hui, le quotidien Libération nous apprend qu’un politicien, accusé de propos homophobes, a été relaxé au motif que ses élucubrations étaient ridicules.

Le Front national expliqué à mon père

En ces temps où l’extrémisme est tellement tendance que, pour un peu, il passerait au Top 50, il est toujours bon de lui jeter un œil critique. D’abord, parce que c’est plus civilisé qu’un parpaing (même si je peux comprendre que le parpaing ait un effet cathartique) et, ensuite, parce que souvent, l’extrémisme est une forme de vampire qui se complaît dans l’ombre et auquel la lumière nuit. Tout ceci pour vous dire que j’ai donc acheté ce nouvel hors-série de Charlie-hebdo, intitulé Le Front national expliqué à mon père.

“Petit manuel de survie à l’intention d’un socialiste dans un dîner avec des gens de gauche”, de Bruno Gaccio

Je n’aurais sans doute jamais acheté ce Petit manuel de survie à l’intention d’un socialiste dans un dîner avec des gens de gauche, signé Bruno Gaccio, si son camarade de parti Frédric Toutain (du blog Un jour une idée) n’en avait pas fait récemment l’article.

TPP: la résurrection de l’accord-vampire

Ça commence à virer au comique de répétition, à part le côté comique: après s’être fait bouler sur ACTA, SOPA et quelques accords foireux du même genre via l’OMC ou l’OMPI, voilà-t-y pas que les Américains et leurs alliés/séides/protectorats essayent de faire passer le Trans-Pacific Partnership (TPP pour les intimes), un autre accord “commercial” secret et liberticide.

Je ne m’attarderai que peu sur le contenu de l’accord, d’une part parce que c’est la même rengaine néo-libérale et réactionnaire, tout pour les grandes industries, rien pour les cochons de payants et, d’autre part, parce que n’est pas le plus grave. Ce qui est réellement gênant dans cette affaire, c’est qu’on a des gouvernements théoriquement démocratiques qui s’amusent à négocier des traités commerciaux en secret.

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Ne pas avoir peur de la politique

Le point de départ de cet article, c’est l’interview de Peter Sunde sur Wired, repris par Ars Technica, intitulé You can’t beat politics with technology, mais je pourrais également citer un article à la tonalité pessimiste de Reflets sur la surveillance qui souligne à peu près les mêmes points: le danger de laisser la politique aux politiciens.

J’aime bien Peter Sunde, non seulement parce qu’il est co-fondateur de Flattr. Le cœur de son propos, c’est que la plupart des électeurs ont abandonné le champ de la politique. Il prend comme exemple les élections au Parlement européen, que tout le monde semble vouloir ignorer alors que la politique européenne a un impact sur tous les Européens (duh!).

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“Demain”: écrire un programme politique

Comme beaucoup de gens de ma génération (c’est-à-dire dans une tranche d’âge de ±15 ans par rapport à moi) avec qui je discute, j’ai l’impression de plus en plus forte que les partis politiques ne s’adressent pas à moi. Ce qui explique peut-être pourquoi j’ai bêtement oublié de voter aux dernières élections cantonales…

Je vote plutôt à gauche (voire très à gauche), mais je n’accroche pas à la rhétorique révolutionnaire de certains partis d’extrême-gauche; de façon générale, je n’aime pas les populistes à grande gueule. Je n’ai pas non plus beaucoup d’intérêt pour le Parti pirate, chouchou des technogeeks. D’un autre côté, la montée de l’extrême-droite me fait sérieusement peur.

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Suis-je d’extrême-droite et est-ce que ça se soigne?

J’avais à l’origine un autre billet prévu pour ce vendredi, mais l’article de Ploum Nous sommes tous d’extrême droite… a éveillé en moi une furieuse envie de réponse, dans la lignée de mon précédent diptyque sur l’homophobie et le sexisme.

Il a raison sur un point: diaboliser l’extrême-droite (ou la droite nationaliste, ou la droite forte, quel que soit le nom qu’on veuille lui donner – à part “fascisme”, qui recoupe une autre réalité) est probablement une aussi mauvaise idée que traiter cette tendance politique par-dessus la jambe.

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Comment régler tous les problèmes de Genève

Dans un mois, ce sont les élections cantonales à Genève et, du coup, fleurissent les affiches politiques, notamment celles hideuses par la forme et par le fond du parti qu’un ami (pourtant pas du même bord politique que moi) qualifie de “mouvement si moyen genevois”.

Il faut dire ce qui est, ces affiches font réfléchir – surtout à des moyens de les faire disparaître ou à des représailles sanglantes envers le non-graphiste qui les a commis. Mais aussi à des moyens de résoudre les râlaisons qui leur servent de slogan (y’a pas, au moins ça c’est très genevois).

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“Storytelling”, de Christian Salmon

Il y a deux raisons qui m’ont poussé à lire Storytelling, de Christian Salmon: d’abord et surtout de bons retours (François et Jess, via des commentaires d’un article mentionné ci-dessous, mais sans doute aussi Un lecteur?) et, ensuite, un titre qui me titille quelque part la fibre rôliste.

