Beast in Black: Dark Connection

Fût un temps où, pour beaucoup de metaleux, la seule mention de claviers excluait immédiatement le groupe de la catégorie « metal ». Ce n’est heureusement plus le cas depuis un bon moment, mais il faut dire que Beast in Black, avec son nouvel album Dark Connection, pousse très loin le bouchon.

Beast in Black, c’est une formation principalement finlandaise, mais avec un chanteur grec et un bassiste hongrois. Ils jouent un metal que j’ai autrefois qualifié de « power FM », car combinant des éléments de power-metal et de hard-FM. Ici, c’est nettement plus le second qui domine, avec des grosses couches de synthwave.

Niveau quantité, Beast in Black ne fait pas semblant: Dark Connection compte onze pistes, plus deux reprises – sur lesquelles je reviendrai, parce que ça vaut le détour. À une exceptions près, les compositions sont entre trois et six minutes et l’album dure au total une heure.

Dark Connection ressemble beaucoup à un hommage aux années huitante et nonante. Déjà dans son style de metal, qui emprunte énormément au hard-FM, mais aussi dans ses thèmes et son imagerie, tirée des séries B de SF de l’époque et des animés plus ou moins honteux distribués à la chaîne.

Ainsi, il ne faut pas trop s’étonner d’avoir des titres qui s’inspirent de Blade Runner (« Blade Runner », justement, ainsi que « Moonlight Rendezvous »), de Total Recall (« Highway to Mars ») ou de n’importe quoi produit par Masamune Shirow quand il avait besoin de sous (« One Night in Tokyo », qui a d’ailleurs été décliné en jeu vidéo, parce que raisons).

Anton Karbanen, guitariste du groupe, a d’ailleurs avoué s’être inspiré de Gunm ou de Armitage III. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois.

En soi, pas de surprise. C’est un peu la marque de fabrique de Beast in Black. Mais, pour le coup, j’ai franchement l’impression que le groupe a poussé les potards sur onze, douze, quatorze, voire des chiffres non-euclidiens.

Dark Connection, c’est un peu l’équivalent metal de la machine à tubes: une avalanche de titres qui tabassent, blindés de mélodies accrocheuses et avec une production au millimètre. Si je devais citer tous les titres, j’aurais plus vite fait de copier-coller la liste entière.

Il faut dire ce qui est, c’est efficace. Très efficace. Trop effi… non, ça c’est pas possible. C’est aussi blindé de clichés, mais là encore, c’est l’idée.

Et, histoire, d’enfoncer le clou, l’album se termine par une reprise de Manowar, « Battle Hymn » (qui est peut-être la chanson la plus faible de l’album, c’est peut-être moi qui n’aime pas Manowar) et une autre de… Michael Jackson, « They Don’t care About Us ».

Si tous les musiciens se distinguent, il faut surtout souligner l’ahurissante performance vocale de Yannis Papadopoulos, qui aligne une fois de plus une gamme vocale spectaculaire. La seule chose qui m’étonne (et me chagrine un peu, en fait), c’est que le groupe n’ait pas de claviériste attitré.

Même si l’effet de surprise est passé, Dark Connection reste un album impressionnant par son côté turbocliché assumé. C’est sans doute l’album que tous les groupes de hard-FM d’il y a trente ans auraient rêvé de faire – et moi d’écouter. Si vous ne connaissez pas encore Beast in Black, c’est l’occasion: grimpez dans la DeLorean, accrochez vos harnais et c’est parti!

EDIT: je l’avais raté, mais ils ont un Bandcamp! Merci à Brunus pour le lien.

Bonus: la vidéo de « One Night in Tokyo »

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3 réflexions au sujet de “Beast in Black: Dark Connection”

  1. C’est vraiment du haut niveau tant par les compos, arrangements et performance vocal. Une formation finlandaise qui laissera une sacrée empreinte avec cette galette de grande qualité. Le côté très 80’s est diablement agréable.

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    • Yannis est clairement un monstre, du genre à faire une imitation crédible de soprano façon Tarja Turunen.

      Et en live, c’est aussi le festival du cliché metal et des poses de musiciens certifiées ISO. 🙂

      Répondre

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