Autant le dire tout de suite: dans l’ouvrage, c’est le premier aspect qui est envisagé. Cet essai, sous-titré La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, traite de la narration en tant qu’outil de marketing, d’abord traditionnellement économique, puis socio-politique.

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L’industrie qui cache la forêt créatrice

Si la question de la création artistique et de sa place dans notre société vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de lire Chère Aurélie, la lettre ouverte de la dessinatrice Tanxxx. Cette lettre s’adresse à Aurélie Filipetti, ministre française de la culture, mais à mon avis, elle peut s’appliquer à beaucoup de pays et pas seulement à propos de la bande dessinée.

Je suis homophobe (mais je me soigne)

Ces temps-ci, la blague-qui-ne-fait-pas-rire, c’est le fameux “je ne suis pas homophobe, mais…” suivi en général d’une sortie homophobe, du genre “les pédés, c’est pas des gens comme nous”. Moi, c’est le contraire: je suis homophobe, mais je ne vois pas pourquoi des questions de préférence sexuelle ou même de genre devraient être une excuse pour nier une égalité en droit.

“Bad Pharma”, de Ben Goldacre

Évidemment, le hasard a voulu que j’aie une crève carabinée au moment où j’ai fini Bad Pharma, le nouveau bouquin de Ben Goldacre – à qui on devait déjà le remarquable Bad Science. La conclusion qui s’impose, c’est qu’être malade, ce n’est pas bon pour la santé!

Bad Pharma est une charge implacable contre l’industrie pharmaceutique mondiale et son influence sur la médecine. Par “charge”, j’entend que Ben Goldacre, malgré son habituel ton mesuré, n’y va pas avec le dos de la cuillère et met à jour, tout au long de ces quatre cents pages, une quantité proprement hallucinante de comportements suspects, scandaleux, voire carrément criminels et, par “implacable”, j’entends que c’est massivement documenté.

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Quand la vie pirate l’art

Je suis en train de lire un des derniers bouquins de Cory Doctorow (il en a sortie une tralée ces derniers temps), Pirate Cinema. Je reviendrai dessus – très prochainement, il se lit vite –, mais c’est un roman “jeunes adultes” dans la lignée de son Little Brother, mais cette fois axé sur les questions de copyright et de piratage, situé dans un avenir moyennement proche (10-20 ans).

Le bouquin fourmille d’exemples de lois et de procédures, plus absurdes les unes que les autres, poussées par les industries des médias pour empêcher le piratage, allant jusqu’à envoyer en tôle des gosses de quinze ans. Quand je pose le bouquin, je me dis que c’est de la fiction, voire même que le Doctorow, il pousse la caricature un peu trop loin.

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Une question de contrôle

Attention, le lien d’aujourd’hui pique méchamment! A Fan Letter to Certain Conservative Politicians, signée par l’auteur américain John Scalzi sur son blog Whatever, parle de viol et de politique. Plus précisément, des déclarations de plusieurs politiciens conservateurs américains, pour qui le viol est une sorte de punition divine et que les grossesses y conséquentes ne justifient pas un avortement.

Le texte pique particulièrement car Scalzi lui donne la forme d’une lettre d’un admirateur, violeur, qui remercie le politicien d’affirmer qu’un homme qui viole une femme a plus le droit de contrôler son corps qu’elle-même. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant: c’est de la satire. Et, comme toute satire, si ça pique, c’est que ça agit.

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Pour un nouveau droit d’auteur (un vrai, cette fois)!

À force de faire des billets sur les articles de Calimaq, je vais peut-être finir par suivre son blog S.I.Lex… Toujours est-il que le dernier en date, intitulé Réforme du droit d’auteur et financement de la création : il est temps de passer à l’offensive !, est encore une lecture incontournable pour qui s’intéresse aux droits d’auteur.

Je le cite plutôt que Eléments pour la réforme du droit d’auteur et des politiques culturelles liées, l’article originel de la Quadrature du Net, non parce que ce dernier est moins bon, mais parce que celui-ci apporte un éclairage supplémentaire à un texte plutôt technique (et long). Mais rien ne vous empêche de lire les deux – au contraire!

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Revenu universel ou “permis de glander”?

C’est par cet article de la Tribune de Genève, intitulé Une initiative veut un revenu de 2500 francs pour tous, que j’ai appris l’existence d’un tel projet en Suisse. Pour une fois que le quotidien sort un article qui ne me donne pas envie de lancer des objets lourds par la fenêtre, je ne vais pas me plaindre.

Au reste, j’avais déjà relayé une idée similaire il y a quelques temps, en rapport – et, surtout, en opposition – avec l’idée de licence globale. Plus j’y réfléchis, plus je me dis que c’est une bonne idée. Pas forcément parfaite ni même potentiellement fonctionnelle, mais une idée qui vaut à peu près largement l’actuelle situation. Je ne vais pas développer plus avant, jetez un œil à mon précédent article (ou celui sur le mécénat et la licence globale).

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